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Radio-Canada a appris que le ministère de l’Environnement du Québec coupe dans un réseau de suivi de la qualité de certains cours d’eau du sud du Québec mis en place il y a plus de 50 ans. Une situation déplorée par des organismes de bassins versants.
Le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF) échantillonne l'eau chaque année à huit stations réparties sur le territoire pour le compte du Réseau-rivières du ministère de l’Environnement.
Ce réseau mis en place en 1967 permet de fournir des données sur l’évolution de la qualité des cours d’eau du sud du Québec, dont la rivière Saint-François en Estrie. On y analyse notamment la quantité de phosphore. Celui-ci favorise la prolifération des cyanobactéries et des coliformes fécaux, qui peuvent être nuisibles pour la santé.
L’organisme a appris mercredi qu’il devra cesser de prélever l’eau dans cinq des huit stations, au moins pour la prochaine saison estivale. On ne sait pas si ça va être à long terme, s’inquiète la directrice de projet au COGESAF, Julie Grenier.

Une carte du bassin versant de la rivière Saint-François
Photo : COGESAF
Des restrictions budgétaires
Selon la directrice du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ), Karine Dauphin, cette décision du gouvernement s’explique par des restrictions budgétaires.
Au moins deux autres organismes de bassins versants auraient été informés de la réduction du nombre de stations, selon Mme Dauphin. Le portait de l’ensemble de la province reste à préciser. Ce n’est pas un bon signal. Déjà qu’on n’a pas beaucoup de financement pour la gestion de l’eau; en plus, on nous enlève notre outil de travail.
Si le ministère ne nous donne pas les moyens d’avoir l’information pour pouvoir prendre des bonnes décisions, ça devient problématique.
Julie Grenier comprend mal cette coupe budgétaire considérant le faible coût associé au suivi de la qualité de l’eau. Pour moi, c’est une économie de bouts de chandelle, déplore-t-elle. Ça ne vaut pas l'interruption de continuité que ça va occasionner dans le suivi de la qualité de l’eau.
Des données jugées essentielles
Mme Grenier estime que la collecte de données est essentielle afin de déterminer si les mesures mises en place permettent d’avoir un impact réel sur l’amélioration de la qualité de l’eau. Si on n’a pas de suivi régulier, on ne sera pas capable de déterminer si les actions massives qu’on fait ont un impact à long terme.
Ça nous permettait de juger de l’efficacité des projets ou des aménagements qu’on fait pour diminuer la pollution ou les apports aux cours d’eau.
Il s’agissait également d’un outil de mobilisation. Si j’ai des chiffres pour montrer que cela a un impact, les gens sont plus facilement portés à [mener] des actions, explique Mme Grenier.

Julie Grenier est biologiste au Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies
Elle rappelle par ailleurs que le Réseau-rivières est construit en fonction des usages du territoire. Il permet d’analyser des paramètres qui ont un impact sur l’usage de l’eau. On dit souvent qu’en environnement on se bat pour des grenouilles, mais dans ce cas, on le fait vraiment par rapport à nos usages à nous : l’eau potable, la plaisance.
Le ministère de l’Environnement n’a pas encore répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada.
Les stations coupées pour 2026 dans le bassin versant de la rivière Saint-François
- Station 31, rivière Saint-François à Lennoxville
- Station 32, rivière Saint-François à Richmond
- Station 33, rivière Massawippi à Lennoxville
- Station 34K, rivière Magog à Sherbrooke (lac des Nations)
- Station 34M, rivière aux Cerises à Magog


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