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Life 04/07/2026 17:30
Soutenir une équipe sportive pendant des matchs à suspense n’est pas de tout repos. Des scientifiques américains ont mis un mot sur cette sensation.

FRANCK FIFE / AFP
Les supporters français (ici à Philadelphie avant le match France-Irak) aussi sont soumis au stress pendant les matchs de la Coupe du monde.
Contre la Suède, l’équipe de France a préféré ravir ses supporters par le jeu plutôt que leur offrir une rencontre à suspens. Espérons qu’il en soit de même ce samedi 4 juillet avec le huitième de finale contre le Paraguay. Mais au regard des qualités de l’adversaire du jour, on pourrait aussi assister à une rencontre fermée mettant les nerfs des fans à rude épreuve.
Ce phénomène, parfois surnommé « fanxiety » – la contraction de fan (supporter) et anxiety (anxiété) – est loin d’être anodin. Aux États-Unis, les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès chez les adultes ; ils sont la deuxième (après les cancers en France). Or, plusieurs études montrent que les accidents cardiaques augmentent pendant, et immédiatement après, les grandes compétitions sportives.
Les matchs serrés sont les plus risqués
Une étude publiée en 2022 dans la revue Current Problems in Cardiology a analysé plusieurs travaux consacrés aux effets du visionnage d’événements sportifs sur la santé cardiovasculaire. Les chercheurs ont constaté que les supporters les plus passionnés de football, de rugby, de football américain ou de baseball présentent un risque accru d’accident cardiovasculaire, en particulier lorsque les rencontres sont très disputées et se jouent dans les derniers instants d’une compétition. Une autre étude menée en Croatie a montré que les hospitalisations pour problèmes cardiovasculaires avaient augmenté de 15 % pendant et juste après les rencontres disputées par l’équipe nationale lors de la Coupe du monde.
Ce risque est encore plus élevé chez les personnes souffrant déjà d’une maladie coronarienne. « Les matchs sont beaucoup moins stressants lorsqu’une équipe mène largement, explique le docteur Miguel Maturana, cardiologue au Houston Methodist Hospital et principal auteur de cette étude américaine. En revanche, lorsque tout se décide dans les dernières minutes, c’est là que l’on observe le plus de facteurs déclenchant. Les phases finales des compétitions, quel que soit le sport, suscitent des émotions particulièrement fortes, et ce sont ces supporters qui sont les plus exposés. »
Quand les émotions mettent le cœur sous pression
Les auteurs de l’étude vont jusqu’à conclure qu’il vaut mieux être un spectateur modérément impliqué qu’un supporter fanatique lorsqu’il s’agit de protéger son cœur. Dans les services d’urgence situés à proximité des stades, les médecins observent régulièrement une hausse des admissions pendant les grands événements sportifs.
« Nous recevons des patients souffrant d’hypertension artérielle, d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus du myocarde, de tachycardies, de fibrillation auriculaire, voire d’arrêts cardiaques brutaux », reprend le médecin.
Lors d’un match particulièrement intense, le stress provoque une importante libération d’adrénaline et d’autres hormones. Cette réaction accélère le rythme cardiaque et augmente la pression artérielle. Parallèlement, le sang est redistribué vers les muscles au détriment d’autres organes. Chez une personne présentant déjà des dépôts de cholestérol dans les artères, cette montée brutale de stress peut favoriser la survenue d’un accident vasculaire cérébral ou d’un infarctus.
« Lorsque l’adrénaline monte, le cœur doit fournir un effort supplémentaire. Un cœur fragilisé supportera beaucoup moins bien cette augmentation soudaine de la demande », explique Matthew Tomey, cardiologue au Mount Sinai Fuster Heart Hospital de New York. Selon lui, la majorité des infarctus surviennent lorsqu’une plaque de cholestérol présente dans une artère se rompt. Or, un épisode de stress intense peut précisément déclencher cette rupture.
Mieux vaut ne pas regarder le match seul
L’ambiance des stades ne favorise pas non plus une bonne santé cardiovasculaire. Les supporters consomment souvent des aliments très salés, comme des hot-dogs ou des bretzels, tout en buvant davantage d’alcool que d’habitude. Ces excès peuvent également perturber le fonctionnement du système cardiovasculaire.
Les cardiologues tiennent toutefois à relativiser. La très grande majorité des supporters traversent ces montagnes russes émotionnelles sans la moindre conséquence médicale. « Il ne faut pas que les fans aient peur de regarder un match », insiste le docteur Maturana conscient qu’il est peu réaliste de demander à un supporter passionné de vivre un match décisif avec détachement.
En revanche, il est important de savoir que les risques existent, notamment si l’on souffre déjà d’une maladie cardiovasculaire, d’hypertension artérielle ou si l’on a déjà été victime d’un AVC. Les spécialistes recommandent d’abord de faire le point sur sa santé cardiovasculaire avec son médecin, surtout si l’on présente des facteurs de risque. « Beaucoup de personnes connaissent finalement assez mal l’état réel de leur cœur, rappelle le docteur Tomey. C’est une bonne occasion de demander à son médecin où l’on en est et ce que l’on peut faire pour réduire les risques. »
Pendant le match, mieux vaut également éviter de rester seul. « Il est beaucoup plus dangereux de faire un malaise cardiaque seul chez soi qu’entouré de proches », souligne le cardiologue. Si un problème survient, une personne présente pourra reconnaître les symptômes et appeler rapidement les secours. « Si, pendant le match, vous ressentez une sensation nouvelle et inhabituelle au niveau de la poitrine ou dans ses alentours, il est important de ne pas l’ignorer », insiste le docteur Tomey.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en juin 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.


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