Alors que le premier débat de la primaire social-démocrate aura lieu mercredi sur LCI, Ségolène Royal a réuni ses soutiens ce mardi à Alfortville (Val-de-Marne). Une star de la politique en campagne.

À Alfortville (Val-de-Marne), Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 21:11 | mis à jour aujourd'hui à 21:32 - Temps de lecture :

Ségolène Royal en meeting à Alfortvillle (Val de Marne) à la veille du premier débat télévisé de la gauche. Photo AFP/Kenzo Tribouillard Ségolène Royal en meeting à Alfortvillle (Val de Marne) à la veille du premier débat télévisé de la gauche. Photo AFP/Kenzo Tribouillard

Peut-on faire campagne avec de bons sentiments ? Peut-on remporter une primaire en promettant de la tranquillité, de l’apaisement et de la sérénité ? C’est le pari de Ségolène Royal qui, à la veille du premier débat de la primaire social-démocrate (*), a réuni plusieurs centaines de personnes à Alfortville (Val-de-Marne) lors d’une réunion publique dans la ville que dirige son premier soutien et directeur de campagne Luc Carvounas. « Faire de la politique c’est d’abord aimer les gens », glisse Ségolène Royal avant de monter sur scène où est projeté son slogan en blanc, sur un fond bleu et rouge : « L’ordre juste, la France en paix. »

Face à Raphaël Glucksmann (Place publique), archi favori, elle fait figure d’outsider. Elle l’a surnommé « le chouchou des médias » et l’a qualifié de « stagiaire », ce qui lui a valu les remarques de l’organisation de la primaire sur son manque de camaraderie. Mais Ségolène Royal, connue pour tout oser, ne déteste pas être au centre du jeu. Pas favorite, elle lance les balles. Les autres courent… Elle sait que la star de la primaire, c’est elle. « Quand elle parle, on comprend ce qu’elle dit. Elle ne fait pas des ronds dans l’eau pour ne rien dire. Et elle est la plus capée des candidats, c’est un fait », la défend Luc Carvounas, qui promet « une campagne joyeuse ».

Ségolène Royal en meeting à Alfortvillle (Val de Marne) à la veille du premier débat télévisé de la gauche. Photo AFP/Kenzo Tribouillard

Ségolène Royal en meeting à Alfortvillle (Val de Marne) à la veille du premier débat télévisé de la gauche. Photo AFP/Kenzo Tribouillard

Dans la salle, peu d’adhérents du Parti socialiste (PS) mais des habitants des alentours. Ils sont venus en curieux ou pour soutenir « une femme courageuse », « une femme forte », « une femme qui ne se laisse pas abattre », une « femme qui m’a fait devenir de gauche ». Tous ne sont pas certains de voter pour la primaire, mais brandissent des drapeaux tricolores ou des affichettes à l’effigie de la candidate. La scénographie est soignée, les mots choisis. La finaliste de la présidentielle 2007 convoque une « France tranquille », en clin d’œil au slogan gagnant de François Mitterrand.

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« Je vois que vous y croyez aussi ! »

Sévère envers Emmanuel Macron, elle dresse le constat « d’une France depuis 10 ans gouvernée par la peur » et promet « une France apaisée ». « Le macronisme nous laisse une France en déliquescence », dénonce-t-elle, oubliant qu’elle avait en son temps, proposé d’être sa Première ministre. Mais Ségolène Royal, que rien n’arrête, trace sa route. « Je parle aux Français », évacue-t-elle quand on lui parle de ses concurrents. Elle leur parle d’ordre juste, de tranquillité, d’empathie, d’écoute et d’imagination des territoires. « Un euro de dépense doit être un euro utile », dit celle qui assume être proche du peuple en parlant de la dette. Elle liste les défis à relever et promet de « réparer le climat de la Terre et le climat social ». Sans vraiment dire comment.

Pas favorite mais populaire et imprévisible, Ségolène Royal, 73 ans depuis ce mardi, est prête à affronter les trois débats de la primaire. Celle qui n’a jamais eu froid aux yeux, veut être la surprise de cette primaire, dont le premier tour aura lieu par voix électronique les 9 et 10 octobre. « Je vois que vous y croyez aussi ! », a-t-elle lancé à Alfortville. Sûre d’elle, comme toujours.

(*) À suivre mercredi à partir de 20 h 40 sur LCI.

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