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Québec craint une tempête de trop pour 11 résidences de Matane-sur-Mer

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Le ministère de la Sécurité publique (MSP) oblige les habitants de 11 résidences de Matane-sur-Mer à prendre les dispositions nécessaires pour quitter leur foyer.

Elles sont jugées à risque imminent à cause de l'érosion et de la submersion côtière. En d'autres mots, Québec craint que la prochaine tempête soit celle de trop. Les gens doivent donc assurer la protection du bâtiment, la déménager ou la démolir.

Cette décision tombe avant même que la Ville n'ait pu présenter sa solution pour protéger la soixantaine d’autres résidents du secteur qui sont frappés durement par les assauts du Saint-Laurent.

Maison située à quelques mètres d'une protection de pierres qui borde le fleuve Saint-Laurent.

2:06

La résidence du couple Piché-Joyaux est jugée à risque imminent à cause de l'érosion et de la submersion côtière.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Parmi les 11 résidences ciblées, il y a celle du couple de retraités originaires de la région de Montréal, Guylaine Piché et Louis Joyal.

Il y a quatre ans que ce couple de Montréalais a choisi Matane-sur-Mer pour y passer leur retraite. Or, le MSP les oblige à changer leurs plans.

Ils ont choisi de démolir leur résidence et le travail aura lieu dans un mois.

Mme Piché souligne que leur dossier a été pris en main très rapidement lors des rencontres individuelles du mois dernier.

Ça s'est fait rapidement, aussitôt qu'on les a rencontrés. La première journée, on a déjà signé tous les papiers.

Portrait de la retraité.

Guylaine Piché habite Matane-sur-Mer depuis quatre ans.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Ils ne sont pourtant pas restés dans la région assez longtemps pour subir de grandes marées d'automne dévastatrices, mais Guylaine Piché avoue avoir eu droit à quelques frissons.

Voilà trois ans, il y en a eu une la veille de Noël. On a eu quand même un peu de dommages. C'est une petite tempête, mais il arrive à l'occasion que les vagues soient sur le terrain. C'est épeurant! avoue-t-elle.

Le couple a reçu une compensation financière du gouvernement. Pour Mme Piché, c'est suffisant. Ce montant-là, tu ne peux pas t'acheter une maison ailleurs, donc nous, on a opté de toute façon pour aller dans un condo locatif.

Pour Louis Joyal, cette décision est un moindre mal. Il compte déménager à Saint-Hyacinthe pour ainsi se rapprocher de sa famille, dont il s’ennuie.

Éventuellement, on savait qu’on était pour retourner là. Les enfants sont tous loin. C’est sept heures d'auto, précise-t-il.

Des pierres protègent les 70 riverains de Matane-sur-Mer.

Matane-sur-Mer borde le Saint-Laurent sur plus de 3,5 kilomètres, où 181 bâtiments sont installés. De ce nombre, 70 longent la rive.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Québec oblige la Ville à trouver une solution pour protéger le secteur.

Trois projets de protection sont à l’étude, soit un enrochement plus imposant, de l’ensablement ou le déménagement des habitations.

La Ville prévoit annoncer sa décision dans les prochains mois, selon le directeur du Service génie et environnement, Jérôme Caron.

Évidemment, même si les gens ne sont pas en imminence de risque, il y a toujours des risques élevés ou très élevés dans le secteur. Donc, il faut quand même avoir ça à l'esprit. Puis, les élus vont prendre une décision par rapport à ça.

Lors des déménagements ou des démolitions, le MSP offre un dédommagement égal aux frais raisonnables déboursés sans dépasser le coût de reconstruction de la résidence ni excéder le montant maximum prévu au Programme général d’assistance financière (PGAF) lors de sinistres, explique le Ministère par courriel.

Ce programme prévoit un maximum de 385 000 $ pour un particulier et de 485 000 $ pour une entreprise.

Le droit à une aide financière prend fin un an après la signature d’un arrêté. Le document officiel a été signé le 20 mars dernier pour Matane-sur-Mer.

Finalement, le MSP ajoute que les travaux doivent être terminés dans les 18 mois suivant l’avis établissant les dommages jugés admissibles au PGAF. Ce délai peut être prolongé si le sinistré démontre qu’il a été dans l’impossibilité de s’y conformer.

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