Les prises de parole récentes et répétées de Nadine de Rothschild dans L’illustré, Paris Match ou encore sur RTL en sont un exemple frappant, dans la continuité de la lettre post mortem de Laura Smet à son père Johnny Hallyday ou des invectives entre enfants d’Alain Delon sur les réseaux sociaux. Elles interrogent: que dit cette nouvelle tendance décomplexée – peut-être anglo-saxonne – du rapport que nos sociétés entretiennent avec l’intimité, le droit et la mémoire des défunts?
Dans un pays comme la Suisse, où la discrétion n’est pas seulement un usage mais une culture, l’exposition médiatique d’un conflit successoral apparaît comme une rupture profonde et, ce faisant, malheureusement, emboîte ainsi le pas à la France. La parole publique, lorsqu’elle devient unilatérale, émotionnelle ou fluctuante, produit un effet paradoxal: elle obscurcit davantage qu’elle n’éclaire. Les déclarations successives d’héritiers, de parents ou de proches, parfois changeantes ou téléguidées, ont moins contribué à clarifier les enjeux juridiques qu’à installer un récit personnel, parfois en contradiction avec des engagements passés ou avec les principes élémentaires du droit continental que nous partageons en Europe.


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