Pablo Larrain aime les fantômes. Le réalisateur chilien s’est fait connaître du grand public en les capturant, dans des films hypnotiques et éthérés – Jackie (Jackie Kennedy), Spencer (Lady Di) ou encore Maria (Maria Callas). Mais cette fois, ce sont des spectres moins glamours qu’il convoque. Dans Mes morts tristes, étonnante mini-série proposée par Netflix, Pablo Larrain brouille plus que jamais la frontière entre les mondes. Et donne à voir des revenants qui ne hantent les vivants que dans un but: être entendus.
Au début, seule Ema les perçoit. Dans la banlieue de Buenos Aires, cette médecin forcée à une retraite anticipée vient d’assister aux derniers instants de sa mère – une lente agonie qui, en ouverture du premier épisode, nous prend à la gorge. Depuis, Ema doit cohabiter avec sa silhouette frêle, qui squatte la maison, et ses gémissements incessants. La routine pour celle qui entend et voit les morts depuis l’enfance, même si ses proches ne l’ont jamais crue. Y compris sa sœur, en visite avec son mari et sa fille Julie, une jeune adulte qui souffre manifestement de troubles psychiques.


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