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Une résolution condamnant Israël pour sa politique qualifiée « d’apartheid » et de « génocide » envers les Palestiniens sera débattue au prochain conseil municipal de Montréal. Cette motion, présentée par Projet Montréal, appelle la Ville à suspendre ses relations avec l’État hébreu jusqu’à ce qu’il « mette fin à ses violations du droit international », a appris Le Devoir.
L’ancien parti de Valérie Plante, qui forme désormais l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, compte soumettre cette motion de solidarité au peuple palestinien lors de la prochaine séance du conseil municipal, le lundi 15 juin. Le texte, que Le Devoir a obtenu, condamne aussi les attaques terroristes du Hamas contre des civils israéliens, commises le 7 octobre 2023, qui ont entraîné la mort d’environ 1200 personnes — et mené à la capture de 250 otages.
De plus, la motion de Projet Montréal « réaffirme que les communautés juives de Montréal et d’ailleurs ainsi que les personnes d’origine israélienne ne sauraient être tenues responsables des actions de l’État d’Israël et que ces communautés font elles-mêmes face à une montée préoccupante de l’antisémitisme ».
La cheffe de Projet Montréal, Ericka Alneus, reconnaît que cette motion sur le conflit au Proche-Orient aborde un sujet « sensible » et extrêmement chargé politiquement. L’élue municipale affirme toutefois qu’elle ne peut plus « garder le silence » devant l’ampleur des attaques israéliennes contre la population de la bande de Gaza. Plus de 73 000 personnes ont péri sous les bombes et les tirs d’artillerie israéliens depuis deux ans et demi. La majorité des infrastructures du territoire ont été détruites.
« Ça doit cesser. […] On a une responsabilité comme élus quand des experts, quand des journalistes sur le terrain nous rapportent ça, de ne pas détourner le regard », dit Ericka Alneus, dans son bureau à l’hôtel de ville de Montréal.
Chez Projet Montréal, on indique en privé que l’ancienne mairesse refusait de prendre position publiquement dans ce conflit. Le débat a refait surface au sein du parti lors de la campagne électorale de l’automne dernier. Les échanges ont été musclés.
Accusations de génocide
Ericka Alneus rappelle que des organisations internationales de défense des droits de la personne, comme Amnistie internationale et Human Rights Watch, ainsi que des experts de l’International Association of Genocide Scholars et du Lemkin Institute for Genocide Prevention, qualifient les actions du gouvernement d’Israël en Palestine de génocide, d’actes de génocide ou de crime d’extermination.
Israël fait aussi l’objet d’accusations de génocide devant la Cour internationale de justice. De son côté, la Commission internationale indépendante chargée d’enquêter dans le territoire palestinien occupé a conclu qu’Israël commet un génocide contre les Palestiniens à Gaza.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a déclaré que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, serait arrêté s’il mettait les pieds au pays, parce qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Un organisme juif indigné
Le Centre pour Israël et les affaires juives (CIJA, en anglais) a dénoncé la motion de Projet Montréal sur le conflit entre Israël et la Palestine. « Si cela se confirme, pendant que des millions de Montréalais s’inquiètent de manquer d’eau potable cet été et font face à de vrais enjeux locaux, comme l’explosion de l’itinérance, la priorité de Projet Montréal serait donc d’importer dans nos rues un conflit étranger. Le parti démontrerait encore une fois qu’il pense davantage à contenter une frange de militants radicaux que de s’occuper de la population montréalaise », a indiqué par écrit Eta Yudin, vice-présidente de CIJA.
En dénonçant les attaques d’Israël contre les Palestiniens, Ericka Alneus dit s’inspirer de l’ancien maire de Montréal, Jean Doré, qui s’était opposé à l’apartheid sud-africain en 1989.
Le conseil municipal a adopté au fil des ans une série de résolutions portant sur des questions internationales, dont des violations des droits de la personne en Iran, en Haïti, au Rwanda. Les élus montréalais ont aussi condamné l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Les diplomates russes ne sont plus invités aux événements protocolaires municipaux. Projet Montréal appelle désormais à cesser d’inviter des diplomates israéliens.
La Ville de Montréal a aussi adopté en mars dernier une déclaration en soutien aux victimes civiles des attaques d’Israël et des États-Unis au Liban et en Iran. Cette fois, Projet Montréal se montre solidaire des victimes civiles du conflit dans tous les pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient, y compris en Israël.
Le cabinet de la mairesse, Soraya Martinez Ferrada, a indiqué qu’elle réagira à cette motion lors de la séance du conseil, le 15 juin.
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