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Il y a deux ans, l'ouragan Debby s'abattait sur la région, laissant des quantités historiques de pluie et pas mal de dommages. Deux ans plus tard, tout n'a pas été complètement réparé, mais ce qui prendra le plus de temps à disparaître c'est le traumatisme de ceux qui ont vécu les inondations éclair, surtout à Louiseville.
Y’en a qui m'appellent encore au bureau : "hey, monsieur le maire, on annonce beaucoup d'eau, beaucoup d'eau demain, est-ce qu’on est correct?", témoigne Yvon Deshaies, maire de Louiseville.
Deux ans après le passage de Debby, l'eau s'est retirée depuis longtemps, mais certaines traces sont encore bien visibles, comme à Saint-Justin. Le passage de l'ouragan a laissé des dommages qui ne se sont pas effacés du jour au lendemain.
Il n’y avait que deux routes sur tout notre réseau routier qui n'étaient pas scindées en deux, raconte Félix Letarte, le maire de Saint-Justin. Pour vous donner une idée, la route sur laquelle on se trouve présentement, j'avais de l'eau aux genoux.
Le glissement de terrain en bordure de la route, qui n'est toujours pas réparé, a emporté avec lui l'une des quatre maisons détruites par l'ouragan Debby.
Pour l'instant, mis à part les nombreux ponceaux qui ont été arrachés lors de l'événement, ce sont les glissements de terrain qui sont encore visibles aujourd'hui, puis qui devraient être réglés probablement au cours de la prochaine année, rapporte le maire Letarte.
Si les cicatrices sont visibles à Saint-Justin, à Louiseville, c'est dans le cœur des citoyens qu’elles sont le plus perceptibles. L’ouragan Debby demeure à ce jour la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire du Québec.
Le drame imprévisible représente un traumatisme inoubliable pour des citoyens qui l’ont subi.

Plus de 100 millimètres de pluie sont tombés à Louiseville lors du passage de la tempête Debby. (Photo : 10 août 2024)
Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau
Vers 11 h 15, mon directeur des travaux publics et le chef de pompier m'appellent : "monsieur le maire, venez-vous en au bureau immédiatement", se remémore le maire Deshaies. Ça a été comme ça ses mots : "on vient de perdre le centre-ville de Louiseville". La rue Arseneault, Ricard… tout le secteur, a été touché complètement.
Il manquait deux marches pour que le premier [étage] soit inondé aussi, se rappelle une résidente du secteur, Chantal Piché. On n'a pas eu le temps de réagir. Je te dirais, le temps que ça a monté, le temps de descendre en bas évacuer les locataires du sous-sol, essayer de les faire monter, ça nous a pris un bon cinq minutes.
Mme Piché a hébergé ses voisins et des automobilistes qui étaient coincés dans leur véhicule pour la nuit. Au lendemain, ils ont été évacués de son appartement au premier étage, en canot; une scène qu'elle n'aurait jamais cru possible.
De l'eau là, les bateaux venaient à peu près ici, dit Chantal Piché en montrant le plancher de son balcon. Il fallait que le monde descende tranquillement.
La coupure était large, la cicatrice est dure, mais beaucoup de gens ont été marqués
Si le coût matériel finit par s'effacer, le poids émotionnel de la catastrophe, lui, continue de peser lourd sur les sinistrés.


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