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Riches en fibres, en vitamines, en minéraux et en antioxydants, pauvres en calories et en mauvaises graisses, les légumes ont tout bon pour la santé... sauf leurs prix ! Selon l'édition 2026 de l'Observatoire des prix des fruits et légumes publiée par l'association Familles Rurales, l'évolution du coût des légumes depuis quelques années est « très préoccupante ».
Explosion des prix moyens de certains légumes courants
Entre juin 2025 et juin 2026, les légumes repartiraient fortement à la hausse, avec une augmentation moyenne des prix équivalent à 10 % en conventionnel et à 7 % en bio. Parmi les hausses les plus fortes de cette année par rapport à 2025, on retrouve trois légumes emblématiques de l'assiette des Français :
- les courgettes (+32 % en conventionnel et +28 % en bio) ;
- les tomates (+31 % en conventionnel et + 11 % en bio) ;
- les haricots verts (+24 % en conventionnel et +19 % en bio).
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L'évolution du prix d'autres légumes courants inquiète aussi, par exemple celle :
- des carottes : +13 % en conventionnel comme en bio ;
- des concombres : +12 % en conventionnel et + 6 % en bio.
Pour les aubergines en revanche, mieux vaut actuellement profiter du bio (-9 %), car l'évolution du prix en conventionnel est de +13 %.
L'explication donnée par Familles Rurales pour expliquer cette explosion des prix ? Les aléas climatiques. « Les épisodes successifs de fortes pluies, de fraîcheur puis de chaleur ont perturbé les productions de pleine terre comme celles sous serre. Les principaux pays fournisseurs de la France, notamment l'Espagne et le Portugal, ont eux aussi connu des conditions météorologiques défavorables, réduisant les volumes disponibles. Cette tension sur l'offre explique en partie les hausses observées sur plusieurs légumes d'été. »
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Mais, pour l'association, « ces aléas ne suffisent pas à expliquer les écarts de prix entre produits conventionnels et biologiques, ni les mécanismes de formation des prix et de répartition de la valeur tout au long de la chaîne alimentaire qui relèvent facteurs économiques et commerciaux ».
Les fruits, mais aussi les pommes de terre et les oignons voient leurs prix baisser ou se stabiliser. © eat Design Studio, Adobe Stock (image générée à l’aide de l’IA)
Patates et oignons moins chers
Seuls les prix des oignons (-23 % en conventionnel et -15 % en bio) et celui des pommes de terre (-13 % en conventionnel et -21 % en bio) baissent entre 2025 et 2026. Ce sont les plus accessibles du panier, à 1,23 euro/kg en moyenne.
Malheureusement, la pomme de terre n'est pas le légume nutritionnellement le plus intéressant : riche en glucides et relativement pauvre en vitamines et minéraux, elle entre plutôt dans la catégorie « féculents » (pâtes et riz)... sans compter que c'est un légume particulièrement contaminé par le cadmium.
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Pour l'oignon, c'est un légume qu'on consomme généralement en petites quantités, sauf à manger tous les jours de la soupe et des tartes à l'oignon. Qui en a vraiment envie ?
Une bonne nouvelle, cependant : le prix moyen des fruits se stabilise en agriculture conventionnelle (-0,2 %) et recule en bio (-10 %). Leur teneur relativement élevée en sucre fait qu'ils sont un peu moins intéressant que les légumes pour la santé, mais ils restent de bonnes sources de fibres et de micronutriments.
Plus fort que l’inflation
Mais, c'est l'évolution du prix des fruits et des légumes sur le long terme qui pose le plus question. « Depuis 2015, les prix des fruits frais ont progressé de 54 % et ceux des légumes frais de 62 %, contre 21 % pour l'inflation générale, s'inquiète l'association Familles Rurales. Les fruits et légumes sont ainsi devenus l'une des catégories alimentaires dont les prix augmentent le plus rapidement, alors même qu'ils sont au cœur des recommandations de santé publique. »
Une tendance durable donc, qui constitue selon l'association un véritable obstacle à la mise en œuvre des recommandations de santé publique et ses fameux « 5 fruits et légumes par jour ». Cet objectif ne serait atteint que par 19 % des hommes et 25 % des femmes âgés de 18 à 85 ans, selon Santé Publique France.
Derrière les slogans promettant de défendre le pouvoir d'achat, une autre réalité se dessine. Dans un rapport explosif, des cadres de l'agroalimentaire et de la grande distribution dénoncent les dérives d'une course effrénée aux prix bas : produits sains artificiellement renchéris, qualité sacrifiée, coûts déplacés plutôt qu'effacés. Et si nos courses « moins chères » nous coûtaient finalement beaucoup plus que prévu ?... Lire la suite
C'est connu, les ménages français rencontrent de plus en plus de difficultés pour accéder aux aliments recommandés par les autorités sanitaires, avec près de un Français sur deux déclarant renoncer à certains achats alimentaires faute de moyens. En d'autres termes, « les difficultés d'accès aux fruits et légumes ne relèvent plus de fluctuations ponctuelles, mais d'une tendance durable ».
L'association Familles Rurales appelle les parlementaires à dépasser les clivages politiques, à cosigner la proposition de loi « 100 produits sains à prix coutant » et à la voter.


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