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DÉCRYPTAGE – Utilisé en faux 9 et de nouveau décisif au Havre (0-1) samedi dernier, l’ancien Lyonnais est, avant d’affronter Monaco ce vendredi (20h45), le meilleur buteur parisien en Ligue 1... en dépit de sa maladresse chronique.
Docteur Jekyll et Mister Barcola. Recruté en 2023 pour 50 M€ après seulement six bons mois à Lyon, son club formateur, Bradley Barcola fait partie des joueurs sur lesquels Luis Enrique compte. Certes, il n’est pas forcément titulaire quand le technicien espagnol de 55 ans dispose de toutes ses forces vives, et notamment du trio Dembélé/Kvaratskhelia/Doué, mais le natif de Lyon a la cote. Et pas seulement auprès de «Lucho» d’ailleurs, mais aussi de Didier Deschamps, qui s’appuie régulièrement sur lui en Bleu.
Il faut dire que l’attaquant international tricolore (18 sél., 3 buts) de 23 ans a tout pour plaire : doté d’une pointe de vitesse dévastatrice et d’une belle technique, il est capable de faire d’énormes différences sur son côté gauche. Avaleur d’espaces. Le tout en ne rechignant pas le moins du monde en ce qui concerne les efforts défensifs. Un ailier moderne, parfaitement adapté aux idées de jeu de l’ancien sélectionneur espagnol. Il y a toutefois un «mais».
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Un an sans but en Ligue des champions
S’il n’est pas farfelu de dire qu’il fait partie des meilleurs du monde dans les aspects précédemment évoqués de son jeu, Barcola est (beaucoup) moins à son avantage dans le dernier geste, moins à l’aise dans la surface de réparation, moins présent dans la zone de vérité. C’est tout le paradoxe de ce garçon aussi ébouriffant que frustrant. Le tout sans oublier qu’il a tendance à avoir les yeux qui tremblent encore davantage en Ligue des champions. Passeur décisif en finale contre l’Inter (5-0) et lors de trois matchs européens depuis le début de la saison (Atalanta, Leverkusen, Monaco), le numéro 29 parisien n’a plus trouvé le chemin des filets en «Champions’» depuis... le 19 février 2025, contre Brest (7-0). Une éternité. Et pourtant, ce n’est pas par manque de temps de jeu et encore moins d’occasions nettes de marquer...
Il ne faut pas compter sur Luis Enrique pour l’enfoncer. «Bradley critiqué ? Ce n’est pas que lui, c’est le cas de tout le monde au PSG, c’est normal, ironisait-il avant le retour face à l’ASM (2-2). C’est pour cela qu’on joue ici. Il faut s’y habituer... Pour Bradley et tous les attaquants, ce sont de très bons joueurs, avec beaucoup de personnalité. Les critiques, c’est comme cela que les choses fonctionnent dans un très bon club. L’année dernière et cette saison, il a montré sa personnalité, son caractère, il va très vite. Il peut encore progresser techniquement. Je suis content de tous mes attaquants», ajoutait l’ex-coach du Barça, qui aurait aussi pu citer la fiabilité de son numéro 29, apparu lors de 35 des 39 matchs de la saison. 2202 minutes, le troisième le plus utilisé.
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La maladresse, le manque de justesse et de précision, des maux qui frappent également Bradley Barcola dans les joutes nationales. Mais moins. Les chiffres sont là, en forme de paradoxe, encore : c’est le meilleur buteur parisien en Ligue 1 avec neuf réalisations, devant Ousmane Dembélé (8). C’est d’ailleurs lui qui a délivré le PSG au Havre (0-1) samedi dernier. Succès qui a permis aux Rouge et Bleu de creuser un écart de quatre points au classement sur leurs dauphins lensois avant de recevoir Monaco ce vendredi (20h45, Ligue 1+), en ouverture de la 25e journée, et Chelsea en C1.
C’est une nouvelle position pour (Barcola). Il en fait en sorte qu’on peut le revoir en tant que numéro 9 à l’avenir.
Luis EnriqueD’autant plus paradoxal que Barcola avait été aligné en tant que faux 9 en Normandie. À contre-emploi, donc. Un poste qu’il a toutefois déjà occupé dans sa jeunesse et très ponctuellement à Paris. Il a d’abord eu du mal à se situer, avant de prendre la mesure de la tâche et donc de faire trembler les filets, de la tête, sur un amour de ballon de Kang-in Lee. Contre Metz (3-0), il avait déjà gonflé ses statistiques en marquant de la tête. «Je sais que quand Kang-In entre dans l’axe, il sait faire ce petit centre, quand je l’ai vu je me suis dit que ça pouvait arriver, et après je reprends bien de la tête», a décrypté l’intéressé, par ailleurs satisfait de la récolte de ces «trois points importants».
Et Bradley Barcola de poursuivre : «On savait qu’on devait gagner avec les résultats qu’il y avait eus avant ce match (nul 1-1 entre Strasbourg et Lens , NDLR). Le coach avait bien insisté là-dessus avant la rencontre. On fait un bon match, on aurait pu marquer plus de buts, mais on va retenir la belle victoire».
Une victoire pas forcément brillante, le PSG ne l’est que rarement ces dernières semaines, mais ça comptera peut-être cher en fin de saison. Et ce n’est pas plus mal pour la confiance en vue des huitièmes de finale de Ligue des champions et de la double confrontation face à Chelsea, mercredi prochain (21h) au Parc des Princes et le 17 mars, à Stamford Bridge. Deux matchs cruciaux lors desquels Luis Enrique pourra, sans doute, compter sur Ousmane Dembélé pour ce rôle de faux 9 si particulier et difficile à interpréter. «C’est une nouvelle position pour (Bradley). Il a fait un très bon match, il a marqué, a été très mobile. Il en fait en sorte qu’on peut le revoir en tant que numéro 9 à l’avenir», avait analysé le technicien des Asturies après Le Havre-PSG, lui qui a déjà essayé de nombreux joueurs dans cette position («Kvara», Doué, Lee...), outre le seul «vrai» 9 de l’effectif, Gonçalo Ramos.
Joue-la comme Dembélé
Faute de grives, on mange des merles. Si on était amené à revoir Barcola dans ce rôle, ce ne serait que par défaut, parce qu’aucun autre prétendant n’a donné satisfaction derrière «Dembouz». Peut-être devra-t-il de nouveau s’y coller ce vendredi, face aux Monégasques. Ousmane Dembélé fera son retour dans le groupe, mais pas forcément dans le 11 de départ.
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Toutefois, personne ne doute que c’est sur l’aile que Bradley Barcola peut le mieux exprimer ses immenses qualités. S’il doit prendre exemple sur Ousmane Dembélé, ce n’est pas tant dans son recentrage au cœur de l’attaque que dans sa faculté à régler la mire, même si, comme le dit Luis Enrique, «ce n’est pas correct de comparer les joueurs, ils sont tous différents. Bradley a eu beaucoup de minutes, il a joué beaucoup de matchs et a très bien joué. Il peut jouer partout, à toutes les positions en attaque. Je suis content de ce que je vois. Évidemment, on attend encore mieux», assure-t-il. Autrefois connu pour ses aptitudes à déséquilibrer et son inefficacité devant le but, «Dembouz» a bien fait sa mue à 27 ans. Pourquoi pas Bradley Barcola ?


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