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Certains organismes communautaires noirs soutiennent qu’un retard dans l’obtention de leur financement provincial les a plongés dans une situation financière précaire, entraînant licenciements et fermeture de programmes alors que le gouvernement ontarien nie tout retard.
Dans des lettres du ministère des Affaires civiques et du Multiculturalisme, datées du 27 mars et adressées au Durham Family and Cultural Centre et au Women’s Health in Women’s Hands Community Health Centre et consultées par CBC News, la province affirme qu’elle ne peut garantir le maintien ou l’équivalence du financement pour les anciens bénéficiaires du Plan d’action pour les jeunes noires (PAJN).
The Early Childhood Development Initiative (ECDI) et le groupe de défense des droits Parents of Black Children affirment avoir également reçu des lettres similaires. Les deux organisations précisent également que les bénéficiaires des subventions commencent généralement à recevoir les fonds en avril.
Interrogé au sujet de la lettre, le ministère a maintenu qu’aucun retard ni modification n’avait été apporté au programme et a refusé de préciser si tous les bénéficiaires précédents continueraient de recevoir des fonds ni quand les fonds de cette année seraient versés.
Patricia Falope, directrice générale du ECDI, affirme avoir déjà dû licencier deux employés à temps plein et bientôt devoir en licencier trois autres. Nous essayons de tenir le coup pour l’instant, mais si la situation ne change pas d’ici un mois, nous devrons nous séparer de ces employés, confirme-t-elle.

Charline Grant, qui dirige l’organisme Parents of Black Children, soutient que de nombreuses autres organisations connaissent également un manque de financement, mais craignent que le fait de s’exprimer publiquement ne nuise à leurs chances d’obtenir des fonds provinciaux.
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Son organisme dépend de cette subvention pour environ 75 % de son financement afin d’aider les enfants et les familles nouvellement arrivés au pays à s’intégrer dans le système scolaire.
La lettre de la province indique qu’elle envisage une évolution de la stratégie de financement des subventions, notamment en accordant la priorité aux groupes qui œuvrent pour l’emploi chez les jeunes Noirs.
Cette approche potentiellement améliorée mettrait l’accent non seulement sur le développement des compétences, mais aussi sur le placement, le maintien en emploi et l’avancement professionnel, précise la lettre.
Aucun retard dans le versement des fonds
Parallèlement, les quatre organismes affirment être privés de financement provincial depuis la fin mars, date à laquelle le cycle de l’année précédente s’est terminé.
La lettre indique aussi que la province ne prévoit pas de communiquer de mise à jour avant le début de l’été concernant le renouvellement du financement des organismes.
Il n’y a eu aucun retard dans le versement des fonds. Toute allégation contraire est fausse.
Les 62 bénéficiaires du PAJN ont tous reçu une communication confirmant le maintien de l’investissement de notre gouvernement dans le PAJN, assure Mackenzie McDonald, porte-parole du ministère, et Hannah Jensen, attachée de presse du premier ministre Doug Ford.
CBC News a sollicité les deux porte-parole afin d’obtenir des commentaires sur les mises à pied et les difficultés financières auxquelles les organismes disent être confrontés, mais aucune n’a commenté ces allégations.
Des organismes en difficulté
Le Durham Family and Cultural Centre et au Women’s Health in Women’s Hands Community Health Centre ont récemment publié des communiqués décrivant l’impact du manque de financement inattendu.

Certains organismes ont reçu une lettre, datée du 27 mars, du ministère des Affaires civiques et du Multiculturalisme de l’Ontario, suggérant une mise à jour des modalités de distribution des fonds du Plan d’action pour les jeunes noires. Un porte-parole du ministère affirme qu’aucun changement n’est prévu au programme. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ken Townsend
Dans un communiqué du 16 avril, Debbie Miles-Senior, directrice générale du Durham Family and Cultural Centre indique que le manque de financement entraîne la fermeture de nombreux programmes, la perte de services essentiels et la mise à pied de près de 90 % du personnel de son organisation.
Tomilola John, du Women’s Health in Women’s Hands Community Health Centre, ajoute que la perte de financement accroît les risques pour les personnes vulnérables.
Ce problème affecte non seulement le bien-être individuel, mais a aussi des répercussions plus larges sur la stabilité et l’équité de la communauté.
Pour Mme Falope, cette situation l’amène également à avoir des conversations difficiles avec les clients qui dépendent du soutien scolaire et du programme parascolaire de son organisme, qui accueille environ 600 enfants. Bien que son financement puisse encore être renouvelé cet été, elle tente de préparer la communauté à d’éventuelles coupes budgétaires.
Il nous est difficile de dire aux parents : "Eh bien, nous n’avons plus de financement, alors débrouillez-vous." Nous ne pouvons pas faire ça.
Cette question attire également l’attention des élus locaux.
Dans une motion adoptée en avril, le conseil municipal d’Ajax a demandé à la province de renouveler le financement du Durham Family and Cultural Centre et de mieux garantir la visibilité financière de tous les organismes afin d’éclairer leur planification financière.
CBC News a sollicité l’avis de la province concernant la demande d’Ajax, mais n’a reçu aucune réponse dans les délais impartis.
Des coupes budgétaires préjudiciables
Charline Grant, directrice générale de Parents of Black Children, se dit inquiète de la nouvelle stratégie évoquée dans la lettre. Elle explique que son organisme à un manque à gagner de 150 000 $ en raison de l’absence de ses subventions provenant habituellement du PAJN. Elle a d’ailleurs lancé une pétition demandant à la province de rétablir le financement.

L’Early Childhood Development Initiative gère des programmes parascolaires et des camps d’été fréquentés par des centaines d’enfants, selon sa directrice générale, Patricia Falope. Elle a ajouté que, faute de financement, elle doit se préparer à des discussions difficiles concernant l’avenir des programmes de l’initiative.
Photo : Avec l’autorisation du Early Childhood Development Initiative
Bien que les emplois soient importants, Mme Grant soutient que d’autres besoins, comme l’éducation et la santé mentale, doivent être pris en compte pour permettre aux jeunes Noirs de réussir sur le marché du travail.
La directrice générale de Parents of Black Children ajoute que de nombreux autres groupes communautaires sont également privés de financement, en attente d’informations et craignent que leurs prises de parole n’influencent la décision de la province.
[D’autres groupes communautaires] craignent que, s’ils dévient du droit chemin ou s’ils critiquent le gouvernement ou cette décision, cela ne déplaise aux autorités et qu’ils ne reçoivent plus de financement.
Entre-temps, Mme Falope affirme que le manque de communication claire avait déjà brisé la confiance durement acquise entre la communauté noire et les ressources financées par le gouvernement.
Ce serait une grave erreur de couper les ponts de cette façon, croit-elle. J’espère que la province continuera à prendre ses responsabilités.
Avec les informations d’Olivia Piercey, CBC News


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