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Primaire 2026 du PS : les 5 nains

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« Des gens qui disent que la police tue, ce n'est pas nos valeurs ! » (Jérôme Guedj, le 1er octobre 2026 sur France 2).

Les cinq candidats à la primaire socialiste, à savoir Olivier Faure, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, se sont retrouvés le jeudi 1er octobre 2026 dans la soirée pour leur deuxième débat télévisé diffusé en direct sur France 2 et France Inter, animé par Caroline Roux et Benjamin Duhamel. L'émission a duré plus de deux heures et quart qu'on peut réécouter ici.

En fait, il n'y a rien de nouveau par rapport au premier débat, malgré l'actualité très brûlante des derniers jours : lycéens en grève, Affaire Bardella, présentation du budget 2027 par le gouvernement, présentation du projet de réforme des retraites par le candidat Édouard Philippe, etc.

Ces cinq candidats sont des nains politiques et sont apparemment voués à le rester. On pourrait quand même s'en étonner, car Ségolène Royal avait réussi à être qualifiée au second tour de l'élection présidentielle de 2007 et Raphaël Glucksmann avait obtenu un envieuse troisième place aux élections européennes de 2024.

Ségolène Royal a été particulièrement pitoyable durant cette émission, réclamant des nominations irréprochables alors que ses pratiques dans la région Poitou-Charentes l'étaient beaucoup moins ! Pire que cela. Elle a fait du populisme systématique, caressant dans le sens du poils toutes les catégories de Français qui se rebelleraient. En quelque sorte, Ségolène Royal s'est florianphilippotisée !

Un exemple parmi d'autres. Elle a dit : avec moi, il n'y aurait pas de contestation, car j'aurais discuté avec les gens auparavant. Apparemment, elle ne doit pas vivre dans le même pays ! Elle a même donné une pseudo-preuve : quand les bonnets rouges ont été trop insistants, elle a cédé sur la taxe carbone, enfin, celle qui devait être mise en place par Ecomouv, l'écotaxe. Elle l'a dit pour évoquer les gilets jaunes dont la contestation a commencé sur le prix de l'essence et la taxe carbone (une autre).

Sur l'écotaxe : si on écoutait Ségolène Royal, le gouvernement serait celui de la rue, car pourquoi d'autres catégories de Français se priveraient-elles de manifester leur mécontentement si le gouvernement cédait à chaque injonction ? L'intérêt général, c'est aussi de choisir et de donner des priorités, pas de dire oui à tout le monde, sans vision, sans horizon. On imagine ce que donnerait la méthode Royal dans l'éducation de parents.

Mais parlons de la taxe carbone sur l'essence qui a fait soulever le mouvement des gilets jaunes. Ce n'était pas Emmanuel Macron mais elle-même, Ségolène Royal, avec François Hollande, qui l'ont mise en place avant 2017 avec application pour 2019. L'erreur politique d'Emmanuel Macron, c'est de ne pas l'avoir stoppée et d'avoir laissé la réglementation évoluer passivement. Ségolène Royal n'a vraiment pas honte de ce qu'elle dit, c'est terrible (alors qu'elle le devrait) car ses auditeurs semblent avoir la mémoire courte, du moins les deux journalistes censés a priori apporter un cadre au débat.
 

Raphaël Glucksmann s'est distingué par sa volonté de faire renaître la guerre scolaire. Écoutez-le bien, il a même dit que ce n'était pas le but (de refaire une guerre scolaire), ce qui prouverait justement que c'est ce qui se passerait (sinon, pourquoi la craindrait-il ?). Pourquoi ? Parce qu'il trouve actuellement scandaleux que l'enseignement privé soit financé par l'État sans contrepartie. Il a même osé dire que l'État se mettait en situation de concurrence avec le privé (il vaut mieux entendre cela que d'être sourd). Il voudrait comme contrepartie que les établissements scolaires privés fassent de la mixité sociale. Pourtant, la plupart des établissements privés pratiquent déjà la mixité sociale, en particulier les établissements catholiques.

À l'évidence, Raphaël Glucksmann n'a rien compris au principe de l'enseignement privé sous contrat. La contrepartie, c'est le contrat, cela signifie que les établissements privés sous contrat (je n'évoque pas les autres) sont obligés de suivre les programmes scolaires définis par le gouvernement et sont contrôlés par des inspecteurs académiques (de l'État donc). Le principe est gagnant gagnant : l'établissement privé jouit d'une plus grande liberté pour assurer la scolarité, notamment lorsqu'il est catholique ; l'État profite de la structure en minimisant ses coûts (il ne paie que le traitement des enseignants, au demeurant moins élevé que dans le public, mais ne paie pas les bâtiments). Je parle de l'État au sens large (y compris les collectivités territoriales chargées de financer les bâtiments).

Revenir sur ce savant équilibre viendrait à créer une nouvelle guerre scolaire. La précédente s'est terminée avec la chute d'un gouvernement, une débâcle électorale et surtout, une manifestation d'un à deux millions de personnes à Paris en 1984.

Pourquoi Raphaël Glucksmann propose une telle mesure ? Parce qu'il ne connaît pas l'histoire politique du pays, il n'a pas compris l'extrême sensibilité de certains sujets, et il fallait bien trouver quelque chose à dire sur l'éducation (l'idée est d'être original pour se démarquer des copains).

Avec Olivier Faure, en revanche, c'est la gauche traditionnelle dans le pire sens du mot : taxes, impôts, cotisations, les Français vont raquer ! Il a soutenu la taxe Zucman du nom de cet économiste idéologue d'un autre siècle (le dix-neuvième, pas le vingtième) qui aurait pour conséquence la fuite de toutes les industries qui étaient encore restées en France. Dommage que le premier secrétaire du PS n'a, semble-t-il, jamais rencontré le Prix Nobel d'Économie Philippe Aghion dont les propos sont toujours clairs et compréhensibles.

