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Près de 50 soignants dénoncent « la dégradation des soins » à Macamic

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Une seule infirmière pour veiller sur quatre étages : c’est la réalité que dénoncent près d’une cinquantaine de soignants du CHSLD de Macamic.

Dans une lettre ouverte, ces professionnels déplorent des abolitions de postes et des conditions de travail qu'ils jugent inadéquates pour les résidents.

On nous demande de faire exactement tout ce qu’on faisait avant, mais avec des ressources en moins. Dans un même quart de travail, nous devons nous déplacer partout. Pas juste d’un couloir à l’autre, mais d’un étage à l’autre. Parfois, il n’y a qu’une seule infirmière pour les quatre étages, affirment les 47 signataires, majoritairement des infirmières et infirmiers.

La lettre décrit le CHSLD de Macamic comme « le champion régional du temps supplémentaire obligatoire (TSO) ». Les signataires vont jusqu’à soutenir que l'établissement recense le quart du TSO enregistré dans l’ensemble de l’Abitibi-Témiscamingue.

Entre le début du mois de mai et la mi-juin, cette proportion a grimpé à 50 %. Le taux d’absentéisme est parfois jusqu’à quatre fois plus élevé que la moyenne régionale, est-il écrit.

Pour ces soignants, la dégradation des soins est intimement liée à la dégradation de leurs conditions de travail. Des liens sont aussi établis entre le recul de leurs conditions et la santé du personnel.

« Malgré toute notre bonne volonté et tout le cœur qu’on y met, il serait naïf de croire qu’on y arrive vraiment. Alors, qui en fait les frais? Ce sont les résidents et leurs familles, bien sûr. Et nous, puisque notre santé physique et mentale en prend un coup. Des retards dans les soins, des soins non faits, des erreurs, pas le temps de prendre le temps, pas de pause, pas de repas et des heures supplémentaires avant et après chaque quart de travail pour arriver à tout faire », relatent les signataires.

Si la pandémie a mis en lumière la déshumanisation des soins, force est de constater qu’elle est toujours la norme et que cela ne fait qu’empirer. Pouvez-vous imaginer comment on se sent de devoir soigner dans ces conditions?

Craintes à venir

Alors qu'un tout nouvel édifice moderne doit bientôt être inauguré à Macamic, les équipes se demandent comment elles pourront l'exploiter. « Il accueillera plus de résidents, mais on ne sait toujours pas qui y travaillera. Devrons-nous aussi nous déplacer d’un édifice à l’autre? », se questionnent les signataires.

Devant ces inquiétudes, le personnel anticipe déjà la réponse de la direction. « Bien sûr, Santé Québec Abitibi-Témiscamingue pourra faire jouer sa cassette : il est ''au fait de la situation'', il a ''entendu les préoccupations de ses salariées'', il est ''préoccupé et cherche des solutions...'' Encore un air connu qui est loin de nous faire danser », mentionne la missive.

Même ratio qu’ailleurs

Interpellée sur cette situation, la direction de Santé Québec Abitibi-Témiscamingue reconnaît qu’une réorganisation clinique a été amorcée en 2024 et que celle-ci a entraîné un processus d’abolition, de supplantation et de création de postes dans l’ensemble de la région entre janvier 2025 et janvier 2026.

Selon l'employeur, cette restructuration ne vise pas une diminution de l’offre de services, mais cherche plutôt à « s’assurer que les expertises requises se trouvent aux bons endroits et que les soins et services soient dispensés par les professionnels les mieux adaptés aux besoins de la clientèle ».

Santé Québec Abitibi-Témiscamingue reconnaît aussi que le temps supplémentaire obligatoire a augmenté, en particulier durant la période estivale.

Le recours au temps supplémentaire obligatoire demeure une mesure que nous souhaitons éviter. Nous suivons donc cette situation de près, ajoute l’organisation, tout en rappelant que la composition des équipes à Macamic reste identique à celle des autres CHSLD de la région.

Comité de travail

L’employeur évoque dans sa réponse le comité de travail créé il y a un an au CHSLD de Macamic pour assurer une bonne gestion de changement. Ce comité, qui regroupe des intervenants d’horizons divers, a pour but de maintenir la qualité et la continuité des soins et des services.

Dominique Aubin, infirmière assistante-cheffe au CHSLD de La Sarre, salue l’initiative, mais elle ne croit pas que celle-ci réponde aux attentes. « Le but n’est vraiment pas d’ajouter du personnel. C’est ce que les membres trouvent difficile. Ils se font dire qu’ils doivent trouver des solutions, mais sans jamais l’ajout d’aide et de personnel », signale-t-elle.

En attendant, les soignants de la lettre refusent de se taire : « On ne peut plus tolérer ça. Ce n’est pas comme ça qu’on nous a appris à soigner. Redonnez-nous la capacité de soigner dignement ».

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