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Une agente de probation a admis mardi au palais de justice de Rouyn-Noranda avoir rédigé son rapport présentenciel sur James Testa sans même avoir consulté le verdict rendu contre lui.
C’est ce qui ressort des observations sur la peine, une étape des procédures censée aider à déterminer la sentence qui sera imposée à l’homme de 57 ans. Il a été reconnu coupable en décembre dernier de 19 des 33 chefs d’accusation qui pesaient contre lui, dont traite de personnes et agression sexuelle. Les autres chefs recoupent des délits de voies de fait causant des lésions ou encore d’agression armée.
Outre l’absence du verdict, le rapport présentenciel a été produit sans tenir compte de la décision de la juge ni des échanges survenus pendant le procès. L’agente de probation Martine Lanthier est venue justifier les limites de son évaluation en montrant du doigt les délais imposés par le ministère de la Sécurité publique du Québec.
Dans un monde idéal, l’agent de probation aurait le temps de prendre connaissance de tout ce qui s’est dit dans le dossier, de toutes les démarches dans le dossier et de tout ce qui s’est dit dans la salle de cour, a-t-elle expliqué.
Malheureusement, dans les faits, le ministère nous accorde [une moyenne de] 12 heures pour effectuer un rapport présentenciel. Donc, on limite nos sources d’information.
Faute de temps, Martine Lanthier s’est appuyée sur des entrevues avec l'accusé et son entourage, des articles de presse, ainsi que l’ensemble des rapports policiers, comme les déclarations de victimes et de témoins.
Ma plus grande source d’information a été M. Testa lui-même. Les déclarations et les renseignements policiers viennent nous informer de la raison pour laquelle monsieur est en train de faire cette démarche de rapport présentenciel, a-t-elle ajouté.
Cette méthode a immédiatement fait réagir l’avocat de la défense, Me Mike Junior Boudreau.
N’êtes-vous pas d’accord que la décision de madame la juge est plus importante que les rapports de police? a-t-il demandé lors de l’interrogatoire.
Alors que l'agente soutenait que le verdict ne lui était pas accessible au moment de son travail, la défense a souligné que d'autres intervenants au dossier avaient réussi à se le procurer, notamment la sexologue mandatée pour évaluer l'accusé.
Thérapie recommandée
Dans son rapport, Martine Lanthier recommande au tribunal que l'accusé soit évalué par un médecin psychiatre pour approfondir certaines composantes psychologiques relevant de la santé mentale et aider à choisir des pistes de solutions thérapeutiques.
La sexologue et psychothérapeute Catherine Pouliot a formulé des recommandations similaires dans le cadre du rapport sexologique qu’elle a présenté à la cour lundi.
Les observations sur la peine reprennent mardi après-midi avec une demande de remise que la défense entend présenter.


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