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Dans Libération ce vendredi, le premier secrétaire du Parti socialiste remet en cause la légitimité des enquêtes d’opinions, critiquées par plusieurs personnalités politiques.
Passer la publicité Passer la publicitéCe vendredi, le journal Libération publie un dossier consacré à l’interdiction, ou non, des sondages d’opinion. À moins d’un an de l’élection présidentielle, le débat refait surface. Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, se dit favorable à l’interdiction des sondages d’opinion, à l’approche du scrutin de 2027. Une position qu’il justifie par le poids devenu excessif des enquêtes d’intentions de vote, accusées de reléguer le débat d’idées au second plan.
«On ne fait que regarder les sondages», regrette Olivier Faure. «On a changé les électeurs en stratèges qui ne lisent plus les programmes. Les comportements n’ont plus rien à voir avec le fond, c’est désastreux», résume le patron du PS. Selon lui, la campagne se joue désormais moins sur les projets défendus par les candidats que sur leur popularité dans les baromètres. Chaque électeur cherche alors à anticiper le rapport de force plutôt qu’à voter selon ses convictions. C’est la mécanique du vote utile qui est visée : voter pour le candidat que les sondages désignent comme mieux placé, au lieu de celui que l’on préfère réellement.
L’idée n’est pas seulement portée par Olivier Faure. Plusieurs autres responsables politiques et observateurs formulent des constats semblables. Dans une tribune publiée en avril dans le Figaro, Brice Teinturier, directeur Général Délégué d’Ipsos (France), évoquait déjà les risques d’un mode de sélection des candidats grâce aux sondages. «Dans ce paysage plus dégradé que jamais, la question de l’incarnation et de la désignation du ou des candidats à la présidentielle est à la fois majeure mais constitue aussi un risque si une bonne partie de la campagne tourne autour de ce seul enjeu», affirme le politologue. «Une idée fait son chemin, s’en remettre aux sondages d’opinion. Nous voudrions souligner combien elle est fragile, sans doute plus encore qu’une primaire.» À ses yeux, cette fragilité n’est pas un hasard : «Le recours aux enquêtes d’opinion est tout d’abord le symptôme de l’affaiblissement considérable du politique.»
Reste que la faisabilité de cette mesure d’interdiction interroge. Le droit français encadre déjà la publication des enquêtes d’opinion, sans les interdire : les instituts doivent transmettre à la Commission des sondages les conditions dans lesquelles chaque enquête a été réalisée. Mais une interdiction de publication des sondages peut se heurter à un obstacle : la liberté d’expression. Par le passé, la justice a estimé qu’interdire les sondages toute une semaine avant un scrutin allait trop loin. La règle a donc été allégée. Aujourd’hui, aucun sondage électoral ne peut être publié ou commenté à partir du samedi précédant le scrutin, jusqu’à la fermeture des bureaux de vote. Plusieurs tentatives d’aller plus loin dans la limitation des enquêtes d’opinion ont échoué.


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