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Des organismes du milieu des arts de la scène, du cinéma et des musées pressent la première ministre Christine Fréchette d’intervenir pour protéger les sorties culturelles scolaires. Ils craignent que le projet de réforme de la ministre de l’Éducation Sonia LeBel n’en fragilise l’accès partout au Québec.
Plus tôt en mai, Le Devoir révélait que Mme LeBel souhaite fusionner les enveloppes budgétaires consacrées à la culture en milieu scolaire avec celles destinées aux activités sportives et sociales. Concrètement, les 37,6 millions de dollars auparavant réservés aux sorties culturelles seraient désormais intégrés à une enveloppe globale de 288,1 millions de dollars. Les centres de service scolaires pourraient ainsi réaffecter ces sommes selon leurs priorités.
Des organismes — comme la Société des musées du Québec et le Conseil québécois de la musique — craignent toutefois que cette nouvelle flexibilité se fasse au détriment de la culture.
« Déployée sans nuances, elle aura des conséquences graves sur les sorties culturelles, qu’elle fera reculer », écrivent-ils dans une lettre adressée à Mme Fréchette.
Les sorties culturelles hors des murs de l’école demandent un effort supplémentaire aux enseignants, soutient Alain Beauchesne, codirecteur général de Théâtres Unis Enfance Jeunesse et cosignataire de la lettre. « Il faut étudier les programmations, acheter des billets, organiser le transport en autobus. Entre deux choix d’activités, on craint que la simplicité l’emporte. »
Il faut donc réserver des sommes spécifiquement dédiées aux sorties culturelles scolaires, fait-il valoir. « Elles donnent accès à des œuvres de qualité, à des pratiques artistiques et à des enjeux sociaux qui nourrissent la réflexion et l’ouverture. »
La première ministre doit corriger le tir en « introduisant des seuils minimaux et des balises claires » afin de protéger les activités culturelles, précisent les signataires.
Un « désengagement »
Le fait de réserver des enveloppes budgétaires à la culture permet d’en démocratiser l’accès, affirme Alain Beauchesne. « Ça assurait à un enfant qui habitait, par exemple, dans le quatrième rang d’un village d’avoir minimalement une ou deux sorties annuelles. »
Depuis 2018, le gouvernement caquiste défend le « projet de société » consistant à offrir chaque année deux sorties culturelles gratuites aux élèves québécois, poursuit-il. Or, selon lui, le projet de la ministre LeBel représente désormais un « désengagement profond » envers cette vision.
Faute d’avoir été « entendus » jusqu’à présent, les signataires de la lettre exhortent maintenant la première ministre à intervenir. Durant sa course à la chefferie caquiste, plus tôt cet hiver, Mme Fréchette avait promis de maintenir des sorties scolaires en milieu culturel, rappellent-ils.
Appelé à réagir, le cabinet de la première ministre s’est limité à réitérer cet engagement. « Les budgets sont disponibles et les objectifs d’exposition à la culture et à la lecture, notamment, demeurent », a-t-il écrit.


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