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« Au lieu de m’amener à l’écurie, il m’a amenée à un motel. »
Dans les années 90, V. avait 15 ans et rêvait naïvement des plus grands honneurs dans le monde de l'équitation. Son entraîneur, Francis Berger, reconnu dans sa discipline, semblait pouvoir l’aider dans l’atteinte de ses objectifs.
Il avait un côté sévère, mais aussi un côté extrêmement charmeur, a-t-elle raconté lors de son témoignage, mardi, au procès de Berger, 57 ans, accusé d'avoir agressé ou exploité sexuellement sept femmes.
C’était comme mon idole, a dit V. C’était le meilleur cavalier de Québec, et je pensais vraiment que j’allais devenir une meilleure cavalière grâce à lui.
Au fil de regards et de commentaires, V. a senti que sa relation avec son entraîneur, beaucoup plus âgé qu’elle, se transformait.
Jusqu’à un soir, la veille d’une compétition équestre, où il l’aurait prise à part pour l’embrasser et la caresser. Je l’ai embrassé aussi, a-t-elle précisé, se souvenant de la confusion qui l’habitait à ce moment.
Il ne me regardait pas comme mes anciens entraîneurs. Je pensais qu’il me trouvait jolie, qu’il m’appréciait; je voulais qu’il soit fier de moi, lui faire plaisir.
Puis, quelques mois plus tard, alors qu’ils doivent aller à l’écurie pour un entraînement, Berger aurait plutôt amené sa jeune élève dans un motel. C’est là qu’ils ont eu, selon elle, une première relation sexuelle.

Francis Berger (à gauche), en compagnie de son avocat, Me Joël Girard (au centre)
Photo : Radio-Canada
Je me suis sentie comme une prostituée
Avec aplomb, les souvenirs clairs, V. a raconté en détail la poignée de rapports sexuels qu’elle a eus avec son entraîneur pendant qu’elle était adolescente, notamment le moment où il lui aurait demandé de lui faire une fellation.
Ça me dégoûtait, a-t-elle dit. Ça me levait le cœur. En même temps, je voulais lui faire plaisir. Je crois qu’au fond de moi, j’espérais qu’il soit en amour avec moi. [...] Des affaires stupides de jeunesse.
Je pensais vraiment qu'il m'aimait.
Lorsqu’ils ont commencé à coucher ensemble, Berger aurait cessé de lui demander les montants dus pour ses cours d’équitation. Il me faisait miroiter des chevaux en échange de services sexuels, a dit V., qui dit aujourd'hui s'être sentie comme une prostituée.
C’est en réalisant que son entraîneur commençait à offrir le même genre de regards à une autre élève de l’écurie que V. a compris qu’elle n’étai[t] peut-être pas la seule et que les intentions de son entraîneur n’étaient peut-être pas celles qu’elle croyait.
Ils n’ont pas eu d’autres rapports sexuels par la suite, a-t-elle affirmé.
V. était la troisième femme à prendre la barre des témoins au procès de Francis Berger, qui s'est ouvert lundi au palais de justice de Saint-Hyacinthe, en Montérégie.
Une autre ancienne élève, C., a raconté avoir rencontré Berger dans une chambre d'hôtel afin de récupérer un médicament, et qu'il aurait commencé à lui faire un massage.
J'ai senti son érection, a-t-elle dit. Je me suis sentie prise dans une panique interne, je me suis levée [...] et je suis partie.


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