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Bien que le gouvernement fédéral ait conclu des ententes avec le Qatar et la Chine pour favoriser la croissance économique, les débouchés pour le secteur forestier ne se feront pas dans l’immédiat. Un acteur qui œuvre dans le domaine des exportations des produits forestiers canadiens estime qu’il faudrait du temps pour percer dans le marché chinois.
Bruce St-John, président de Canada Wood Group, un organisme qui promeut les produits forestiers canadiens dans les marchés à l’international, souligne que l’intégration dans des marchés d’exportations des biens canadiens peut prendre un travail acharné. Selon lui, entre 3 à 5 ans.

Bruce St-John, le président de l’organisme Canada Wood explique que l’organisme promeut la construction de bâtiments à bois d’œuvre canadien en Chine, en Corée du Sud et au Japon.
Photo : Capture d'écran
Il n’est pas possible de simplement quitter les États-Unis et de décider soudainement : nous allons nous implanter au Royaume-Uni, au Japon ou en Chine et doubler nos volumes. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Cela prend beaucoup de temps, explique-t-il.
Selon M. St-John, les tests de conformité aux codes de bâtiments étrangers de certains produits spécifiques ralentissent l’entrée en concurrence dans de nouveaux pays.
Cela va nécessiter trois ans de tests techniques et nous partons actuellement de zéro pour y parvenir.
Malgré les difficultés d’intégration dans le marché global, il note que le bois dur nord-ontarien et québécois est bien accepté à l’échelle internationale.
Un récent communiqué de l’organisme souligne que le sapin de douglas commence tranquillement à pénétrer dans la ligne d’approvisionnement du marché de bois lamellé-collé en Chine.
M. St-John estime aussi que le Canada a un avantage concurrentiel en matière de livraison de certains produits, grâce à sa proximité avec les voies de circulation navales vers l’Asie.
Nous pouvons y être en 10 à 14 jours depuis le Canada, alors que nos concurrents, comme les pays en Scandinavie, mettent entre 30 et 50 jours pour s’y rendre, souligne-t-il.
À la quête de nouveaux accords
Mathew Leitch, professeur en sciences du bois et produits forestiers à l’Université Lakehead, note que les représentants de l’industrie ont intérêt à faire la promotion du bois canadien aux pays qui veulent atteindre leurs cibles d'émissions de gaz à effet de serre (GES).

Mathew Leitch, professeur en sciences du bois et produits forestiers à l’Université Lakehead. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Capture d'écran
Il donne l’exemple de la Corée du Sud, qui espère atteindre la carboneutralité vers 2050.
La fabrication de produits en bois d’ingénierie est une activité importante, et le monde entier encourage les pratiques écologiques. Construire avec du bois est un excellent moyen d’y parvenir, explique-t-il.
Il indique que la ressource naturelle canadienne représente une qualité unique, qui peut être utilisée pour la construction de bâtiments de plus d’une quarantaine d’étages.
Difficultés d’ajustement du secteur forestier
Mark Kuhlberg, spécialiste de l’histoire des forêts canadiennes à l’Université Laurentienne, raconte que l’industrie forestière s’est souvent ajustée au besoin du marché.

Mark Kuhlberg, spécialiste de l'histoire des forêts canadiennes à l’Université Laurentienne.
Photo : Avec la gracieusité de Mark Kuhlber
Par contre, il explique que les entreprises forestières ont eu de la difficulté à changer leurs procédures de production, notamment dans les années 1980. Surtout les usines de pâtes et papiers, qui n’avaient pas anticipé le déclin de la demande pour le papier journal.
Le chercheur établit une corrélation entre les récentes fermetures des usines de pâtes et papiers et les défis auxquels l'industrie fait face aujourd'hui.
M. Kuhlberg estime aussi que les gouvernements fédéraux et provinciaux doivent appuyer le secteur forestier dans sa quête de diversification de la clientèle.
Malgré la volonté du gouvernement fédéral d’augmenter la production de construction de logement, le président de Canada Wood, Bruce St-John, indique que le secteur forestier régional va continuer de ressentir les impacts salés de la dispute économique avec les États-Unis.
Je ne vais pas vous mentir, ça va être extrêmement difficile, conclut-il.


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