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Un homme a été condamné au mois de juillet 2026 par le tribunal de Cherbourg (Manche). Il a ainsi été reconnu coupable de maltraitance à l’encontre de ses deux filles.
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Par Rédaction La Presse de la Manche Publié le 15 juil. 2026 à 18h02
Le portrait que fait Me Eva Morin de l’homme à la barre convoqué pour violences commises sur ses deux filles, mineures de moins de 15 ans, est sans ménagement : « Un alcoolique, frustré, tyrannique et qui tape et insulte ses filles ».
L’avocate qui épaule les « deux petites » comme elle les qualifie, n’avait pas l’intention de le lâcher. « Quand vous êtes soûl, vous ne frapperiez pas des hommes, ils se défendraient. Et quand vous êtes soûl et que vous frappez vos filles, est-ce parce qu’elles sont sans défense ? » L’homme reconnaît dans un murmure.
Coups, menaces, insultes
La trentaine maigreuse, l’homme répond de maltraitance sur ses deux filles au long de cinq années, entre avril 2020 et avril 2025, cinq années pendant lesquelles, les enfants qui venaient chez lui dans le cadre de la garde alternée prononcée depuis sa séparation d’avec leur mère, se faisaient agresser verbalement et physiquement.
L’une d’elles est née de sa relation avec sa compagne, l’autre fille n’est pas de lui, même s’il l’a reconnue, « pour lui apporter protection et sécurité ». Pourtant, alors que celle-ci n’avait que 5 ans, lorsqu’elle était espiègle, il agitait la menace d’appeler son « géniteur » pour qu’il la reprenne, un homme qu’on lui avait décrit comme un ogre, ce qui la laissait terrorisée. « Faire peur à un enfant, c’est une violence », a insisté Me Morin en s’adressant à lui. Tête basse, il a reconnu.
Les insultes sont venues plus tard, alors qu’elles avaient 10 et 12 ans : « putes », « connasses » entre les coups qui pleuvaient. Et pour les achever, il leur disait que leur mère était une « traînée ». L’homme, alcoolique, était aussi sous l’emprise du cannabis. « Tous les jours », se souviennent les filles.
Les dommages
« Quand j’ai pris connaissance des faits, avoue Me Morin, j’ai été très touchée par les réactions des deux filles. »
Quand on demande à celle qui a été le plus marquée par les violences du prévenu : quand on vous frappe, est-ce normal ? Elle répond : ça dépend. Finalement, c’est normal de se faire maltraiter, insulter…
Psychologiquement, les dommages ont été importants. « Aller en classe avec le sentiment d’être connasses, comment n’être pas affecté dans sa scolarité ? », fait remarquer Me Morin. « Aujourd’hui, comment envisagent-elles leur avenir ? De ce procès, il faut qu’elles retiennent que rien n’est justifié. » Tous préjudices confondus, l’avocate demande un dédommagement de 2 000 € par enfant, au nom de l’ACJM (Aide aux victimes, citoyenneté, justice et médiation).
« Ce qui est anormal c’est la violence, a rappelé le procureur lors de ses réquisitions. Alors que le foyer est censé être un lieu de protection, il devient une cloche sous laquelle se développent des violences répétées. On ne peut pas grandir dans un cadre où l’on a peur, où l’on est victime. Ce que le prévenu a fait de son autorité n’est pas rassurant. Il a du chemin à faire pour qu’il le comprenne. »
Le magistrat a proposé en réponse pénale à ces violences de longue durée une peine d’un an de prison dont dix mois avec un sursis probatoire. Le tribunal a condamné le prévenu à 12 mois de détention sous contrôle électronique, avec obligation de soins. Il devra à chacune des filles une somme de 2 000 €.
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