Actuellement la Chine est en train de bâtir une nouvelle centrale nucléaire dont l’objectif est d’ouvrir la voie vers un remplacement du charbon dans le secteur pétrochimique. Ce projet doit effectivement incarner un modèle dans le cadre de la transition énergétique industrielle. La principale caractéristique de cette installation sera de produire de la vapeur à haute température, à environ 1 000°C.
Éviter l’émission de près de 20 millions de tonnes de CO2 par an
En Chine, les projets industriels et écologiques hors normes sont de plus en plus communs. En fin d’année 2025, des sociétés locales avaient débuté le chantier pour la construction d’une unité de production unique au monde, à savoir un complexe de production d’énergie hydrogène abritant une turbine à hydrogène de 30 MW. Dans un article publié le 21 janvier 2026, le South China Morning Post révélait un autre projet : une centrale nucléaire hybride unique au monde à cette échelle, dans la province du Jiangsu.
Avec la pose de la première pierre de l’unité 1 de la nouvelle centrale, la Chine – via le groupe public China National Nuclear Corporation (CNNC) – s’engage officiellement dans une voie plutôt intéressante. En effet, il s’agit de ne plus utiliser le nucléaire seulement pour la production d’électricité mais également, pour alimenter l’industrie lourde. Une fois sur pied, la centrale combinera deux réacteurs Hualong One de troisième génération et un réacteur à gaz à haute température de quatrième génération. Pour les responsables du projet, l’installation fournira de la chaleur et de l’électricité en continu.
Le projet vise à alimenter le gigantesque complexe pétrochimique Lianyungang, ce dernier consommant environ 13 000 tonnes de vapeur par heure. En remplaçant le charbon par la vapeur nucléaire, l’impact environnemental du complexe sera bien moins important. Selon les estimations, l’installation fournira 32,5 millions de tonnes par an, d’une vapeur 600 fois plus propre que celle produite via le charbon ainsi que plus de 11,5 milliards de kWh d’électricité, après l’achèvement de la première phase. A terme, le projet générera une économie de 7,2 millions de tonnes de charbon chaque année et évitera l’émission de près de 20 millions de tonnes de CO2.
Crédit : World Nuclear Industry Status ReportVers une meilleure transition bas carbone des industries à forte consommation d’énergie
Le fonctionnent de la future centrale hybride nécessite une bonne répartition des rôles de chaque réacteur. Ainsi, les Hualong One produiront de la vapeur de base à partir d’une eau déminéralisée et le réacteur à gaz à haute température portera cette même vapeur à une température d’environ 1 000°C permettant le « craquage », c’est à dire le procédé nécessaire au cassage de grosses molécules d’hydrocarbures lourds en molécules plus petites et plus utiles, comme l’éthylène et le propylène. Cette température permettra également la distillation chimique, c’est à dire la sépare physique des composants du pétrole brut sans altérer leur structure moléculaire. Selon les responsables, cet ensemble donne la possibilité de dépasser les limites des centrales nucléaires classiques.
Par ailleurs, la gestion et le contrôle du système se fera à l’aide de simulations numériques de pointe. Quant au chantier, celui-ci intègre un haut niveau d’automatisation avec notamment des systèmes de soudages robotisés guidés par laser, trois fois plus efficaces que les méthodes habituelles. Enfin, aucun délai n’a été communiqué pour l’ouverture de la centrale mais la CNNC pense déjà que le modèle en question pourrait s’exporter. Pour les responsables, la nouvelle centrale serait une solution reproductible idéale pour la transition bas carbone des industries à forte consommation d’énergie.


4 month_ago
40



























.jpg)






French (CA)