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La reconnaissance de la Palestine par la France le 22 septembre 2025 n’a pas changé grand-chose. La dynamique voulue par Emmanuel Macron s’est heurtée à sa volonté de ménager Israël, qui refuse toujours la création d’un État palestinien.
Luc Chaillot - Aujourd'hui à 07:10 - Temps de lecture :
Il y a un an, la France prenait une initiative diplomatique remarquée en reconnaissant la Palestine, lors de l’assemblée générale des Nations unies. Le coup d’éclat d’Emmanuel Macron aura été de courte durée. Un an plus tard, la création d’un État palestinien semble toujours aussi utopique à cause de l’hostilité d’Israël, même si le Premier ministre Benjamin Netanyahou perd les élections du 27 octobre prochain. Une victoire de l’opposition n’y changerait rien car les massacres du 7-Octobre ont enterré l’idée d’une solution à deux États.
La France avait entraîné une dizaine de pays, mais Emmanuel Macron n’est pas allé plus loin dans le rapport de force avec Israël. « La dynamique que devait impulser cette reconnaissance s’est arrêtée très vite car rien n’a été mis en œuvre pour rendre possible les conditions de la création d’un État palestinien. Elle s’est fracassée contre le mur de l’intransigeance israélienne », constate Agnès Levallois, présidente de l’Institut de recherche et d‘études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO).
En novembre 2025, Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, deux mois après la reconnaissance de la Palestine par la France. Photo Sipa/J.E.E.
« Des gages donnés à Israël »
Face aux menaces d’Israël, le président français a privilégié la voie de l’apaisement en cherchant à ménager l’État hébreu. « La France, qui n’a pas voulu assumer la vive réaction israélienne, n’a eu de cesse de vouloir donner des gages à Israël. On retrouve là le "en même temps" de Macron qui ne permet pas de créer un cercle vertueux afin de trouver une solution au conflit israélo-palestinien », observe Agnès Levallois. La France a même appelé à la démission de Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires occupés devenue la bête noire du gouvernement israélien après l’avoir accusé de génocide à Gaza.
La France a ensuite attendu que le Royaume-Uni interdise l’importation de produits issus des colonies de Cisjordanie pour prendre à son tour la même décision. La riposte d’Israël à ces sanctions commerciales a d’ailleurs surtout visé Londres, qui doit fermer son consulat à Jérusalem après avoir évoqué un « nettoyage ethnique » dans les territoires occupés.
Des élections en novembre ?
Malgré l’absence de progrès dans le projet de création d’un État palestinien, la France continue d’œuvrer à l’application du plan franco-saoudien qui prévoit une réforme en profondeur de l’Autorité palestinienne. Une nouvelle Constitution est en chantier et des élections législatives devraient se tenir le 28 novembre prochain, pour la première fois depuis 20 ans. Les obstacles sont cependant nombreux. « l y a un fossé abyssal entre le souhait légitime de ces élections et la réalité sur le terrain, avec des colons israéliens débridés et lourdement armés par les ministres israéliens d’extrême droite. La priorité devrait être l’arrêt de la colonisation », estime Agnès Levallois.
L’incertitude est encore plus grande pour l’élection présidentielle prévue en 2027. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, ne veut pas passer la main, même s’il est très impopulaire et qu’il a 90 ans. Israël menace aussi le scrutin en refusant de libérer Marwan Barghouti, le seul candidat crédible. « Il a la légitimité nécessaire auprès des Palestiniens. La France et la communauté internationale doivent faire pression sur Israël pour qu’il sorte de prison », insiste la présidente de l’iReMMO.


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