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Et si en Haute-Gaspésie, une entreprise sociale pouvait pêcher et exploiter le homard, de façon collective, tout en aidant les flottilles en difficulté? C’est l’ambition d’un projet pilote mené par l’Université Laval, qui se poursuit dans l’optimisme.
Dans les prochains mois, les responsables du projet Pêche collective à retombées communautaires en Haute-Gaspésie espèrent définir la structure d’une entreprise sociale, afin de demander par la suite un permis de pêche collective à Pêches et Océans Canada.
C'est en train de passer du stade d'idées, au stade concret, donc c'est une étape difficile, de mettre sur papier ce qu'on souhaite construire, explique la coordonnatrice du projet, Charlotte Cloutier.

Charlotte Cloutier est professionnelle de recherche à l'Université Laval et chapeaute le projet de pêche collective en Haute-Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin
Plusieurs variables doivent encore être déterminées, comme le fonctionnement de l’entreprise ou les pêcheurs pouvant bénéficier du permis collectif.
Mais la professionnelle de recherche à l’Université Laval insiste sur l’aboutissement espéré : non pas celui d’une association de pêcheurs avec un permis commun, mais bien une organisation à but non lucratif ou une coopérative de solidarité.
Impliquer les pêcheurs
Un des objectifs du projet est d’aider les pêcheurs à mieux faire face aux défis qui touchent leur métier, comme le manque de relève ou les moratoires.
Le capitaine-propriétaire Larry Boucher pêche depuis 28 ans. Il a observé son métier évoluer ainsi que le départ de plusieurs membres de l’Association des pêcheurs côtiers de St-Joachim-de-Tourelle, en raison de la chute des stocks de poissons de fonds.
La pêche, oui, c'est un emploi, mais c'est aussi une passion pour la plupart de nous en Haute-Gaspésie. On a toujours espoir qu’il y aura de beaux jours, de bonnes saisons à venir, décrit-il, malgré tout.

En Gaspésie, seuls quelques pêcheurs bénéficient d'un permis de pêche exploratoire au homard et plusieurs flottilles restent en difficulté. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Lui-même administrateur de l’Association, il constate l'implication de ses camarades dans le projet de recherche. C’est un projet que tout le monde a à cœur, toute la gang.
Même s’il y a des pêcheries qui vont mieux que d'autres, on veut tous s’impliquer parce que les retombées communautaires qu'il y aura sont importantes pour notre MRC.
Favoriser l’autonomie alimentaire
Le projet pilote est également motivé par la redistribution des ressources dans la communauté. Pourquoi ne pas vendre du homard frais directement au quai, aux poissonneries, ainsi qu'aux restaurants régionaux?
Selon Yannick Ouellet, conseiller en développement économique pour la filière bioalimentaire à la MRC de la Haute-Gaspésie, cette façon de faire ne s’oppose pas au circuit industriel, mais la complète.
Les pêcheurs ont tendance à aller porter le homard à l'usine, ce qui est normal, parce que c'est plus simple, mais il peut peut-être exister d'autres choses, précise-t-il.

Un des points phares du projet est de renforcer les chaînes de distribution locales en offrant plus de produits de la mer localement. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne
Selon le conseiller, l'industrie est ouverte à la vente au quai, au même titre que les agriculteurs ont le droit de vendre à la ferme, mais celle-ci reste à développer.
On a de l'audace en Haute-Gaspésie, on n'a pas peur et on fait tout ça avec l'industrie, ils sont impliqués, on parle avec eux.

Yannick Ouellet est conseiller au développement économique pour la filière bioalimentaire à la MRC de La Haute-Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Il ajoute qu’à terme, même si le MPO n'octroie aucun permis, le projet aura eu des effets positifs. Par exemple, les Journées de la mer en juillet offrent un lieu de rencontre pour célébrer la mer et ceux qui en vivent.
Un sondage a d’ailleurs été récemment mené auprès du public afin de mieux comprendre les habitudes de consommation de la population de la Haute-Gaspésie et évaluer la mise en marché du homard pêché grâce au permis collectif.


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