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Certains des principaux patrons de la presse écrite française ont auditionné, ce mercredi soir à Paris, des candidats à la présidentielle. L’occasion pour ceux qui aspirent à la fonction suprême de dérouler leurs propositions et remèdes face à un secteur en crise.
Étienne Ouvrier - Aujourd'hui à 21:22 | mis à jour aujourd'hui à 21:36 - Temps de lecture :
Vingt minutes pour convaincre. Certains des candidats à la présidentielle étaient invités, ce mercredi soir à Paris, à dérouler leur programme pour garantir aux Français « le droit d’être informés », selon les termes de l’Alliance de la presse d’information générale, organisatrice de cet oral. Chacun à leur tour, ils se sont exprimés devant les principaux patrons de la presse écrite française, à quelques centaines de mètres seulement du palais de l’Élysée.
L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) et la menace qu’elle fait peser sur les médias a occupé une bonne place dans les échanges. Les éditeurs de presse réclament aux politiques la création d’un cadre législatif, et son application, permettant aux médias d’être rémunérés par les entreprises dont l’IA se nourrit du fruit de leurs travaux journalistiques.
Sans surprise, tous les candidats étaient d’accord, sans pour autant dévoiler de solutions miracles. Gabriel Attal (Renaissance) a dénoncé « un pillage scandaleux » de l’IA et s’est dit « relativement confiant » pour trouver « le bon format législatif ». Abondant en ce sens, Boris Vallaud a invité l’ancien Premier ministre à faire retirer la centaine d’amendements déposés par son groupe au Parlement, qui « menacent de bloquer » la proposition de loi de la sénatrice Laure Darcos visant justement à poser les jalons d’un cadre législatif. Celui qui représentait Raphaël Glucksmann (Place publique) a appelé à ce que « la France ne devienne pas une colonie numérique des États-Unis et de la Chine ».
Financement et lutte contre les faux sites
Meilleur partage des revenus publicitaires, aujourd’hui largement captés par les Gafam, lutte contre les faux sites imitant les médias français générés par l’IA… Bruno Retailleau (Les Républicains) s’est dit déterminé à agir contre les menaces qui touchent la presse écrite. Refusant de s’engager à ce stade de la campagne sur toute dépense supplémentaire, invoquant l’état des caisses de l’État, Édouard Philippe (Horizons) a esquissé les contours d’un mode de financement propre aux médias, sur la base de ce qui se fait déjà pour la musique et le cinéma.
Le candidat Les Républicains Bruno Retailleau, répondant aux questions des éditeurs de presse, mercredi soir à Paris. Photo EBRA/Etienne Ouvrier
Aide à la presse et déconcentration
Le député du Rassemblement national Philippe Ballard, qui représentait Marine Le Pen, a eu à répondre des coupes sur les aides directes à la presse prévues dans le contre-budget du parti d’extrême droite. « On assume complètement. Chez nous, c’est écrit noir sur blanc contrairement aux autres qui vous mettront un coup dans le dos », s’est-il défendu.
Manuel Bompard, qui portait la parole de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), s’est démarqué des autres intervenants en s’engageant à maintenir les aides à la presse tout en les conditionnant notamment aux « modes de gouvernances des médias et aux conditions sociales » dont bénéficient les journalistes. Il a par ailleurs promis d’exclure de ces aides « les titres condamnés pour appel à la haine », visant sans la nommer, la chaîne CNews détenue par Vincent Bolloré. Enfin, le député LFI des Bouches-du-Rhône a annoncé que sa formation politique soutiendra « une loi contre la concentration dans les médias », visant à « libérer un certain nombre de médias du pouvoir de l’argent ».


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