NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le ministre fédéral des finances, François-Philippe Champagne, a déposé jeudi à la Chambre des communes son budget intitulé Maîtres chez nous. L’exercice de 2026 est le deuxième du gouvernement de Mark Carney. Qu’est-ce qui en ressort ? Comment se portent les finances publiques du Canada ? Le Devoir s’est entretenu avec Luc Godbout, professeur et titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques à l’Université de Sherbrooke.
C’est donc le deuxième budget de la paire Carney-Champagne. Est-ce qu’ils se démarquent déjà par une façon de faire, une signature ?
S’il y a quelque chose qu’on pourrait dire qui se démarque, particulièrement dans ce budget-ci, c’est le fait de récompenser les entreprises qui investissent, de mettre en place des conditions pour qu’il y ait des investissements sur le territoire canadien. On l’a vu avec la mégadéduction qui a été annoncée en septembre, et qui reste quand même une initiative qui est assez conséquente dans la marge de manœuvre qui a été dégagée dans ce budget-ci. Donc, Ottawa veut récompenser l’investissement en territoire canadien.
Auparavant, c’était peut-être un aspect qu’on voyait un peu moins. Sous le gouvernement Trudeau, par exemple, il y avait davantage de mesures un peu plus sociales. Avec le gouvernement Carney, on voit plus de mesures de nature économique, mais je ne dis pas qu’il n’y a pas de mesures sociales.
Vous évoquez la fameuse mégadéduction. Dans le budget, on parle aussi d’un « supercycle d’investissements ». Peut-on qualifier ces mesures d’exceptionnelles ou d’extraordinaires ?
Ça n’a pas commencé sous le gouvernement Carney, mais plutôt sous le gouvernement Trudeau, parce que, dès 2018, le président américain, Donald Trump, baissait les impôts significativement aux États-Unis et il fallait réagir. À ce moment-là, le Canada avait le choix de baisser l’impôt général des entreprises ou de le baisser de façon ciblée aux entreprises qui investissent. C’est un peu le choix qui avait été fait. Puis, lorsque Trump a été réélu une deuxième fois, Ottawa a prolongé et bonifié ce qui avait été mis en place en 2018.
Ça avait été annoncé par Chrystia Freeland dans la mise à jour économique qu’elle avait préparée en décembre 2024, mais qu’elle n’a jamais présentée. Après, il y a eu les élections, et le gouvernement Carney est revenu à la charge avec cette superdéduction, puis, en septembre, il a annoncé la mégadéduction, qui rajoute un coût en termes de manque à gagner pour le gouvernement de 35 milliards sur cinq ans. C’est un signal clair envoyé aux entreprises qui investissent au Canada, et ça, je pense que c’est davantage porteur qu’une baisse d’impôt généralisée.
Quelles sont les retombées qu’on peut espérer de ces mesures ?
C’est toujours dur à dire, mais si jamais les entreprises n’investissent pas, ça ne coûtera rien au gouvernement. Puis, si ça fonctionne, c’est parce qu’elles auront investi davantage. Pour l’État, le fait de permettre aux entreprises de passer leurs dépenses plus rapidement, plutôt que de les étaler sur plusieurs années, ça n’a pas de coût à long terme. Normalement, si un bien d’une entreprise avait une durée de vie de 10 ans, elle aurait réparti sa déduction fiscale sur 10 ans. Avec la mégadéduction, l’entreprise peut le déduire dès la première année. Ça ne fait que déplacer des manques de rentrées fiscales. À terme, techniquement, il n’y a donc pas de coût. Il faut voir par la suite comment les entreprises vont réagir.
Et du côté des particuliers, qu’est-ce qu’on retrouve de notable ?
Pour les particuliers, il y a beaucoup plus de changements à la fiscalité que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Il y a notamment la bonification de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels — c’est l’ancien crédit pour la TPS/TVH, qui a changé de nom récemment. Donc, tous les bénéficiaires qui y ont déjà droit vont avoir un supplément de 50 %, qui sera versé en janvier. C’est quand même une aide qui est non négligeable. Par contre, les seuils d’admissibilité ne changent pas.
Puis, globalement, sur le plan du déficit et de la dette, comment se portent les finances publiques ?
Avec toutes les mesures qui ont été annoncées avant le budget, dont notamment la mégadéduction, on aurait pu s’attendre à une aggravation du déficit. Ce qu’on observe finalement, c’est un déficit un peu plus faible que prévu. Pour l’année 2027-2028, le déficit projeté est de 62,5 milliards de dollars, alors qu’on prévoyait un déficit de 63,1 milliards, donc une petite poussière de différence. Sur cinq ans, c’est cinq milliards de moins de déficit.
Mais ce qui est frappant, c’est que, quand on décortique le budget, on s’aperçoit qu’il y a eu une certaine marge de manœuvre pour ce budget. On est à peu près à 120 milliards de plus de revenus que ce qu’on prévoyait en avril dernier. Ces 120 milliards ont tous été redéployés dans de nouvelles initiatives du gouvernement. Finalement, l’économie canadienne résiste un peu mieux qu’on aurait pu l’imaginer en termes de perspectives économiques, malgré le conflit commercial.
Toutefois, même s’il y a une amélioration du solde budgétaire, on a comme l’impression qu’Ottawa s’est senti obligé de garder le cap sur les déficits prévus plutôt que d’utiliser cette marge de manœuvre pour réduire le déficit.
Justement, toutes ces mesures qui ont été annoncées avant le budget, est-ce que c’est courant de faire ça ?
Dans un monde idéal, mais c’est peut-être parce que je suis un professeur de politique publique, je pense que les annonces gouvernementales qui ont des conséquences sur le solde budgétaire devraient être annoncées lors du budget. Ça devrait être ça, la règle, à mon sens, sauf exception, comme durant la pandémie.
Je trouve que, depuis quelques années, il y a une tendance à faire des annonces hors cadre budgétaire. L’année dernière, le gouvernement fédéral a présenté son budget en novembre, puis, en janvier, il a annoncé le changement du crédit de TPS/TVH pour la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels. Au début du mois d’avril, Ottawa a annoncé l’abolition de la taxe sur l’essence pendant six mois, alors que la mise à jour économique était prévue pour la fin avril.
Je préférerais que ça reste dans les annonces officielles, dans des moments solennels. Regardez, aujourd’hui, certains se demandent quel est le message qui ressort du budget. Si la mégadéduction n’avait pas été annoncée le 15 septembre, ce serait assurément la nouvelle du jour.
Cette entrevue a été éditée à des fins de clarté et de concision.


4 hour_ago
55



























.jpg)






French (CA)