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Le ministère de l'Environnement réduit l'échantillonnage sur les rivières du Bas-Saint-Laurent cette année. Au moins six rivières ne seront plus suivies. La qualité de l'eau dans la région est généralement meilleure qu'ailleurs, indique le ministère pour se justifier.
L’an dernier, les trois organismes de bassins versants de la région recueillaient des échantillons de 11 rivières chaque mois entre avril et novembre.
Cette année, l'échantillonnage est suspendu dans les rivières Ouelle, du Loup, Verte, Saint-Jean, Cabano et Rimouski.
Le ministère a confirmé le maintien des tests dans les rivières Fouquette et Kamouraska.
Le statut de trois autres cours d'eau est indéterminé. Au moment d'écrire ces lignes, la province n'avait pas précisé si l'échantillonnage sera reconduit sur les rivières Trois-Pistoles, Mitis et Matane.

Anne Allard-Duchêne est directrice de l'OBV du fleuve Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Dans un courriel, le ministère justifie cette révision de la programmation du Réseau-rivières en affirmant qu’il procède actuellement à l’optimisation de l’ensemble de ses capacités analytiques en fonction des ressources disponibles.
Je trouve ça dommage d'avoir fait un tri de cette façon-là, se désole Anne Allard-Duchêne, directrice de l’Organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean, au Témiscouata. Une fois qu'elle est dégradée, ça coûte beaucoup plus cher et c'est plus difficile de retrouver la qualité qu'on pouvait avoir naturellement.
Je crois qu'en tant que société on a beaucoup plus à gagner, à maintenir, à conserver une qualité de l'eau que d'essayer de la restaurer.
Dans notre secteur, oui, on a une bonne qualité de l'eau, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas la préserver, qu'il ne faut pas la suivre, justement pour être capable de maintenir cette qualité de l'eau.

L'échantillonnage est suspendu dans la rivière Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
On ne sait pas combien de temps le ministère va mettre fin à ces échantillonnages. Est-ce que ça va être juste une année ou est-ce que ça va être pendant plusieurs années?, se questionne également Mme Allard-Duchêne.
Si c’est seulement une année, le travail fait n’est pas perdu. Si c’est plus long, on perd ce travail de longue haleine qui a été fait année après année.
Le Réseau-rivière mis en place en 1979 permet de fournir des données sur l’évolution de la qualité des cours d’eau du sud du Québec. On y analyse notamment la quantité de phosphore qui peut favoriser les cyanobactéries, ou les coliformes fécaux, qui peuvent rendre l'eau impropre à la baignade.
Moins de données scientifiques
Antoine Plourde-Rouleau, directeur général de l’OBAKIR, l’Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup, s'inquiète de cette perte de données scientifiques, qu’il estime essentielles au diagnostic de l'état des écosystèmes.

Antoine Plourde-Rouleau, directeur général de l'OBAKIR (Organisme de bassin versant de Kamouraska, L'Islet et Rivière-du-Loup). (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Véronique Duval
Au micro d'Info-Réveil mardi matin, il a expliqué que ces données fiables, continues, comparables d'une année à l'autre permettent de dégager de grandes tendances quant à la concentration des polluants dans chacun des cours d’eau.
C'est un peu la base de notre gestion responsable de la ressource eau.
Selon lui, ces compressions budgétaires compromettent directement la capacité des élus à mettre en place des mesures de conservation efficaces pour protéger le territoire.
Dans un contexte de changement climatique, il souligne pourtant que ces données sont importantes, notamment avec l'accélération du développement éolien et du développement touristique.
Les critères de sélection du ministère
Le ministère de l’Environnement indique qu’il révise et ajuste la programmation du suivi Réseau-rivières chaque année.
Les stations d’échantillonnage conservées cette année ont été priorisées selon certains critères, dont le suivi de la qualité de l’eau à l’embouchure des rivières parmi les plus contaminées au Québec, et le respect de certains engagements intergouvernementaux.

Au moment d'écrire ces lignes, le ministère n'avait pas confirmé si un échantillonnage sera conduit sur la rivière Trois-Pistoles (ci-haut), ni sur la rivière Mitis et la rivière Matane. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Au moment d’écrire ces lignes, le ministère n’a pas indiqué à Radio-Canada combien coûte le maintien d’une station d'échantillonnage.
Je pense que la plus grande économie vient surtout des analyses en laboratoire, qui sont quand même assez coûteuses, estime Anne Allard-Duchêne, de l'Organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean.
Elle indique que son organisme recevait environ 800 $ pour le travail terrain assuré par son organisme dans les deux stations de la rivière Cabano.


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