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Les crèmes solaires seraient-elles toxiques, voire dangereuses pour notre santé, comme le proclament certains sur les réseaux sociaux ? Non, les crèmes solaires proposées en pharmacie sont sécuritaires, elles sont simplement victimes de désinformation sur Internet. Mais de quoi se composent-elles ? Lesquelles doit-on privilégier ? Comment et quand faut-il les appliquer ? Nous protègent-elles vraiment contre le cancer de la peau ?
FPS, UVA, UVB. Écrans inorganiques et écrans organiques. Mieux vaut comprendre le jargon pour faire les bons choix lorsque vient le temps d’acheter et d’appliquer une crème solaire.
Il n’est pas nécessaire d’opter pour une crème ayant un facteur de protection solaire (FPS) supérieur à 50, car, déjà, une crème ayant un FPS de 50 bloque 98 % des rayons ultraviolets B (UVB). Une crème affichant un FPS de 100 en bloque seulement 1 % de plus, soit 99 %, explique le Dr Ivan Litvinov, professeur de dermatologie à la Faculté de médecine de l’Université McGill et chercheur au Centre de recherche de l’hôpital St. Mary.
Si elle est correctement appliquée et en quantité suffisante, une crème dotée d’un FPS allant de 30 à 50 offre une protection adéquate contre les coups de soleil que provoquent les UVB. Le Dr Joël Claveau, dermatologue spécialisé dans les cancers de la peau au CHU de Québec-Université Laval, recommande pour sa part « un FPS 30 pour monsieur et madame Tout-le-Monde et un FPS 50 pour les gens à la peau sensible et qui ont déjà eu des cancers de la peau ».
Un écran solaire ayant un FPS élevé protège des UVB, qui sont carcinogènes, mais pas nécessairement des UVA. Ces rayons UVA causent un vieillissement prématuré de la peau et, en s’accumulant, peuvent aussi induire des cancers.
« Environ 95 % du rayonnement UV se compose d’UVA et 5 % d’UVB. Les UVA passent à travers les fenêtres, à travers les nuages. Il faut donc rechercher des écrans solaires qui couvrent aussi les UVA, qu’on reconnaît à la mention “à large spectre”, ainsi qu’au petit logo UVA encerclé », souligne le Dr Claveau.
Les marques approuvées par l’Association canadienne de dermatologie auront nécessairement un large spectre et protégeront donc contre les UVB et UVA, ajoute le Dr Litvinov.
Écran physique ou chimique ?
On distingue deux grands types de crèmes solaires : les écrans solaires inorganiques (ou physiques) et les écrans organiques (ou chimiques).
Les écrans inorganiques se composent de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc, qu’on trouve aussi dans la pâte d’Ihle, qu’on met parfois sur les fesses des bébés. Ils agissent comme une barrière physique qui empêche les rayons de pénétrer dans la peau. « Ils ne sont donc pas absorbés. Ils ne contribuent pas au blanchissement des coraux, contrairement aux écrans organiques. La plupart n’irritent pas les muqueuses, ils ne brûlent donc pas les yeux lorsque vous faites du sport et transpirez », précise le Dr Litvinov. Toutefois, ils laissent un film blanc sur la peau. Pour remédier à cet inconvénient cosmétique qui déplaît à plusieurs consommateurs, certaines compagnies y ajoutent de l’oxyde de fer, qui permet de teinter la crème. Ces écrans teintés sont souvent préférés par les personnes de couleur et les femmes qui ont l’habitude de se maquiller.
De leur côté, les écrans organiques comprennent souvent une combinaison de trois à cinq ingrédients différents afin de couvrir tout le spectre du rayonnement UV. « Ils agissent en absorbant le rayonnement UV et en le dissipant chimiquement, en quelque sorte », explique le Dr Litvinov. Ils sont proposés en différentes textures : sous forme de lotions plus liquides et en vaporisateurs, par exemple.
Dangers non prouvés, bienfaits démontrés
L’Environmental Working Group, qui a analysé près de 2800 écrans solaires, souligne que deux ingrédients, l’oxybenzone (aussi appelé benzophénone-3) et l’homosalate (ou salicylate d’homomenthyle), que contiennent certaines crèmes solaires, suscitent des préoccupations, car « certaines études ont montré qu’ils pourraient être absorbés dans la circulation sanguine et induire des perturbations hormonales », voire une perte de cheveux sur le front appelée une alopécie frontale fibrosante. Mais ces préoccupations font l’objet « de controverse et n’ont pas été prouvées jusqu’à maintenant », tranche le Dr Litvinov.
« Ces études ont été effectuées chez la souris, et rien de tel n’a été démontré chez l’humain », fait remarquer le Dr Claveau, selon lequel seuls les très grands utilisateurs qui se couvriraient tout le corps toutes les deux heures pourraient peut-être absorber d’infimes quantités.
« Si on pèse les bienfaits par rapport aux effets potentiels, les bienfaits de la protection solaire ont été démontrés hors de tout doute par une multitude d’études. Les écrans solaires diminuent le vieillissement de la peau, les lésions précancéreuses, les carcinomes cutanés et le mélanome », affirme-t-il.


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