Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

«Querelle de Roberval»: quand le politique rencontre le corps

5 month_ago 106

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

C’était écrit dans le ciel : avec ses monologues et la force de ses personnages, l’œuvre célébrée de Kev Lambert allait forcément attirer les artistes de scène. Et deux fois plutôt qu’une en 2026. Alors qu’à l’autre bout de la 20, le théâtre du Nouveau Monde montera bientôt Que notre joie demeure, le théâtre du Trident a jeté son dévolu sur le deuxième roman de l’autrice, Querelle de Roberval.

Olivier Arteau a d’emblée été fasciné par cette œuvre percutante, construite comme une tragédie, qui touche certaines de ses « obsessions » : aborder la sexualité, la violence au théâtre. « Il y a dans cette littérature une matière vraiment excitante, et comment l’amener sur scène, c’était un défi grisant, dit-il. Et ma question fondamentale a été : comment en vient-on à commettre des gestes irréparables ? On dirait que c’est la question qui sous-tend tout le théâtre depuis Phèdre. »

En fait, le metteur en scène envisage cette adaptation depuis le début de son directorat. « Quand je suis arrivé au Trident, je me suis demandé combien d’années il faudrait pour que le public me connaisse assez et que je puisse me commettre dans cet objet, qui est plus brûlant que d’autres spectacles plus habituels au Trident. Il s’agit d’affirmer aussi une pensée queer, les violences sous-jacentes qui nous menacent, comme d’autres personnes marginalisées. Je voulais me sentir dans une zone adéquate pour pouvoir l’aborder sans peur, avec le cœur et l’irrévérence qu’il faut. »

Couronnée notamment par le prix Ringuet en 2019, cette fresque dépeint une grève ouvrière s’enlisant dans une scierie de Roberval. Lorsque la compagnie décrète un lockout contre des syndiqués de plus en plus désespérés, la crise va horriblement dégénérer…

Pour Kev Lambert, cette situation permettait de poser une multitude de « questions sur l’exploitation, l’extractivisme du territoire, les inégalités sociales, sur le colonialisme de la région dans laquelle j’ai grandi. J’ai décidé de la camper dans le monde forestier, parce que c’est pour moi le milieu qui frappe le plus l’imaginaire, parce qu’il détruit complètement le territoire. Et en me renseignant sur ce milieu, je me rendais compte qu’il est vraiment straight, macho ». Un type d’univers dans lequel elle-même a grandi. « Avec le recul, je réalise que travailler là-dessus venait chercher [chez moi] toutes sortes de traumas de violence machiste. »

Par l’entremise du personnage-titre, emprunté à Jean Genet, l’autrice a introduit un « élément de désordre » qui lui permettait de transcender le roman réaliste social. Nouvel ouvrier venu de Montréal, à la sexualité libre et débordante, Querelle séduit les adolescents et fascine tout Roberval. Il joue un rôle de révélateur. « J’ai imaginé ce personnage comme une sorte de fantasme, qui défie un peu ce [milieu] machiste des travailleurs. Comme un élément qui me permettrait d’inscrire ma critique de ce monde-là par son côté complètement assumé. »

Sur scène, il sera incarné par Gabriel Lemire. « Il fallait quelqu’un qui non seulement a du charisme, mais qui accepte d’être objectifié, comme l’est Querelle », explique Arteau. Et un interprète portant « une si grande palette » de jeu que le spectateur, à l’instar des autres personnages de la pièce, puisse projeter sur lui toutes sortes d’intentions différentes.

L’adversaire

Au-delà de l’affrontement violent, mais non manichéen, entre travailleurs et patrons, dans Querelle de Roberval, le véritable adversaire des personnages est absent, note Kev Lambert. « C’est le système, le capitalisme. Et c’est ce qui est tragique : ils se battent contre des dieux qui ne sont jamais sur scène. C’est un peu ça, pour moi, la question vertigineuse derrière ce livre : comment se battre contre un système, contre ce qui dépasse largement les individus, les incarnations concrètes dans notre quotidien ? »

