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Après la huitième année, les élèves du programme d’immersion à Flin Flon, dans le nord du Manitoba, doivent faire un choix déchirant entre poursuivre leurs études en français jusqu'à la fin du secondaire ou passer au programme anglais. Même si ceux qui choisissent de continuer en immersion peuvent profiter de petites classes et d'un soutien important, ils font aussi face à plusieurs défis pour obtenir leur diplôme bilingue.
Natalie Milligan est la responsable de l’immersion au secondaire à l’école secondaire Hapnot. Elle est arrivée à Flin Flon de la Nouvelle-Écosse en 2014, en quête d’un poste d'enseignement en français.
Il n'y avait pas vraiment d'emplois disponibles pour les professeurs français, raconte-t-elle. La majorité des élèves qui ont terminé l’université avec moi, ils n’ont pas eu d'emploi tout de suite. On a mis nos CV sur un site web, et puis le directeur de l'école ici a trouvé, et il m'a appelé.
Elle avoue qu'au début, elle ne pensait rester que quelques années, mais elle a fini par adorer la communauté et son poste, qui lui permettent d’enseigner un petit groupe au cours de plusieurs années.
Les voir grandir jusqu'à la douzième année, ça, c’est très intéressant pour moi. Il y en a que je connais depuis qu'ils sont bébés, et maintenant, ils sont dans mes classes.
En plus d'enseigner à tous les élèves en français, Natalie MIlligan leur offre également des cours d'histoire, de géographie, d'éducation civique et d'éducation physique.

Natalie Milligan avoue qu’il n’est pas toujours facile d'offrir un programme d’immersion française robuste dans une ville anglophone isolée.
Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox
On doit créer des opportunités de parler en français avec des élèves en dehors de la salle de classe. On doit vraiment animer les choses à l'école pour expliquer que le français est une langue qui est hors de la salle de classe.
Elle a donc créé l'initiative du Café Français, une soirée mensuelle lors de laquelle le français est utilisé dans des contextes sociaux et divertissants. Les voyages scolaires à Winnipeg, au Québec et en Europe constituent un autre moyen de rendre l’apprentissage plus vivant, mais le coût des transports commence à limiter ces déplacements.
Dans d'autres lieux où les élèves sont peut-être francophones, où les parents parlent français, ils peuvent aller faire un tour à Saint-Boniface et voir des personnes qui vivent en français. On n'a pas ça ici, on est isolés; on a des anglophones autour de nous, sauf une couple d'exceptions, fait remarquer Mme Milligan.
Travailler ensemble pour soutenir l'immersion au Nord
Puisqu’elle est la seule enseignante d’immersion à l’école Hapnot, Natalie Milligan n’est pas en mesure non plus d’offrir à ces élèves tous les cours qui les intéressent en français ou qui sont obligatoires pour obtenir un diplôme manitobain bilingue.
Les élèves suivent donc des cours en ligne, avec d'autres groupes de Swan River, The Pas et Dauphin. Ce programme est une initiative du Consortium collaboratif pour la langue française du Nord, qui regroupe des programmes d’immersion française du nord du Manitoba.
Cynthia Lu, une élève de dixième année, a suivi des cours de mathématiques en ligne dans ce programme collaboratif. Elle avoue qu’il a parfois été difficile pour elle de rejoindre sa professeure, qu’elle voyait uniquement par visioconférence. Malgré tout, elle était contente de voir que son niveau de français lui permettait de suivre facilement des cours, et elle a pu rencontrer des élèves d’immersion dans des situations similaires.
De nombreux élèves disent vouloir continuer le programme jusqu’à sa fin, pour accroître leurs chances de saisir des occasions d’emploi à l’avenir.
Le français, c’est très utile pour avoir des emplois dans le futur au Canada, explique Mia Desjarlais, qui veut devenir infirmière plus tard. Elle dit espérer offrir des soins bilingues à ses patients et aider à combler la pénurie de travailleurs en soins de santé dans le Nord.

Les élèves du programme d'immersion à l’école secondaire Hapnot créent des liens étroits au cours de leurs quatre années passées ensemble. À la fin de leur secondaire, chaque cohorte incarne cet esprit familial en peignant une tuile sur le plafond de la salle de classe de Natalie Milligan.
Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox
D’autres élèves expliquent qu’ils voulaient continuer l’immersion jusqu'à la douzième année, parce qu’ils avaient investi énormément de temps et d’efforts, déjà, dans l’apprentissage de français. Aubrianna McLeod, une élève de dixième année, espère que le diplôme bilingue sera un signe de ses habiletés linguistiques et de sa persévérance.
Je pense que, quand tu continues avec le français... tu travailles plus fort, et ça va t'aider dans le futur, quand tu as besoin de travailler vraiment fort, dit-elle.


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