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Québec aurait intérêt à reprendre la gestion du parc national Forillon

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Le gouvernement du Québec aurait intérêt à reprendre la gestion du parc national Forillon au sein du réseau de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq). C'est du moins l'avis d'un avocat qui a représenté les expropriés.

Lionel Bernier a défendu les intérêts des expropriés dans le cadre des négociations de 1969 qui ont mené à la création du premier parc fédéral en territoire québécois.

Il est lui-même le fils d'expropriés et a grandi à un jet de pierre de la falaise et de la baie de Gaspé, avant que soit implantée l'aire protégée. Au total, 225 familles ont dû quitter leur maison.

Lionel Bernier, dans la salle d'études nommée en l'honneur de Jules Bélanger

Lionel Berner est avocat et l'auteur du roman La Bataille de Forillon. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Québec loue les terrains du parc national Forillon en vertu d'un bail de 99 ans et une clause de résiliation est possible après 60 ans, donc en 2030. Le gouvernement caquiste devait démontrer son intérêt cinq ans avant cette date, ce qu’il a fait il y a un an.

Le gouvernement est en attente d’informations du fédéral avant d’entamer des pourparlers, mais tout est à faire dans ce dossier.

M. Bernier croit que le provincial devra négocier de façon serrée s'il souhaite se porter acquéreur des actifs et des infrastructures dans lesquelles le fédéral a investi depuis 1970. Dans une analyse de 30 pages qu’il a produite, il écrit que Québec doit rapidement former un comité d’experts chargé d’étudier les dépenses pouvant éventuellement être remboursées au fédéral.

Plan d'interprétation de Forillon en 1976.

Le premier plan d’interprétation de Grande-Grave de 1976 présentait un projet ambitieux de village animé et prévoyait des investissements de 2 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Lionel Bernier juge, notamment, que les Québécois ont payé de 20 à 25 % des immobilisations depuis 1970 avec leurs impôts versés au fédéral.

Il croit aussi que le  provincial est à des années-lumière de l'époque où le parc national Forillon a été créé en 1970, alors que le réseau de la Sépaq n'était pas encore implanté.

La Sépaq possède des parcs encore plus grands et importants que Forillon. Ils font un excellent travail, alors je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas être cette organisation [qui reprend sa gestion], surtout en fonction des valeurs, de l’histoire du Québec, explique l’avocat.

Remise en question de l’entente de cogestion avec Gespeg

En 2024, dans un contexte de réconciliation avec les Premières Nations et de reconnaissance de leurs droits, Parcs Canada a annoncé un partenariat avec Gespeg, devenu cogestionnaire de Forillon dans un contexte où le parc est sur un territoire non cédé.

Si cette entente historique est d'une durée de 25 ans, M. Bernier estime qu'elle est discutable d’un point de vue légal et juridique.

Il juge que Parcs Canada ne peut pas appliquer les règles qu'il souhaite à Forillon, puisqu'il n'est pas propriétaire des lieux, contrairement à la majorité des autres parcs du pays.

Il cite en exemple la nouvelle offre touristique pour offrir de l'hébergement traditionnel mi'gmaw dans le secteur du Cap-Bon-Ami.

Wigwams à Forillon

Les cinq wigwams érigés dans le secteur nord du parc national Forillon, au camping du Cap-Bon-Ami, ont été construits par les membres de Gespeg. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Ce nouvel attrait touristique, offrant au total 17 lits, sera offert à partir de l’été 2026. Les nouveaux emplois reliés à cette offre seront réservés à des membres de la Nation MicMac de Gespeg.

Parcs Canada est un locataire du territoire, il ne peut le céder à personne d’autre. Quand tu es locataire, tu ne peux pas louer la moitié de ta maison.

Lionel Bernier dénonce aussi que le Regroupement des expropriés et leur descendance ne fait pas partie du comité de gestion qui est composé uniquement de représentants du parc national et de Gespeg.

L’avocat croit ainsi que le provincial devra revoir en priorité le cadre de gestion actuel pour assurer un meilleur équilibre dans la représentation des parties s'il reprend les rênes de Forillon.

Par courriel, Parcs Canada répond qu’il reste pleinement déterminé à assurer la gestion à long terme du parc, conformément à son mandat de conservation, de mise en valeur et d’intérêt public.

On peut également y lire que Parcs Canada entretient des relations étroites avec ses partenaires : le Regroupement de personnes expropriées de Forillon et leur descendance et la [Nation Micmac de Gespeg] et respecte tous ses engagements envers ces partenaires grâce à des projets actuellement en cours.

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