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Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, implore ses homologues québécois et britanno-colombien d’abandonner leurs quotas de vente de véhicules électriques (VE).
Dans une lettre adressée mardi au premier ministre du Québec François Legault et partagée sur son compte X, Doug Ford souligne la nécessité de supprimer le mandat du Québec sur les VE, compte tenu de l’impact négatif qu’il a sur les travailleurs canadiens, rendant le pays moins compétitif dans une période d’incertitude économique importante.
Rappelant que le secteur automobile de l’Ontario est un moteur économique du Canada, employant près de 100 000 personnes et contribuant pour 13,3 milliards de dollars chaque année, il dit espérer queles travailleurs de l’automobile de l’Ontario pourront compter sur le soutien du Québec à un moment où leurs emplois et leurs chèques de paie sont directement attaqués par les tarifs américains.
Doug Ford assure, en contrepartie, que la province peut compter sur le soutien de l’Ontario pour faire face aux tarifs, en particulier dans les industries clés du Québec, telles que l’acier, l’aluminium et les secteurs du bois d’œuvre et de la foresterie.
Dans une lettre similaire adressée au premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, Doug Ford formule la même demande et les mêmes justifications, et lui promet l’appui de l’Ontario dans les secteurs de la foresterie, de l’acier et de la fabrication métallique de la province.
À l’automne, les deux provinces ont revu à la baisse ou abandonné leurs objectifs antérieurs visant à ce que toutes les ventes de véhicules neufs soient à zéro émission d’ici 2035, mais Doug Ford estime qu’elles devraient aller plus loin.

Pour Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada, la demande de Doug Ford est « une mauvaise idée ». (Photo d’archives)
Photo : Avec l'autorisation de Daniel Breton
Alors que les États-Unis ont fait marche arrière sur leurs politiques fédérales de VE, souligne Doug Ford, maintenir des quotas de vente de VE dans certaines juridictions crée un marché fragmenté et non compétitif, qui risque de pousser l’investissement, les emplois et la production hors du Canada vers les États-Unis.
Mais pour Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada, c’est une mauvaise idée.
La Colombie-Britannique et le Québec ont été des leaders nord-américains dans l’adoption de véhicules électriques dans la transition énergétique, souligne-t-il.
Pour lui, le Québec et la Colombie-Britannique ne devraient pas se plier à des provinces qui ne veulent pas faire la transition vers les véhicules électriques pour, comme le souhaite Doug Ford, aligner les politiques et faire front commun.
Des réalités différentes selon les provinces
Le Québec n’est pas un producteur de pétrole, mais un producteur d’électricité, explique M. Breton. La réalité peut être différente en Ontario, ajoute-t-il, mais au Québec,ce qu’on voit, c’est que ça marche, que les gens achètent beaucoup plus de véhicules électriques qu’en Ontario. Donc, on parle de deux réalités complètement différentes.
Une position que rejoint le cabinet de François Legault.
Si le cabinet du premier ministre québécois affirme, dans une réponse par courriel, comprendre les préoccupations exprimées par l’Ontario, notamment en lien avec la compétitivité et les tarifs américains, il souligne toutefois que le Québec fait des choix qui tiennent compte de sa réalité économique, environnementale et énergétique.
En maintenant une cible, on garantit aussi l’accès aux VE au Québec, explique-t-il.
Le Québec s’est fixé pour objectif que 90 % des ventes de véhicules neufs soient hybrides ou électriques d’ici 2035.
De son côté, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, souligne également les réalités différentes auxquelles fait face sa province.
Je peux assurer au premier ministre Ford que nous sommes effectivement en train de modifier notre mandat sur les véhicules électriques afin qu’il reflète les réalités d’aujourd’hui, a-t-il déclaré.
Il souligne néanmoins que le mandat de la province l’aide à donner accès à ses habitants à davantage de véhicules et à moindre prix, ce qui est essentiel, dit-il.
Les VE constituent un moyen pour les Britanno-Colombiens de se protéger contre les prix élevés de l’essence, qui sont actuellement alimentés par la guerre en Iran.
Il est essentiel que tous les premiers ministres travaillent ensemble pour se soutenir mutuellement face à ces défis, a-t-il ajouté, affirmant que la Colombie-Britannique a subi un impact disproportionné de la guerre commerciale par rapport aux autres provinces sans bénéficier, dit-il, contrairement à l’Ontario, d’une péréquation de la part du gouvernement fédéral.
David Eby affirme que sa province a dû subir des droits de douane supplémentaires de la Chine sur les produits de la mer (nouvelle fenêtre) lors du conflit sur les importations automobiles au Canada, ainsi que des droits de douane sur les importations d’acier qui font grimper le coût des infrastructures afin de protéger le secteur sidérurgique de l’Ontario.
Tout ce que nous demandons en retour, c’est que tout le monde à travers le pays comprenne qu’au-delà des montagnes, les choses sont un peu différentes en ce qui concerne l’impact de ces guerres commerciales sur la population.
Avec la collaboration de Marion Bérubé


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