Une start-up privée a mis au point un petit vaisseau robotisé afin de rehausser l’orbite du télescope Swift dans les plus brefs délais. L’opération en cours par la NASA, concernant ce satellite vieillissant n’ayant jamais été pensé pour interagir en orbite, semble pour l’instant se dérouler sans encombre.
Sauver l’observatoire spatial Swift
Lancé en 2004 pour une mission initiale de deux ans, l’observatoire spatial Swift (Neil Gehrels Swift Observatory) est toujours opérationnel après plus de deux décennies. Sa spécialité ? Détecter et étudier les sursauts gamma (GRB), c’est à dire les explosions les plus violentes et les plus énergétiques de l’Univers depuis le Big Bang. Capable de pivoter de manière autonome en moins d’une vingtaine de secondes vers une cible, Swift donne l’alerte aux télescopes du monde entier et notamment, au célèbre télescope spatial James Webb.
Dans la mesure où Swift a été volontairement construit sans aucun système de propulsion interne afin de réduire sa masse et réduire les coûts, ce dernier a commencé sa lente chute dès sa mise en orbite. Cependant, cette même chute s’est accélérée dramatiquement dès la fin de l’année 2024 en raison de l’activité du Soleil – le « Maximum Solaire ».
Depuis sa mise sur orbite à 600 km d’altitude, le télescope a atteint un seuil critique 340 à 360 km. Ainsi, Swift fait actuellement l’objet d’une mission de sauvetage : la Swift Boost Mission, dévoilée il y a environ six mois. Comme l’explique la NASA sur la page de présentation de la mission, un vaisseau de sauvetage robotisé a été lancé le 3 juillet 2026. Son objectif ? S’amarrer au satellite afin de rehausser son orbite et ainsi, éviter sa désintégration incontrôlée dans l’atmosphère terrestre. Sans intervention, le télescope aurait franchi son point de non-retour dès le mois d’octobre 2026.
Un petit remorqueur spatial baptisé Link
Pour la conception de l’engin de sauvetage, la NASA a fait appel en urgence à la startup privée étasunienne Katalyst Space Technologies. Le dispositif nommé Link est un remorqueur spatial de la taille d’un réfrigérateur, dont la mission est plutôt ambitieuse. En effet, le fait est que le télescope Swift n’a jamais été conçu pour subir un remorquage, ni même aucune interaction et ce, peu importe la nature. Le remorqueur utilise des propulseurs ioniques à effet Hall, un système électrique éjectant du xénon à très haute vitesse. Il s’agit ici d’une propulsion très douce, très économe en carburant et donc, idéale pour pousser de lourdes charges sur de longues périodes.
Soulignons au passage que le lancement a été effectué par une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, larguée depuis l’avion porteur Stargazer à une altitude de 40 000 pieds (plus de 12 km) au-dessus de l’atoll de Kwajalein (îles Marshall). Malgré trois jours de reports en raison de la météo et de légers soucis techniques, le déploiement n’a rencontré aucun problème.
Crédit : Katalyst Space Technologies
Où en est actuellement la mission ?
A l’heure où sont écrites ces lignes, les ingénieurs au sol effectuent une vérification complète de la santé du robot Link. Il s’agit de tester la puissance de ses batteries, ses systèmes de capteurs, ainsi que la réactivité de ses propulseurs ioniques. Si aucun problème d’ampleur n’est détecté, Link débutera très bientôt un voyage d’un mois en autonomie afin de se rapprocher de Swift. Selon le plan de vol officiel de la NASA, l’engin devrait arriver à environ 9,6 kilomètres de du télescope avant d’engager sa phase finale d’approche.
Après son approche, Link devra synchroniser ses mouvements avec ceux de Swift. Déstabilisé, ce dernier oscille et tourne lentement sur lui-même, un mouvement que le robot devra copier à l’aide ses micro-propulseurs. Ensuite, viendra les étapes de capture et de diagnostic de la part des ingénieur au sol, impliquant une vérification de la résistance des trois bras robotiques de Link et de la correspondance du centre de gravité de l’ensemble que composeront les deux objets.
Enfin, Link reprendra le contrôle et orientera ses propulseurs ioniques vers la Terre, avant de commencer à pousser le télescope Swift. Durant environ six semaines, cette poussée permettra dans un premier temps d’arracher le télescope de l’attraction terrestre, puis le faire remonter à une altitude de 600 km.


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