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Présidentielle 2027 : Ce que cache le succès de Mélenchon chez les jeunes

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Politique 14/10/2026 06:00 Actualisé le 14/10/2026 07:21

Le candidat des insoumis à l’élection présidentielle jouit d’une popularité sans pareil auprès des jeunes. Comment l’expliquer ?

Ce que cache le succès de Mélenchon chez les jeunes

GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Ce que cache le succès de Mélenchon chez les jeunes

À chaque apparition, les mêmes scènes de liesse. Jean-Luc Mélenchon a pu tester sa cote de popularité auprès des jeunes, ce mardi 13 octobre, en participant à la manifestation parisienne de « l’acte V » du mouvement des lycéens. De fait, elle est au zénith.

Dans les cortèges ou devant les blocus, le nom du candidat de la France insoumise à la prochaine présidentielle s’impose comme une « évidence » aux jeunes gens mobilisés. Une sorte de traduction concrète des données statistiques mesurées mois après mois et qui documentent l’engouement sans égal de ces néo majeurs pour le tribun de 75 ans, le candidat le plus âgé sur la ligne de départ de l’élection présidentielle.

D’après une enquête électorale menée par la fondation Jean Jaurès (un think tank proche du PS) et publiée mi-septembre, avant la mobilisation sociale dans les lycées et les universités, Jean-Luc Mélenchon recueillerait 41 % à 44 % des intentions de vote chez les 18-24 ans. Ce qui représente un bond de 26 % par rapport à son score mesuré auprès de l’ensemble de la population. Un vivier majeur à sept mois du scrutin élyséen, dont la fabrique vient de loin.

Mélenchon et le 4e bloc

Pour cause, si le mouvement de gauche radicale récolte aujourd’hui les fruits de son volontarisme, les graines ont été plantées il y a longtemps. Depuis 2017, au moins, La France insoumise intègre les jeunes à sa stratégie structurante (et explicitée plus tard) qui consiste à convaincre le « quatrième bloc » de potentiels électeurs, comme l’écrivait Jean-Luc Mélenchon sur son blog en avril 2023, constitué « des abstentionnistes des quartiers populaires et de la jeunesse. » Pour ce faire, l’ancien ministre évoquait alors la nécessité de tenir « un programme de rupture avec le système économique dominant. »

Pari gagnant ? De fait, c’est cette ligne intransigeante qui semble séduire un segment de la population historiquement plus enclin à la radicalité que les autres. Sur le fond, LFI est effectivement le mouvement le plus sensible aux idéaux portés par les jeunes majeurs, concernant la solidarité, l’entraide, ou le soutien à la cause palestinienne. Les Français, a fortiori les jeunes, « n’aiment pas tant que cela ce qui est flou et mou », assurait encore Jean-Luc Mélenchon samedi dernier, en interrogeant les raisons de cette popularité.

Même choses concernant leurs angoisses. La question de l’environnement par exemple, et de la lutte contre les bouleversements climatiques, très prégnante chez les 18-25 ans, est devenue la pierre angulaire du programme des insoumis au fil des élections. Enfin, ce qui est vrai en matière de politique générale, l’est aussi concernant les revendications particulières de la jeunesse. Celle-ci a bien intégré la promesse de Jean-Luc Mélenchon de supprimer Parcoursup, la plateforme d’orientation honnie des lycéens et des jeunes étudiants.

La forme au service du fond

Mais cela ne fait pas tout, le Parti socialiste ou les écologistes, qui portent peu ou prou le même discours (sans les succès d’estime), en savent quelque chose. Pour servir leur projet, les insoumis ont effectivement fait plusieurs choix stratégiques de forme ou de communication, qui, parce qu’ils sont cohérents avec leur programme, s’avèrent aujourd’hui payants, si l’on observe les dynamiques et l’hégémonie du mouvement dans la jeunesse.

Jean-Luc Mélenchon a par exemple été l’un des premiers (depuis 2017) à démultiplier sa présence sur les réseaux sociaux, de YouTube à Twitch en passant par TikTok. Autant de plateformes prisées par les jeunes. Il peut donc revendiquer environ 10 millions d’abonnés cumulés, et jouir d’une force de frappe sans égale dans la classe politique française à l’exception du président de la République Emmanuel Macron.

Dans cette même logique, il est celui qui a fait monter en gamme toute une génération de jeunes responsables engagés, à l’image de la trentenaire Marie Mesmeur, ou du médiatique Louis Boyard, deux anciens syndicalistes étudiants devenus députés en 2024 et 2022. Ce n’est donc pas un hasard si le groupe insoumis à l’Assemblée est le plus jeune du Palais Bourbon (avec l’UDR d’Éric Ciotti). Le collectif présidé par Mathilde Panot affiche une moyenne d’âge de 44 ans, contre 56 pour les socialistes, ou 53 chez les macronistes. Utile, au moment de comprendre et de s’adresser aux étudiants.

Les limites de l’engouement

Reste que cette stratégie, aussi bien rôdée soit-elle, n’est pas sans limite. Avec ce quatrième bloc, en particulier la jeunesse, Jean-Luc Mélenchon mise sur la séduction du segment de la population le plus volatile. Ou, en tout cas, le plus incertain au moment de se rendre aux urnes. Selon l’Insee, plus de 25 % des 18-24 ans inscrits sur les listes électorales n’ont voté à aucun des deux tours de la dernière élection présidentielle en 2022, contre 17,4 % pour l’ensemble de la population française concernée.

Ensuite, il est également intéressant de noter que l’engouement pour le parti de gauche radicale, et ses thèses, est nettement moins fort auprès des jeunes dit « actifs. » Si le tribun insoumis est capable de séduire 44 % des 18-25 ans (dont beaucoup sont encore dans les études), il retombe à 32 % environ chez les 26-35 ans, et se retrouve concurrencé par Marine Le Pen et le Rassemblement national (30 %), l’autre force politique de premier plan qui n’a pas été abîmée par l’exercice du pouvoir. Bientôt la quête de cette seconde jeunesse ?

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