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Québec finance la numérisation des 1000 bibliothèques publiques

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Québec finance le développement d’un chantier numérique quinquennal pour les quelque 1000 bibliothèques publiques de la province. L’investissement de 31,3 millions va permettre de transformer en profondeur le réseau, qui pourra à la fois mieux servir les usagers et mieux gérer ses collections.

L’annonce de cet investissement sera confirmée vendredi, au dernier jour des Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec, à Montréal, par le ministre des Finances et ministre responsable des Infrastructures, Eric Girard, et le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe. Les Rendez-vous, inaugurés jeudi, se tiennent sur le thème « Cap sur demain ».

« Évidemment qu’on a beaucoup de demandes qui nous proviennent de différentes organisations dans différents secteurs du milieu de la culture et puis, à la fin, on doit faire des choix, explique en entrevue au Devoir le ministre Lacombe. On a fait ce choix parce qu’il est tourné vers l’avenir. Il permet à nos bibliothèques publiques de mieux faire leur travail, mais aussi d’améliorer l’expérience des utilisateurs. »

La stratégie numérique est pilotée par l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et le Réseau BIBLIO du Québec (RBQ). Elle vise l’exploitation des données d’usage (les emprunts, par exemple) pour optimiser les choix et mieux répondre aux besoins des clientèles. Le ministre ajoute un autre avantage non négligeable : le développement d’un seul système unifié permettant de faire des économies en remplaçant une multitude d’outils incompatibles et coûteux à entretenir.

Mieux encore, le budget du projet a énormément diminué depuis son ébauche au tournant de la décennie. Il avait alors été estimé qu’un quart de milliard de dollars seraient nécessaires pour renumériser le réseau. Des développements technologiques ont permis de réduire les plans à une trentaine de millions maintenant. Des chantiers numériques étatiques récents (comme SAAQclic) ont plutôt vu leurs budgets gonfler et connaître des ratés monumentaux.

L’annonce sur la numérisation ne concerne pas les bibliothèques scolaires ou universitaires. Elle arrive tout de même au moment où le milieu de l’édition s’inquiète de la possibilité, pour les écoles, de délaisser l’achat de livres au profit d’activités sportives et parascolaires. Le ministre de la Culture affirme que c’est à la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, de s’expliquer dans ce dossier.

Données et découvrabilité

Le chantier numérique rappelle à quel point les données et la découvrabilité deviennent les concepts centraux en culture. Le ministre Lacombe en a fait une obsession de son mandat depuis 2022.

« Quand je me suis assis avec mon équipe, on a fait le point sur comment on envisageait les quatre années devant nous et sur ce qu’on voulait [léguer], confie le ministre. On en est rapidement venus à la conclusion qu’on souhaitait donner au milieu culturel tous les outils dont il a besoin pour affronter l’avenir, qui est de plus en plus numérique. »

Le rapport du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec, déposé en septembre, vise précisément à assurer la pérennité et le rayonnement du secteur dans le contexte de la concurrence des nouvelles plateformes de création et de diffusion de contenus culturels, sous contrôle essentiellement américain.

« C’est le cœur de mon mandat de ministre de la Culture et des Communications, avance M. Lacombe. D’ici la fête nationale, comme l’a annoncé la première ministre dans son discours d’ouverture [mardi], je vais présenter une stratégie québécoise de l’audiovisuel pour donner des outils supplémentaires à nos créateurs, à nos créatrices, à notre industrie de l’audiovisuel québécois, pour s’adapter au nouvel environnement numérique. »

Il rappelle le projet de loi 109 sur la découvrabilité des œuvres francophones sur les plateformes et « tout le travail sur la scène internationale, notamment à l’UNESCO, pour se doter d’un protocole pour protéger des lois comme la loi 109 ». Le ministre ajoute qu’il s’inquiète grandement, comme l’Union des artistes (UDA), de la place de la culture au sein du comité consultatif mis en place par Ottawa. « Je comprends que le gouvernement canadien a fait son choix et qu’il ne changera pas la composition du comité », dit-il.

M. Lacombe a demandé à la Coalition pour la diversité des expressions culturelles de former son propre comité pour regrouper les principaux acteurs du secteur culturel québécois. Ce groupe pourra conseiller la négociatrice Louise Blais, mandatée par la première ministre pour représenter les intérêts du Québec dans la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. La culture est généralement exclue des accords de libre-échange, mais Washington fait pression pour libéraliser ce secteur.

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