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Coquille saint-jacques en Baie de Seine les pêcheurs peinent à remplir leurs quotas : à quel prix sera-t-elle vendue ?

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Malgré des conditions de pêche encadrées, les marins peinent à atteindre leurs quotas. En cause, une ressource moins abondante sur les secteurs ouverts et une météo défavorable.

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Ouverture Baie de Seine 2026

La campagne est soumise à des plafonds de captures qui varient selon la longueur des navires. ©Sophie QUESNEL

Par Sophie Quesnel Publié le 3 nov. 2026 à 21h47

Deux jours après l’ouverture de la pêche à la coquille Saint-Jacques en Baie de Seine, le bilan est loin d’être aussi satisfaisant qu’il pourrait le laisser penser. À bord du Mistradenn, Guillaume Goulias ne cache pas une certaine déception. Les prises sont là, mais elles ne permettent pas aux pêcheurs d’atteindre les quantités auxquelles ils peuvent prétendre. « On fait seulement les trois quarts du quota », explique le patron pêcheur de Trouville-sur-Mer (Calvados)

Car la campagne est soumise à des plafonds de captures qui varient selon la longueur des navires. Dans les gisements classés, les bateaux de moins de 10 mètres peuvent débarquer jusqu’à 1 000 kg, ceux de 10 à 12 mètres 1 500 kg, ceux de 12 à 15 mètres 1 800 kg et les plus grands 2 000 kg. Encore faut-il trouver suffisamment de coquilles pour remplir les caisses.

Les pêcheurs espèrent donc pouvoir compléter leurs prises lorsque d’autres secteurs seront accessibles. Pour les deux premières semaines de campagne, le temps de pêche est limité à 1 h 30 en Baie de Seine. Sur la bande côtière, il est fixé à cinq heures ou 3 h 30, selone la zone. Autant de paramètres qui conditionnent les possibilités de capture.

La météo complique les premières sorties

À ces contraintes réglementaires s’ajoutent des conditions météorologiques peu favorables. Au large de Port-en-Bessin, les creux atteignent deux mètres. Les vents n’étant pas favorables, plusieurs équipages ont préféré rester près de leurs zones habituelles plutôt que de s’aventurer plus loin au large.

Un choix qui se comprend lorsqu’on mesure les distances à parcourir. Certains bateaux doivent compter cinq heures de navigation à l’aller, autant au retour. Avec une mer difficile, le tri de la pêche et une vitesse de navigation réduite, les journées deviennent particulièrement longues.

Les derniers bateaux sont rentrés hier. Ils ont dû mettre sept heures pour revenir,

En restant plus près des côtes, le Mistradenn limite toutefois sa consommation de carburant. Et lorsque les coquilles sont au rendez-vous, les rendements peuvent être importants. « Pour faire une tonne, on mettait douze heures il y a quinze jours. Là, on la fait en une heure et demie. »

Un prix encore bas à la première vente

Reste la question de la rémunération. Mardi 3 novembre, la coquille se négociait à 3,70 € le kilo chez le mareyeur. Un prix qui laisse les pêcheurs sur leur faim, compte tenu des charges et des frais d’exploitation. « Quand on a un prix comme ça, on espère faire 500 kg. À 3,70 €, les sommes finissent par compter à la fin de la semaine, sur quatre marées. »

Saint-Jacques Novembre 2026

Sur les étals, le consommateur retrouve déjà des prix plus élevés. ©Sophie QUESNEL

Sur les étals, le consommateur retrouve déjà des prix plus élevés. Au marché aux poissons, à deux pas du quai, la coquille entière était affichée à 8,90 € le kilo, avec une offre à 24 € les trois kilos. Chez le poissonnier, Guillaume Goulias estime que le prix pourrait atteindre 6 à 7 € le kilo, selon les circuits de commercialisation.

Malgré cette ouverture décevante, le patron du Mistradenn ne se montre pas alarmiste pour les fêtes de fin d’année. Il pense que les bateaux finiront par trouver leurs zones de pêche et que les apports devraient progressivement s’améliorer. Il ne s’attend pas à des prix supérieurs à ceux de l’année dernière.

Une petite coquille qui pourrait annoncer une meilleure saison

L’autre observation des premières marées concerne la taille des coquilles. Les pêcheurs ont constaté une proportion importante de petits spécimens, parfois sous la taille réglementaire. « Hier, il y en avait énormément. On avait peut-être la moitié de la pêche en petites coquilles. Aujourd’hui, il y en avait encore beaucoup », observe-t-il.

Un constat qui laisse présager une saison moins abondante en coquilles commercialisables. Mais Guillaume Goulias y voit aussi une perspective encourageante pour l’avenir. Ces petites coquilles pourraient constituer les belles prises de la campagne 2027-2028.

Après presque 20nans de métier, le pêcheur porte d’ailleurs un regard plutôt positif sur la gestion de la ressource. « La coquille est bien gérée. C’est de mieux en mieux chaque année. »

Pour l’heure, les marins attendent surtout de pouvoir accéder à de nouveaux secteurs et de retrouver des conditions météo plus favorables. Deux conditions indispensables pour espérer atteindre leurs quotas et retrouver une campagne économiquement satisfaisante.

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