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Le rapport des consultations de OUI Québec révèle une société civile québécoise en quête de contrôle sur son destin, assoiffée d’un projet collectif ambitieux et soucieuse de reconstruire du lien là où la polarisation et l’isolement ont creusé des sillons. Ces constats résonnent avec une évidence souvent sous-estimée : celle du Canadien de Montréal, cette institution qui, bien au-delà du sport, incarne une forme d’adhésion totale à une identité partagée.
Et si, justement, la clé de l’inclusion et de la mobilisation se trouvait dans cette capacité à transformer des individus en une communauté unie par un rêve commun ?
Le rapport souligne que 77 % des groupes consultés appellent de leurs vœux une Révolution tranquille 2.0, un grand projet fédérateur capable de redonner à la société québécoise le sentiment de maîtriser son avenir. Or, qu’est-ce que le Canadien, sinon l’incarnation vivante de cette ambition ? Un club qui, depuis un siècle, porte les espoirs d’une ville, d’une province et même — osons le dire — d’une nation.
Un admirateur du Canadien n’est pas seulement un amateur de hockey. C’est quelqu’un qui adhère au rêve : celui de voir son équipe soulever la coupe, bien sûr, mais aussi celui de se reconnaître dans une histoire plus grande que lui. Être Québécois, dans ce contexte, ce n’est pas une question d’origine, de langue maternelle ou de mémoire des Nordiques. C’est d’abord une question d’engagement envers un projet qui nous dépasse, qui nous rassemble et qui nous donne l’impression, ne serait-ce que pour une saison, de pouvoir tout accomplir ensemble.
Le rapport parle de perte de contrôle et de manque de pouvoir. Pourtant, chaque printemps, des millions de Québécois reprennent ce contrôle, ne serait-ce que symboliquement, en se rassemblant derrière une même passion. Le Canadien, c’est la preuve que le Québec sait encore faire front commun.
Imaginaire collectif
Quelque 71 % des groupes consultés par OUI Québec expriment un sentiment d’impuissance à l’égard des structures éloignées, de la bureaucratie, de l’isolement. Pourtant, il existe un espace où les Québécois reprennent le pouvoir : celui de l’imaginaire collectif. Et le sport, surtout le hockey, en est l’un des derniers bastions.
Quand on dit « un Québécois, c’est quelqu’un qui vit au Québec, c’est tout », on ne nie pas les différences. L’inclusion, ici, ne passe pas par des catégories (communautés culturelles, minorités visibles), mais par une appartenance active à un récit commun. Le Canadien, c’est ce récit en action — et la Victoire le sera peut-être aussi un jour.
Le rapport souligne aussi l’effritement du vivre-ensemble. Pourtant, au Centre Bell, les différences s’estompent. Un admirateur du Canadien, qu’il soit né à Montréal, à Alger ou à Port-au-Prince, chante le même hymne, vibre aux mêmes buts et souffre des mêmes défaites. La polarisation existe, bien sûr, mais elle est temporairement suspendue par la magie du collectif.
Environ 64 % des groupes consultés s’inquiètent de la polarisation et de la peur de l’autre. Le Canadien offre une réponse concrète à cette angoisse : l’expérience du « nous ». Pas de communautés culturelles, des Québécois. Le rapport de OUI Québec aborde la difficulté à intégrer les Néo-Québécois dans le projet national. Pourtant, dans les gradins, personne ne demande d’où vient son voisin. On est tous des partisans, des passionnés, des rêveurs.
L’inclusion commence quand on cesse de catégoriser pour simplement dire : « Tu es des nôtres. » Le grand principe : ouvrir des portes, ne pas construire des murs.
Le rapport insiste sur la nécessité de proposer un projet de société emballant. Le Canadien, lui, n’a pas besoin de convaincre : il fédère par l’émotion. Et si l’indépendance était présentée non pas comme une rupture, mais comme la plus grande aventure collective de notre histoire, un peu comme une finale de la Coupe Stanley, mais pour l’avenir du Québec ?
Mais comment fait-on cela ? Ça, c’est une autre histoire…


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