Emmanuel Maurel était aussi dans cette ligne et même pire, expliquait qu'il refusait l'idée que l'État dépenserait trop. Il voudrait plus d'impôts pour dépenser plus. Les contribuables apprécieront... car le discours de "faire payer les riches" aboutit systématiquement à faire payer la classe moyenne. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas assez de riches, et faire payer la classe moyenne est beaucoup plus rentable pour l'État dépensier. Accordons à Emmanuel Maurel un bon point : il a proposé de faire un emprunt populaire pour financer certains investissements, pour utiliser les 600 milliards d'euros d'épargne qui seraient sur un compte courant, sans intérêts. Le dernier emprunt a eu lieu en 1993 et a levé 39 milliards d'euros (Ségolène Royal a mis en doute la confiance des Français craignant de perdre leur épargne alors que la parole de l'État a toujours été respectée).

Il faut reconnaître que Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann étaient plus soucieux des contribuables en voulant réduire la dépense publique. Mieux pour Raphaël Glucksmann qui a proposé de réduire le taux de la CSG sur les salaires afin de rapprocher le salaire net du salaire brut (ce qui a ulcéré Olivier Faure).
 

En fait, ces cinq nains ne sont d'accord sur pas grand-chose. Certes, ils veulent plus d'éducation, usent de la démagogie en soutenant le mouvement lycéen, mais sans les violences, et blâment les supposés propos antisémite de Jordan Bardella en lui indiquant le chemin de la démission... du Parlement Européen (malgré son élection).

Mais sur des sujets essentiels, qui concernent les valeurs ou encore qui concernent un élément majeur de la patrie, ils sont en totale désunion, et je me demande, par voie de conséquence, à quoi rime une telle primaire dont le vainqueur sera opposé sur ces points majeurs à ses concurrents, comment ceux-ci pourraient-ils ensuite le soutenir ?

Car, comme dans le premier débat, trois sujets majeurs ont opposé les cinq candidats.

Le premier est la guerre en Ukraine. Ségolène Royal a fustigé les "jusqu'au-boutistes", comprendre ceux qui soutiennent l'Ukraine dans son existence et son intégrité territoriale, comme Raphaël Glucksmann mais aussi Jérôme Guedj. Elle s'est sentie choquée qu'on la traite de poutinolâtre mais c'est pourtant bien ce qu'elle est. Vladimir Poutine qui veut mobiliser un ou deux millions de nouveaux soldats (pour quoi faire ?) n'a pas du tout l'intention de faire la paix, bien au contraire. Et nous, l'Europe, il faudrait que nous ne soyons pas fermes, que nous restions sans rien faire ? Esprit de Munich. Honte à Ségolène Royal ! C'est pourquoi j'ai écrit plus haut qu'elle se florianphilippotisait.

Autre sujet de discorde grave entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann : Gaza. Elle voudrait que tous les candidats parlent de génocide, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj, qui ne soutiennent pas l'action du gouvernement israélien à Gaza, s'opposent à ce terme qui ferait le jeu du Hamas. Olivier Faure n'a pas dit grand-chose sur le sujet mais pense comme Ségolène Royal.
 

Enfin, le troisième sujet clivant, la tarte à la crème, c'est Jean-Luc Mélenchon. Là, Olivier Faure était sur le front. Pas question de renoncer à l'union de la gauche, même avec les insoumis. Pour Jérôme Guedj, qui s'est mieux préparé qu'au premier débat, a sorti une longue anaphore pour dire qu'il n'avait pas les mêmes valeurs que les insoumis, en donnant de nombreux exemples. Raphaël Glucksmann a même dit qu'Olivier Faure n'avait pas l'intention de gagner l'élection présidentielle alors que lui, si ! Emmanuel Maurel, quant à lui, a expliqué que le problème Mélenchon n'a pas lieu d'être : après l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, à 75 ans, n'existera plus et ne sera candidat à plus rien.

Ce que signifie surtout le débat sur l'alliance ou pas avec Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'aucun de ces cinq candidats, pas même Raphaël Glucksmann, quoi qu'il en dise, n'a d'espoir d'avoir la capacité de ne pas avoir besoin des insoumis à l'élection présidentielle puis aux élections législatives. Ce qui sera le plus intéressant, dans cette primaire, ce sera surtout le nombre d'électeurs. La dynamique est à ce prix (c'est-à-dire 15 euros).

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Primaire 2026 du PS : les 5 nains.
Débat de la primaire du PS sur France 2 et France Inter le 1er octobre 2026 (vidéo intégrale).
Affaire Bardella : le piège !
Les retraites selon Édouard Philippe.
Présentation par Édouard Philippe le 29 septembre 2026 de son projet pour les retraites (vidéo).
Sondage IFOP-Fiducial des intentions de vote à la présidentielle publié le 30 septembre 2026 pour LCI, Sud Radio et "Le Figaro" (à télécharger).
Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Primaire 2026 du PS : un débat télévisé qui fera date.
Débat de la primaire du PS sur LCI le 23 septembre 2026 (vidéo intégrale).
Décidément, Bernard Cazeneuve ne sera pas candidat en 2027 !
Interview de Bernard Cazeneuve sur Franceinfo le 10 septembre 2026 (vidéo).
Gabriel Attal veut les États-Unis d'Europe !
Discours de Gabriel Attal le 17 septembre 2026 à Reims (vidéo et texte intégral).
L'indulgence budgétaire de Marine Le Pen.
Sébastien Lecornu : 1 an à Matignon !
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