NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Chaque été, Anastasia Mandryk revient au Québec, dans la famille ordinaire d’Isabelle Doyon, dans la région de Saint-Jean-sur-Richelieu. Depuis neuf ans, elle arrive ici de la région de Moguilev, une zone encore contaminée par l’explosion de Tchernobyl de 1986. Biélorusse âgée aujourd’hui de 17 ans, elle vient passer quelques semaines ici, respirer de l’air frais, loin de chez elle. Et chaque année, lorsqu’elle quitte le Québec pour retourner en Biélorussie, le niveau de radiation dans l’organisme d’Anastasia est réduit du tiers ou de la moitié.
Quarante ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, l’organisme Séjour santé enfants Tchernobyl continue d’accueillir au Québec, année après année, des enfants qui vivent dans des régions contaminées, pour des séjours de santé loin des radiations toxiques. Ensuite, ces enfants retournent dans des zones irradiées, et leurs parents n’ont souvent pas les moyens de leur faire prendre des vacances ailleurs. Invisible, la radiation continue de faire son œuvre, dans leur corps, dans la terre, dans les champignons, parfois dans le lait.
« On privilégie les enfants qui commencent à venir en bas de 14 ans parce qu’ils sont en croissance », précise Isabelle Doyon, qui siège au conseil d’administration de l’organisme, et qui est par ailleurs mère de quatre enfants. Depuis 2001 seulement, ce sont 272 enfants biélorusses qui ont trouvé refuge, le temps de quelques semaines, dans l’air plus pur du Québec.
Irina Smirinova avait quant à elle 16 ans lorsque la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé, dans ce qui est aujourd’hui la Biélorussie. Dans les jours qui ont suivi la tragédie, elle se souvient que les autorités soviétiques n’avaient pas avisé la population de l’explosion, survenue le 26 avril 1986.
« En Union soviétique, le 1er mai, tout le monde était obligé de sortir dehors et de faire un grand défilé. C’était obligatoire, il y avait les grandes entreprises, les écoles. Moi, je jouais au basket alors je participais au défilé sportif. Et dans notre équipe, je me souviens très bien de ça, il y avait une fille qui était souvent malade, dont l’immunité était faible. Au moment du défilé, elle a perdu conscience. On était surprises. On savait bien qu’elle avait des problèmes de santé, mais de là à perdre conscience… »
Irina Smirinova, qui vit aujourd’hui au Québec, habitait alors dans la ville de Grodno, dans l’actuelle Biélorussie.
« Et chez nous, on avait l’occasion d’écouter les radios à l’étranger parce que c’était proche de la frontière et le gouvernement n’était pas capable de les bloquer. Et on a commencé à entendre des nouvelles de la Suisse, au sujet du fait qu’il s’était passé quelque chose en Union soviétique parce que le niveau de radioactivité était élevé même là-bas. »
Un mal qui traverse les générations
Les années ont passé et Irina Smirinova s’est mariée, a eu des enfants. Puis, son fils a commencé à avoir des problèmes de santé.
« Autour de l’âge de 11 ans, il a commencé à avoir des problèmes avec sa thyroïde, raconte-t-elle. Je suis passée par plusieurs médecins. Tout le monde me disait : “Qu’est-ce que vous voulez madame ? C’est presque normal.” Puis, j’ai eu un rendez-vous avec une endocrinologue. C’était une jeune médecin. Elle venait de terminer l’université et elle avait fait beaucoup de recherches autour de ça. Elle m’a dit : “Évitez s’il vous plaît de consommer du lait frais, pour votre fils.” J’habitais Grodno, une ville loin de Tchernobyl. Elle m’a dit que le lait de toutes les régions était mélangé. Après trois mois sans consommer de lait frais, la thyroïde de mon fils est revenue à l’état normal. »
En effet, les effets de la radiation sont réversibles, particulièrement chez les enfants. C’est ce que l’organisme Séjours santé enfants Tchernobyl observe chaque année.
« Avant de partir pour le Québec, les enfants passent par le centre médical pour voir comment fonctionne leur thyroïde. Quand ils reviennent du Canada, ils font la même chose et il y a toujours beaucoup d’amélioration », dit Irina Smirinova, qui a elle-même accueilli un enfant biélorusse il y a quelque temps.
« Durant les 7 à 8 semaines qu’ils passent ici, on voit des diminutions de 30 et de 50 % du taux de radiation. Ça donne une pause à leur organisme et ça permet de diminuer les taux de leucémie et de cancer de la thyroïde. Ça renforce leur système immunitaire », poursuit Isabelle Doyon.
Moins de familles québécoises volontaires
Mais au fil des ans, le nombre de familles québécoises qui se portent volontaires pour accueillir des enfants biélorusses diminue. Seulement trois enfants ont prévu de faire le voyage cette année alors que les mesures prises par le gouvernement de Biélorussie pour les aider s’amenuisent.
« Avant, en Biélorussie, on envoyait les enfants un mois au sanatorium avec l’enseignant. Il partait et il faisait la classe là-bas. On leur donnait beaucoup de vitamines et de la pectine de pomme. Il y avait sept petits repas par jour, parce que les petits repas, ça aide à éliminer les radiations. Mais ça a cessé après la pandémie. On dirait qu’ils font comme si ça n’était plus contaminé », ajoute Mme Doyon.
Le 23 avril, la communauté biélorusse de Montréal a organisé une cérémonie de commémoration des événements de Tchernobyl à l’occasion du quarantième anniversaire.
« 70 % des radiations provenant de Tchernobyl se sont retrouvées en Biélorussie », explique Mikalai Mialiuk, qui habitait à Minsk en 1986 et qui vit désormais au Québec, où il enseigne le français aux nouveaux arrivants.
Tatsiana Bryleuskaya, l’organisatrice de la cérémonie de Montréal, avait 12 ans le jour de la catastrophe de Tchernobyl.
« Les gens ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait, même lorsqu’ils en subissaient les conséquences. La radiation est invisible et inaudible, ce qui la rend facile à ignorer. »
À 19 ans, elle a fait un stage dans une région touchée. « Les habitants racontaient qu’ils tombaient malades de maladies inconnues auparavant. Ce qui frappait particulièrement, c’était que les jeunes étaient souvent touchés. Les forêts étaient devenues rousses, comme brûlées. À mon retour, j’ai remarqué des plaies et des cloques sous les genoux, qui ont mis du temps à disparaître… […] D’une manière ou d’une autre, presque toutes les personnes que je connaissais ont été confrontées aux conséquences de la catastrophe. Beaucoup avaient des pères ou des maris qui avaient participé aux opérations de liquidation, et beaucoup d’entre eux sont morts prématurément. »


2 month_ago
151



























.jpg)






French (CA)