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Québec solidaire a présenté ce lundi un plan de riposte à la guerre économique menée par le président américain, Donald Trump. Dévoilé par la porte-parole du parti et aspirante première ministre, Ruba Ghazal, il tient en trois verbes : soutenir, riposter et bâtir.
Un gouvernement solidaire soutiendrait ainsi l’économie de la province en créant une provision d’un milliard de dollars par an jusqu’en 2028 afin d’anticiper les prochaines offensives américaines et de maintenir les emplois des entreprises affectées.
De plus, le parti souverainiste de gauche riposterait à l’attitude belliqueuse de Washington en augmentant les tarifs de l’électricité vendue par Hydro-Québec au sud de la frontière. « Ça, c’est un levier puissant, extrêmement fort. On sait que Trump ne veut pas ça, puisqu’il exclut ça des négociations », a insisté Mme Ghazal lors d’un point de presse organisé à la Maison du développement durable, à Montréal.
La co-porte-parole solidaire était accompagnée pour l’occasion des députés sortants Alexandre Leduc et Alejandra Zaga Mendez, ainsi que d’Alexandre Boulerice, candidat du parti dans la circonscription de Gouin.
S’il formait le prochain gouvernement, Québec solidaire introduirait également un « nouveau pacte économique » pour le Québec dans le but de « s’attaquer réellement aux crises de notre temps ». Cette nouvelle politique industrielle permettrait à l’État d’orienter les investissements publics et privés afin d’assurer la souveraineté économique de la province, la résilience de ses secteurs forts et l’émergence de filières d’avenir.
« Le système actuel ne fonctionne pas »
« L’incertitude provoquée par Trump depuis qu’il est président, c’est rendu la nouvelle normalité. Et je veux être très claire, il n’y aura pas de retour en arrière », a affirmé l’aspirante première ministre.
Mme Ghazal a dit sentir « le sentiment d’indignation de la population », mais souhaite faire de la situation actuelle un atout. « C’est un signal que le système actuel ne fonctionne pas. On est trop dépendants des décisions d’Ottawa et de Washington, trop dépendants des aléas du marché qui placent la recherche du profit au-dessus de nos intérêts collectifs, au-dessus du bien commun », a-t-elle lancé. « Il est temps de reprendre le contrôle. »
Pour Mme Ghazal comme pour Québec solidaire, le statu quo serait d’ailleurs aujourd’hui l’un des plus grands dangers pour le Québec. « Notre position, elle est claire : il faut qu’il y ait une consultation de la population sur son avenir. Parce que ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que Mme Christine Fréchette, elle doit négocier avec Carney qui négocie ensuite avec Donald Trump. »
Ruba Ghazal a également eu un bon mot pour l’actuelle première ministre du Québec. « Je veux d’ailleurs saluer Christine Fréchette pour les mesures d’urgence qu’elle a déployées. Mais elles sont largement insuffisantes », a-t-elle regretté.
Appelant — comme l’a fait la première ministre — les Québécoises et Québécois à acheter local, Mme Ghazal a affirmé que l’État doit montrer l’exemple en sortant de la logique du plus bas soumissionnaire et en augmentant les quotas d’achat local dans les approvisionnements publics.
Interrogée sur la pertinence de l’indépendance du Québec dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, la co-porte-parole solidaire a tenu à rappeler qu’il s’agit d’un projet politique commun, et non pas d’une ligne de parti. « L’indépendance du Québec, ça ne sera pas juste Québec solidaire qui va la faire. Ça va se faire par le peuple, pour le peuple », a-t-elle souligné.


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