Les vacances d’été sont souvent synonymes de pause. Mais lorsque son psychologue ou son psychiatre s'absente plusieurs semaines, cette interruption peut être difficile à vivre. Pour certains patients, elle réveille des angoisses bien plus profondes qu'un simple contretemps dans l'agenda.

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:00 - Temps de lecture :

  • « Les vacances du thérapeute ne sont pas anodines », rappelle Vincent Joly, psychologue à Paris. « Elles peuvent provoquer des angoisses d’abandon chez les patients, en particulier chez ceux qui ont besoin de s’appuyer sur un lien sécurisant dans le temps. » Les enfants, les adolescents, mais aussi certains adultes fragilisés, peuvent alors se sentir déstabilisés, surtout lorsque la coupure dure un mois en été.Photo Adobe Stock

    « Les vacances du thérapeute ne sont pas anodines », rappelle Vincent Joly, psychologue à Paris. « Elles peuvent provoquer des angoisses d’abandon chez les patients, en particulier chez ceux qui ont besoin de s’appuyer sur un lien sécurisant dans le temps. » Les enfants, les adolescents, mais aussi certains adultes fragilisés, peuvent alors se sentir déstabilisés, surtout lorsque la coupure dure un mois en été.

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  • Cette rupture peut parfois avoir des conséquences concrètes. Certaines personnes se retrouvent plus seules face à leurs difficultés et compensent par des comportements à risque, comme la consommation d’alcool ou de cannabis, des troubles du comportement alimentaire, ou plus simplement un repli sur soi. « Le risque est de réactualiser des angoisses anciennes, comme si l’abandon se répétait », explique le psychologue.Photo Adobe Stock

    Cette rupture peut parfois avoir des conséquences concrètes. Certaines personnes se retrouvent plus seules face à leurs difficultés et compensent par des comportements à risque, comme la consommation d’alcool ou de cannabis, des troubles du comportement alimentaire, ou plus simplement un repli sur soi. « Le risque est de réactualiser des angoisses anciennes, comme si l’abandon se répétait », explique le psychologue.

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  • L’enjeu est donc d’anticiper. Avant son départ, le thérapeute a tout intérêt à préparer cette période avec son patient. « Il faut permettre au patient de dire que ce n’est pas rien. Mettre des mots sur ce qu’il ressent est déjà une façon de traverser cette séparation. » Pour les personnes les plus vulnérables, il peut être utile de prévoir un relais en transmettant les coordonnées d’une consœur ou d’un confrère, des numéros d’écoute ou les ressources à mobiliser en cas de difficulté.Photo Adobe Stock

    L’enjeu est donc d’anticiper. Avant son départ, le thérapeute a tout intérêt à préparer cette période avec son patient. « Il faut permettre au patient de dire que ce n’est pas rien. Mettre des mots sur ce qu’il ressent est déjà une façon de traverser cette séparation. » Pour les personnes les plus vulnérables, il peut être utile de prévoir un relais en transmettant les coordonnées d’une consœur ou d’un confrère, des numéros d’écoute ou les ressources à mobiliser en cas de difficulté.

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« Les vacances du thérapeute ne sont pas anodines », rappelle Vincent Joly, psychologue à Paris. « Elles peuvent provoquer des angoisses d’abandon chez les patients, en particulier chez ceux qui ont besoin de s’appuyer sur un lien sécurisant dans le temps. » Les enfants, les adolescents, mais aussi certains adultes fragilisés, peuvent alors se sentir déstabilisés, surtout lorsque la coupure dure un mois en été.

Cette rupture peut parfois avoir des conséquences concrètes. Certaines personnes se retrouvent plus seules face à leurs difficultés et compensent par des comportements à risque, comme la consommation d’alcool ou de cannabis, des troubles du comportement alimentaire, ou plus simplement un repli sur soi. « Le risque est de réactualiser des angoisses anciennes, comme si l’abandon se répétait », explique le psychologue.

Anticiper

L’enjeu est donc d’anticiper. Avant son départ, le thérapeute a tout intérêt à préparer cette période avec son patient. « Il faut permettre au patient de dire que ce n’est pas rien. Mettre des mots sur ce qu’il ressent est déjà une façon de traverser cette séparation. » Pour les personnes les plus vulnérables, il peut être utile de prévoir un relais en transmettant les coordonnées d’une consœur ou d’un confrère, des numéros d’écoute ou les ressources à mobiliser en cas de difficulté.

Le patient a, lui aussi, un rôle à jouer. Il ne faut pas hésiter à dire à son thérapeute que cette interruption inquiète ou attriste. En parler avant le départ, puis au retour, permet souvent de transformer ce vécu en objet de travail thérapeutique plutôt que de le subir. Pour garder un fil pendant l’été, certains trouvent utile de tenir un journal intime. D’autres choisissent d’écrire, le jour où aurait dû avoir lieu la séance, comme s’ils s’adressaient à leur thérapeute. C’est une manière de poursuivre le dialogue intérieur et de maintenir une continuité.

Cette période est parfois d’autant plus délicate pour les personnes qui ne partent pas en vacances et continuent à travailler tout l’été. Quand l’entourage est absent et que les rendez-vous habituels disparaissent, le sentiment de solitude peut s’accentuer. Préparer cette parenthèse en amont permet alors d’en faire une étape de la thérapie plutôt qu’une épreuve supplémentaire.

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