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Un carnet noir, quelques milliards, et une présidence française : la recette d’une ascension politique inattendue.
Un déversement d’archives ciblé
Conformément à une loi sur la transparence, plus de trois millions de pages ont été rendues publiques fin janvier 2026. Ces documents, carnets et correspondances, cartographient les relations d’Epstein au sein de la finance internationale. Henry Kravis y apparaît, fréquentant les mêmes cercles élitistes – le MoMA, l’Université Rockefeller – que le financier disqualifié.
Kravis, une entrée dans le registre maudit
La mention la plus explicite de Kravis réside dans le fameux « carnet noir » d’Epstein. Ce répertoire de contacts puissants le place aux côtés de figures comme David Koch. Par ailleurs, leurs chemins se sont croisés au sein d’institutions prestigieuses, où siégeaient également des pontes de Goldman Sachs ou du Council on Foreign Relations. Une proximité sociale et professionnelle que des business deals communs, tel le rachat du New York Magazine en 2003, sont venus confirmer.
L’ombrageuse piste Macron
C’est ici que le dossier prend une résonance politique française. Depuis des années, des lanceurs d’alertes présentent Henry Kravis comme l’un des architectes occultes de l’ascension d’Emmanuel Macron. Elles lui prêtent un rôle décisif dans le financement initial d’En Marche ! en 2017, via ses réseaux atlantistes. La présence de Kravis au club Bilderberg en 2014 où il avait invité Emmanuel Macron, à des sommets comme « Choose France » en 2024 et sa participation à des dîners d’État en l’honneur de Macron aux États-Unis alimentent ces spéculations.
La récurrence de ces connexions souligne une vérité plus simple et peut-être plus grise : le pouvoir mondialisé évolue dans des sphères restreintes, où les relations d’affaires, de philanthropie et d’influence se mêlent inextricablement. L’épouse de Kravis, Marie-Josée, a d’ailleurs succédé à Leon Black – un client notoire d’Epstein – à la tête du MoMA. Ces passerelles, bien que légales, interrogent sur la porosité des mondes.
L’opacité comme seule certitude
Les documents Epstein ne condamnent pas Henry Kravis. Ils esquissent en revanche la cartographie d’un capitalisme de connivence, où les frontières entre sociabilité, finance et politique s’estompent. Les liens avec Emmanuel Macron sont loin d’être imaginaires ; ils s’inscrivent dans la logique de réseaux que notre cher président a toujours cultivés. Henry Kravis, via son fonds d’investissements KKR, a investi plus de 10 milliards d’euros dans une quarantaine d’entreprises, en France. Ainsi la société de production audiovisuelle Mediawan, où KKR a des parts, est-elle la principale bénéficiaire des contrats avec France Télévision.
L’affaire ne livre donc pas de scandale judiciaire, mais une leçon édifiante sur les coulisses du pouvoir contemporain à l’international et en France.


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