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Ruba Ghazal a donné le coup d’envoi de la campagne électorale de Québec solidaire (QS) en lançant un message résolument optimiste aux électeurs québécois. Car pour la co-porte-parole et aspirante première ministre, il est possible de changer le Québec en profondeur.
« C’est possible », c’est d’ailleurs le slogan de campagne du parti qui se positionne le plus à gauche de l’échiquier politique québécois.
Pour ce faire, Mme Ghazal propose de « bâtir une économie plus résiliente », de s’appuyer sur « des services publics qui fonctionnent, des infrastructures en bon état », et d’offrir aux Québécoises et Québécois « des logements abordables qui permettent à tout le monde de vivre dignement ».
Ruba Ghazal, qui était accompagnée de l’autre co-porte-parole du parti, Sol Zanetti, ainsi que d’une cinquantaine de candidats réunis pour l’occasion, a mis de l’avant quelques propositions comme celles de contrôler les loyers, de créer une épicerie publique, d’investir dans les transports en commun.
Pour financer ces mesures, le parti, qui va présenter prochainement son cadre financier, souhaite mettre à contribution les grandes fortunes.
« Une des mesures de la réforme fiscale qu’on propose, c’est d’aller chercher l’argent là où il est, chez les multimillionnaires, les 4000 ménages qui ont des fortunes familiales de 25 millions de dollars et plus », a-t-elle lancé à un auditoire acquis à sa cause.
Selon elle, cette mesure permettrait de rapporter 5 milliards de dollars dans les coffres de l’État.
« C’est comme ça qu’on va financer nos écoles. Il va y avoir d’autres mesures dans notre cadre financier », a ainsi promis la porte-parole solidaire.
Quelques piques à Christine Fréchette
Depuis le Vieux-Port de Montréal, la cheffe solidaire a également pris le temps d’envoyer quelques piques à l’actuelle première ministre, Christine Fréchette, et au bilan de huit années d’un gouvernement caquiste qui a, selon elle, affaibli notre capacité d’action collective.
« Christine Fréchette croit que plus de privé, c’est bon pour nos services publics. Elle croit aussi que le laisser-faire du marché va tout régler », a lancé Ruba Ghazal avant de s’en prendre aux autres partis, coupables à ses yeux de ne pas s’attaquer aux véritables crises qui touchent les Québécois, crise du logement en tête.
Et d’y aller d’une petite anaphore.
« Moi, je refuse qu’on nous fasse croire que courir toujours plus d’une paie à l’autre, c’est le mieux qu’on puisse espérer. Je refuse que le rêve d’être propriétaire soit devenu inaccessible pour beaucoup de jeunes au Québec. Je refuse qu’on mette de côté la transition énergétique. Je refuse qu’on fasse payer toujours plus la classe moyenne. »
Alors que Québec solidaire est à la traîne dans les sondages, notamment dans la capitale nationale ou en Estrie, Ruba Ghazal refuse de se montrer défaitiste. Elle se dit « extrêmement consciente du défi », mais prête à le relever.
« On arrive dans la campagne avec un vent de face, mais je le sais qu’à chaque campagne électorale, Québec solidaire a surpris », explique-t-elle.
Et selon ce que Mme Ghazal constate chaque jour sur le terrain, les gens aiment les propositions de Québec solidaire. Elle rappelle d’ailleurs la proposition dévoilée mercredi et qui prévoit la prise en charge par l’État des fournitures scolaires.
« Moi, je m’attends à tout dans cette campagne électorale. Il y a quand même un Québécois sur deux qui est indécis. La réalité, c’est qu’on surprend, parce qu’on a une équipe forte. »
La carte de la souveraineté
Présent à ses côtés, Sol Zanetti a tapé sur le clou de la souveraineté, insistant sur le fait qu’il était temps de « bâtir un Québec indépendant et résilient ».
« Se contenter d’être une province, ça ne fonctionne pas. Ce qu’on vit aujourd’hui, économiquement, socialement, politiquement, c’en est la preuve », a lancé le co-porte-parole du parti et député de Jean-Lesage.
« Maintenant, c’est le temps de travailler à notre indépendance, notre indépendance du Canada et aussi notre indépendance économique vis-à-vis des États-Unis. C’est quelque chose qu’on doit faire ensemble, tous les peuples au Québec, de nation à nation, les Québécois, les Premières Nations et les Inuits. »
De son côté, Ruba Ghazal a aussi tenu à insister sur sa fibre souverainiste.
« Je parle de l’indépendance, puis tout le monde peut en témoigner, depuis de très nombreuses années. Je suis devenue Québécoise grâce aux services publics, grâce à l’école publique québécoise. J’ai appris le français en chantant Félix Leclerc et en écoutant Passe-Partout. Le Québec m’a beaucoup donné. J’ai envie de lui redonner et je l’aime tellement que je veux que le Québec puisse parler en son propre nom. »
Elle dit comprendre les inquiétudes des Québécois dans un monde complexe. Elle veut y répondre en mettant le Québec à la table.
« Il faut que le Québec défende les intérêts des Québécois, notre culture, notre identité, notre économie, nos travailleurs et travailleuses. »


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