Troisième jour du procès en appel. Pierin Vincenz, qui ne doit plus se prêter aux questions des juges de la Cour suprême de Zurich, paraît moins crispé que la veille. Assis au premier rang de la salle, l’ex-directeur général de Raiffeisen, en costume gris aux discrets carreaux et chemise blanche, semble suivre attentivement les échanges. Et comme au Tribunal de première instance en 2022, il vide une bouteille de coca après l’autre au fur et à mesure que les températures montent dans la salle.
«Je vous remercie de respecter scrupuleusement l’horaire», dit le juge Christian Prinz lorsque l’audience commence à 8h. Après l’interrogatoire de la veille des deux principaux accusés de cette affaire, Pierin Vincenz et Beat Stocker, l’ancien dirigeant d’Aduno, une filiale de Raiffeisen, c’est au tour des trois autres prévenus de venir témoigner. Stéphane Barbier-Mueller, Andreas Etter et Ferdinand Locher, aux parcours de vie très différents, ont un point en commun. Ils sont tous les trois fondateurs ou actionnaires de sociétés: respectivement Genève Credit & Leasing (GLC), Investnet et Eurocaution. Et Beat Stocker et Pierin Vincenz ont acquis des parts dans les firmes de ces trois hommes, sans que leur employeur le sache. Par la suite, les deux principaux prévenus de cette affaire se seraient enrichis illicitement lorsque Raiffeisen a acquis ou investi dans ces sociétés. Les trois entrepreneurs ont été condamnés à des peines pécuniaires avec sursis dans cette affaire. Ils ont fait recours contre cette décision prononcée par une cour en première instance. Ce qui implique que la présomption d’innocence continue de prévaloir.


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