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Quatre questions pour comprendre le nouveau pipeline canadien

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Le gouvernement de Mark Carney construira finalement un nouveau pipeline menant vers la côte ouest du Canada, tel que le souhaitait l’Alberta. Tour d’horizon en quatre points pour bien comprendre tout ce qui entoure ce nouveau projet « d’intérêt national » qui sera développé avec du financement public et privé.

Quel sera le tracé ?

Comme le pipeline est encore à l’état de projet, un tracé exact n’a pas encore été déterminé. Le gouvernement albertain a toutefois déjà déposé une proposition de tracé qui peut sembler familière : ce dernier serait construit en parallèle à celui déjà existant de Trans Mountain.

L’exception notoire est celle des terminaux aux deux extrémités de l’oléoduc qui seront uniques, bien que proche de ceux de Trans Mountain géographiquement parlant. Tout comme ce dernier, le nouveau pipeline traverse le territoire de communautés autochtones.

Le début proposé du nouveau pipeline est au terminal de Bruderheim, non loin de la capitale albertaine d’Edmonton (où se trouve un terminal du pipeline Trans Mountain).

Le pétrole devrait donc débuter son chemin en Alberta, passant à travers les villes d’Edson, de Hinton et de Jasper avant de traverser la frontière avec la Colombie-Britannique. Dans cette province, les villes de Blue River, de Clearwater et de Merritt vont voir passer le pipeline avant sa fin au terminal de Robert Banks, non loin de Vancouver et du terminal de Westbridge utilisé par le pipeline Trans Mountain.

Combien coûtera le projet ?

Un coût exact n’a pas encore été communiqué comme l’existence du pipeline n’a été confirmée que jeudi et qu’il est encore à l’état de projet. Le document détaillant les différents éléments du projet publié par l’Alberta estime toutefois que la facture devrait être entre 35,2 et 43,7 milliards $.

Pour arriver à ce coût, le gouvernement Albertain s’est basé sur la facture totale du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, dont les travaux se sont conclus en 2024. Racheté par le gouvernement canadien en 2018 pour 4,5 milliards $, le projet a finalement coûté plus de 30 milliards $ (en monnaie de l’époque).

Contrairement à l’expansion de Trans Mountain, le nouveau pipeline sera financé en partie par un promoteur privé. Pembina Pipeline Corporation paiera 10 % des coûts de « construction », soutient le communiqué confirmant le projet. Le reste des coûts sera assumé par le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta.

La part que le Québec paiera dans le projet est elle aussi inconnue. Le Bloc québécois l’estime toutefois à 4,3 milliards $ en calculant que le gouvernement fédéral paiera 20 milliards $.

Pour mener à terme le projet, Trans Mountain Corporation, l’Alberta Petroleum Marketing Commission et Pembina Pipeline Corporation vont former et diriger « une nouvelle société en copropriété ».

Quelle est la ligne du temps ?

Le gouvernement canadien compte commencer la construction du nouveau pipeline en septembre 2027. Pour s’y faire, la proposition écrite par l’Alberta sera soumise au Bureau des grands projets, né du projet de loi C-5 du gouvernement Carney.

Le Bureau des grands projets s’occupera donc d’accélérer le processus d’autorisation du pipeline, ce qui le qualifie du même souffle de « projet d’intérêt national » aux yeux d’Ottawa.

Le Bureau « entreprendra immédiatement des consultations avec les groupes autochtones, les provinces et les territoires », précise-t-on.

La construction du pipeline en bonne et due forme devrait pour sa part débuter en septembre 2028 et la mise en service aux alentours de 2033-2034.

Quels seront les impacts ?

À terme, l’objectif du pipeline est de transporter « quotidiennement un million de barils de pétrole vers les marchés mondiaux ». Comme ce nouvel oléoduc a également un port proche de Vancouver comme fin de parcours, le transport maritime de pétroliers augmentera autour de la côte ouest canadienne afin de permettre l’exportation de 365 millions de nouveaux barils de pétrole chaque année.

« À mesure que l’oléoduc passe de la construction à l’exploitation, les incidences annuelles directes et indirectes sur l’emploi pourraient atteindre en moyenne environ 50 000 emplois », indique le communiqué d’Ottawa, qui souligne également que le but du pipelineest « de bâtir une économie canadienne encore plus forte, réellement durable et davantage indépendante ».

Les études sur l’impact environnemental de la construction d’un nouveau pipeline n’ont pas encore été réalisées, mais comme le tracé est familier, le gouvernement albertain a déjà dressé un premier portrait : des mesures de mitigations devront être prévues notamment pour protéger le caribou des bois, des salmonidés ainsi que des insectes et oiseaux considérés à risque par Ottawa.

Quant aux conséquences climatiques d’une telle exploitation pétrolière des sables bitumineux, le premier ministre martèle que ce pétrole « sera parmi ceux générant les plus faibles émissions dans le monde », et ce, malgré les pronostics scientifiques qui disent le contraire.

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