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Labous Mor : 35 ans après le naufrage, elle part sur les traces de son père

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35 ans après la disparition du coquillier Labous Mor, Solène Mulot est revenue à Port-en-Bessin (Calvados) sur les traces de son père, afin d'enfin éclairer ce drame inexpliqué.

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Éric Zévaco.et sa fille Solène.  ©Remise à la rédaction

Par Rédaction Le Bessin Publié le 1 nov. 2026 à 21h16

Le 21 février 1991, le coquillier Labous Mor disparaissait au large d’Antifer avec ses quatre hommes d’équipage, dont Éric Zévaco. Mère et grand-mère aujourd’hui, sa fille Solène Mulot n’avait que deux ans à l’époque.

35 ans plus tard, poussée par le besoin intime de retracer le parcours de ce père disparu, elle est revenue à Port-en-Bessin (Calvados) pour recueillir les souvenirs de ceux qui l’ont côtoyé.

Un naufrage toujours inexpliqué

En septembre 2026, Solène prend contact avec Lucette Schott, présidente de l’association portaise Généalogie Ma Passion. Le lien s’établit d’autant plus naturellement que Lucette et son époux connaissaient bien Éric Zévaco. Les recherches de l’association progressent rapidement, jusqu’à cette journée du dimanche 18 octobre où les deux femmes se retrouvent sur le port.

C’était important que Solène revienne là où elle est née, là où son père travaillait. Elle a ainsi pu rencontrer deux marins qui ont bien connu Éric : Coco Ménard, le dernier à l’avoir entendu à la radio le jour du drame, et Karim, qui avait navigué avec lui.

Au cours de ces échanges aussi informels que chaleureux, les récits et les anecdotes ont refait surface. Avec, au centre de toutes les pensées, les circonstances d’un naufrage toujours inexpliqué qui a brisé des familles et marqué à jamais la communauté maritime de Port-en-Bessin.

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6 h 18 : le dernier contact radio

Ce jeudi 21 février 1991, le Labous Mor, un coquillier de 9,19 mètres commandé par Bertrand Spinec, 29 ans, originaire de l’île de Sein, pêche la coquille Saint-Jacques à environ 30 milles au large d’Antifer.

Le labous More

Le labous Mor ©Remise à la rédaction

À son bord se trouvent trois autres marins : Éric Zévaco, 28 ans, Nicolas Merez, 39 ans, et Jean-Marie Anne, 22 ans.

Dans le même secteur, six autres chalutiers portais sont à la manœuvre. Sur l’eau, les conditions météo ne paraissent pas alarmantes. Le vent de sud-ouest souffle à force 5 et les équipages ont prévu de se concerter après le bulletin de 18 h 30 pour décider de faire route vers le port.

Mais le Labous Mor reste muet. Le dernier contact radio remonte à 18 h – c’est Coco Ménard qui a capté sa voix une ultime fois. Vers 19 h, les marins tentent de joindre à nouveau le coquillier par VHF et CB. En vain. Son feu n’est plus visible à l’horizon et son écho a disparu des radars.

solène Mulot et Coco Mesnard

Solène Mulot et Coco Mesnard, le dernier marin à avoir entendu Éric Zévaco à la radio le jour du drame.  ©La Renaissance 

Pris d’inquiétude, les chalutiers commencent à quadriller la zone avant de donner l’alerte au sémaphore de Port-en-Bessin à 20 h 30. Les secours s’organisent dans la nuit avec le survol d’un hélicoptère de la société Héli Services, rejoint par d’importants moyens nautiques et aériens.

Un mystèreresté intact

Les recherches se poursuivent plusieurs jours durant, mais ne dépasseront pas le stade des espoirs déçus.

Seules quelques caisses estampillées de la criée de Port-en-Bessin et un débris de bois sont repêchés. Aucun des quatre marins ne reparaîtra.

Au fil des jours, de nombreuses hypothèses sont soulevées pour expliquer cette tragédie instantanée : le blocage d’une drague accrochée au fond ayant entraîné le chavirage immédiat du bateau, la percussion d’un tronc d’arbre dérivant, ou encore la collision avec un cargo ou un ferry… mais aucun indice ne permet de trancher.

Un chasseur de mines de la Marine nationale est même déployé sur les lieux pour sonder les fonds au sonar, épaulé par des plongeurs et un robot sous-marin. Les enquêteurs espèrent que la découverte de l’épave apportera enfin des réponses.

35 ans plus tard, le mystère demeure entier. Pour les familles des victimes, la douleur de la disparition s’accompagne toujours de cette cruelle absence de certitude.

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