Et des tensions sourdent également au sein de la coalition syndicale. À travers son portrait très singularisé d’employés, où sont représentées diverses identités — incluant femmes, gais, Autochtones —, l’œuvre expose la difficulté de former un groupe cohésif, pour se battre contre un système, explique Olivier Arteau. « Même quand les gens veulent se fédérer ensemble, ils ont des objectifs personnels motivant leur [activisme] et il y a une révélation des individualités. Et dès qu’il y en a un qui prend plus de liberté pour porter au grand jour son identité profonde, ça a de l’impact sur un autre, flétrissant un peu l’espèce de tissu social qui a été créé. Est-ce qu’on peut vraiment se rassembler pour une cause commune et mettre de côté ses nécessités, ses a priori ? »

Mais pour le créateur, la pièce met également en lumière, à travers le lien indestructible entre l’ouvrière Jézabel (Ariel Charest) et Querelle, un rapport fondamental : l’amitié. « C’est la seule relation que même l’État ne contrôle pas, qui n’est pas circonscrite par des lois ou des dogmes. Alors je trouve que dans l’amitié, il y a un potentiel de révolution. »

Dans son adaptation, Olivier Arteau a actualisé un peu le texte. « Il y a tellement d’enjeux en ce moment, liés à la grève, à l’industrie du bois, aux syndicats. Et les enjeux économiques ont tant changé depuis 2018. » En effet, la pièce naît dans un contexte qui semble particulièrement résonner avec ses thématiques. « On ne contrôle pas le fait que les artistes sont des “oracles”, répond le directeur artistique du Trident. La force de l’art, c’est que, souvent, on arrive dans des moments où il devient crucial. Moi, ma question serait : comment amener [les parlementaires] au théâtre ? On est à un coin de rue du parlement. Et c’est dur de les atteindre. »

Surtout, estime-t-il, la force de Querelle de Roberval, c’est que cette grande pièce à douze interprètes (avec également Hubert Lemire, Sarah Villeneuve-Desjardins, Stéfanelle Auger, Hugues Frenette, Marco Collin, Alexandre Castonguay, Marie-Josée Bastien, Eliot Laprise, Vincent Paquette et le musicien Carl Matthieu Neher) va ensuite être portée à travers le Québec. Arteau a monté cette coproduction avec des partenaires de différentes régions, où il désirait la jouer. « On parle souvent des régions sans jamais y être allé. Le Parlement prend des décisions pour les régions sans même avoir été sur le terrain. Nous, on a fait un voyage en Abitibi, on a visité une scierie, et on a parlé à des gens là-bas. Et on va présenter le texte dans des contextes communautaires, où des gens ont subi des lockout. » Le spectacle sera présenté à Ottawa, à Sherbrooke, à Val-d’Or, à Jonquière et à Montréal, au prochain Festival TransAmériques.

Physicalité

En voyant les répétitions, Kev Lambert a été marquée par la physicalité du spectacle. « Quand il y a un coup, de la confrontation, ça prend un autre sens, avec de la vraie chair sur scène. Et l’érotisme est très bien travaillé, beaucoup avec le son et avec un travail de clair-obscur qui permet de mettre des corps érotiques sur scène, sans que ce soit vulgaire ! » L’écrivaine loue la mise en scène emplie « d’ingéniosité et de sensibilité pour chacune des trames, chacun des personnages » que signe là Olivier Arteau.

Pour ce dernier, ce qui fait de Querelle de Roberval un objet unique, c’est que « le politique y rencontre le corps. Le corps réel, la sensualité, mais la violence aussi. C’est charnel, dans tous les sens du terme, drôle aussi et baroque par la musique ».

Celle-ci constitue véritablement le treizième personnage de la pièce, ajoute-t-il. Le compositeur Yves Daoust a « incorporé de la musique concrète dans celle de Bach, très inspirée des chorals ornés qu’il a créés il y a de nombreuses années. Et ensuite, on a travaillé initialement avec un bruiteur de cinéma pour essayer d’évoquer la sexualité, des [éléments] de violence. Ce traitement sonore vient s’additionner à la trame musicale créée par Ballet Opéra Pantomime (BOP) et Daoust. Parce que je pense que dans le son, il y a davantage d’imaginaire ». Le spectacle jouera sur le concept de voyeurisme, un peu par l’image (comme si on voyait à travers la fenêtre de Querelle), mais surtout par le son.

« Et je ne veux jamais montrer sur scène exactement ce qui est dit, les mots sont déjà magnifiques. Mon a priori, c’est de prendre des micros et que le verbe devienne un coup de poing », conclut le metteur en scène. Bref, ça promet.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway