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Quand CR7 succombe à la frustração
Crise de nerfs au Portugal autour de la fin de carrière de la star du foot Cristiano Ronaldo
Le footballeur Cristiano Ronaldo lors de Norvège-Portugal, Oslo, 27 septembre 2026 © Grzegorz Wajda / SOPA Images/SIPA
Quarante et un ans, dont vingt-trois avec la sélection portugaise, 234 matchs avec la Seleção, 979 buts toutes compétitions confondues… et une carrière internationale peut-être terminée par une course-poursuite dans les rues de Copenhague. Pendant que la France tournait la page de la visite du pape, le Portugal était entièrement suspendu aux heurs et malheurs de sa légende Cristiano Ronaldo.
Crépuscule d’une idole
En ce début d’automne, l’équipe portugaise s’est rassemblée pour disputer quatre matchs. L’occasion d’y voir plus clair sur le statut de Cristiano Ronaldo. Peu en réussite lors du Mondial nord-américain, où l’âge de ses artères a commencé à se faire sentir, il paraissait de plus en plus évident que l’avenir du Lusitanien serait de rester sagement en Arabie saoudite, où il évolue sous les couleurs d’Al-Nassr, tandis que le reste de ses compatriotes se réunirait pour jouer la Ligue des nations et les qualifications du prochain Championnat d’Europe. C’était sans compter la désignation de Jorge Jesus en tant que sélectionneur national, venu tout droit… du club d’Al-Nassr. Une désignation dans laquelle CR7 (le surnom de Ronaldo) n’aurait pas été pour rien, puisqu’elle lui garantissait, apparemment, de jouer encore avec le Portugal et, peut-être, d’atteindre les 1 000 buts en carrière, un défi qui obséderait l’ancien attaquant de Manchester United.
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C’est sans doute le Mondial 2026, en Amérique du Nord. Ou peut-être l’Euro 2024. Ou déjà la Coupe du monde 2022. On ne sait plus très bien à quand remonte la « coupe de trop » pour Cristiano Ronaldo. Et pour cette rentrée des classes 2026-2027, le miracle n’a pas eu lieu. Contre le Pays de Galles, le 24 septembre, il est titulaire et capitaine, mais il est une fois encore poussif. Le sélectionneur le sort en cours de match. Au match suivant, contre la Norvège, Jorge Jesus le laisse alors sur le banc. Pire, il le met à l’échauffement au bord du terrain pendant trente minutes, pour finalement ne pas le faire entrer. La star portugaise a du mal à contenir sa frustration, disparaît au moment de la célébration collective et est absente de la séance d’entraînement suivante.
On n’a pas encore tout vu. Alors que se profile le match suivant, contre le Danemark, Jorge Jesus ose un coup de menton : « C’est moi qui décide. Ceux qui ont travaillé avec moi le savent. Dans un club, c’est le président qui commande, mais c’est moi qui commande l’équipe. » Il renonce ainsi à sa promesse, faite en privé au capitaine portugais, d’excuses publiques pour son manque de considération, notamment pour cet échauffement vain de trente minutes. C’est en tout cas la version d’Edu Aguirre, le journaliste de l’émission espagnole El Chiringuito très proche de la superstar portugaise.
Bullitt à Copenhague
Ni une ni deux, Cristiano Ronaldo prend ses cliques et ses claques, direction l’aéroport. Pas un mot d’au revoir pour ses coéquipiers : à peine avait-il appris la teneur des propos de la conférence de presse qu’il décidait de filer à l’anglaise. L’avion privé atterrit à Copenhague à 22 h 15, redécolle pour Madrid à 23 h 35 et s’y pose à 2 h 40. Plusieurs curieux l’attendaient dans la capitale espagnole, certains ayant même envahi la zone interdite au public. Au même moment, l’entraîneur portugais, flanqué du président de la Fédération portugaise de football, se met en tête de le rattraper et se lance dans une course-poursuite in extremis. Trop tard, l’avion est déjà parti. Il faut dire que pour la Fédération portugaise, les performances déclinantes du joueur sont presque secondaires comparées à la capacité de Ronaldo de maintenir les caméras braquées sur l’équipe. À l’inverse, se fâcher avec les fans de CR7 est risqué. Quelques heures après l’épisode danois, le compte Instagram de la sélection avait perdu un million d’abonnés. Une perte qu’il faudra bien expliquer à Sagres, célèbre marque de bière portugaise floquée sur les vestes d’entraînement de l’équipe… Quant à Jorge Jesus, ses détracteurs lui reprochent d’avoir joué à fond la carte de la « connexion » saoudienne avec Cristiano Ronaldo afin de récupérer le poste, tout en ayant l’intention de se débarrasser progressivement du quadragénaire… Contre le Danemark, Rafael Leão avait déjà récupéré le numéro 7, propriété inaliénable du joueur depuis vingt ans.
En décembre 1960, les premiers pas de la première légende du football portugais, Eusébio, furent entachés par une histoire rocambolesque : les dirigeants du Benfica furent accusés d’avoir kidnappé le footballeur tout droit débarqué du Mozambique sur le tarmac de l’aéroport afin de le subtiliser au club auquel il était promis, le Sporting. Soixante-six ans plus tard, c’est la fin de carrière d’une autre légende qui s’achève dans un aéroport, dans une scène à peine moins rocambolesque.
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