Le vintage est partout. Omniprésent. Indicible. Comme un éther qui émane des ateliers d’horlogerie. Les puristes diront que le mot a un sens strict. Qu’il ne s’applique qu’à des reliques d’une autre époque. Mais le vintage ne s’arrête pas à ça. C’est devenu un terme générique, magique, presque incantatoire. Le talisman qui donne d’un coup de la profondeur à la création en l’ancrant dans une filiation, une histoire, des références, ou le goût du succès passé à tout. Ce gri-gri protège surtout du risque fatal: se planter avec une création sortie de nulle part. Au point que toutes les montres finissent par avoir un air de famille, un petit côté Calatrava (Patek Philippe), Submariner (Rolex), El Primero (Zenith) ou Royal Oak (Audemars Piguet).
Mais qu’est-ce que c’est le vintage? Comment le définir? Depuis quand existe-t-il? Et à quoi sert-il? Nous avons posé ces questions à quatre designers. Preuve que la thématique ne va pas de soi, leurs réponses sont tombées en vrac, «éparpillées par petits bouts façon puzzle», selon la bonne vieille réplique vintage des Tontons flingueurs, 1963.


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