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Dans la forêt domaniale de Hez-Froidmont, les engins de chantier de l'ONF s'activent pour redonner vie à la nature et aux sols après les coupes hivernales.
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Par Léa Mosco Publié le 12 août 2026 à 6h08
Les beaux jours sont toujours bien présents dans l’Oise et la chaleur qui va avec aussi. Pour s’en protéger rien de tel que de partir faire une balade en forêt, à l’abri des rayons du soleil. Mais dans certains sentiers, le paysage a été chahuté, c’est notamment le cas dans la forêt de Hez-Froidmont, à côté de la commune de La Neuville-en-Hez où la terre a été retournée, marquant le passage de machines pesant parfois jusqu’à 40 tonnes. Mais derrière ces profondes ornières laissées par les engins forestiers, se cache tout un travail écologique très strict.
Un processus qui s’étale sur un an
La première chose à comprendre, c’est le temps long qu’exige la forêt. Les arbres coupés durant l’hiver 2024 / 2025 font partie d’un chantier de « bois façonné » qui est géré par l’ONF (Office national des forêts).
Cette logistique est lourde et les détails d’exploitation s’étirent sur près d’un an et le grand public ne comprend pas toujours pourquoi de telles ornières restent visibles si longtemps. L’explication est pourtant simple : il faut respecter l’ordre des opérations.
L'année est rythmée par l'abattage, puis le débardage des gros troncs (les grumes), et enfin le façonnage du houppier, la partie haute de l'arbre qui sera transformée en bois énergie ou en bûches de deux mètres.
Tant que toutes ces phases ne sont pas terminées et que tous les produits ne sont pas sortis en lisière de forêt, il est impossible de réparer les chemins.
Sacrifier 20 % de la parcelle pour en protéger 80 %
Mais face à ces immenses ornières, le premier réflexe est de crier au massacre écologique. C’est en réalité tout l’inverse.
Le poids colossal des abatteuses et des porteurs est l’ennemi numéro un des sols. Le constat scientifique est sans appel : un sol tassé par les roues d’un engin est un sol où il n’y a plus d’eau, plus d’air, et par conséquent, où il n’y a plus vie. Pour préserver la capacité de la forêt à se régénérer, l’ONF utilise la technique du « cloisonnement d’exploitation ».
Des couloirs de passage sont tracés tous les 18 à 24 mètres de distance. Ces lignes sont exclusivement dédiées au passage des engins, et c'est ici, et seulement ici, que l'on tolère des dégâts. La stratégie est purement mathématique : on assume de sacrifier 20% d'une parcelle pour pouvoir en protéger intégralement les 80% restants.
L’ONF se montre par ailleurs intransigeant avec la météo. Dès que le sol devient trop mouillé ou trop humide, les professionnels ont pour obligation stricte d’arrêter les travaux pour ne pas détruire le terrain.
Le grand nettoyage estival dans l’Oise
Pour entamer les réparations, il faut obligatoirement attendre que tous les produits, troncs et branchages, soient sortis du bois et stockés en bordure de route. Il faut également que la terre ait eu le temps de sécher.
L’heure de la remise en état a donc sonné et c’est un véritable travail de terrassement : une pelle mécanique vient récupérer la terre poussée sur les côtés pour combler les creux et retasser le chemin. Si l’eau stagne dans certaines cuvettes, il faut d’abord purger la zone avant de la reboucher.
Par exemple, pour la parcelle 143 de la forêt de Hez-Froidmont, les équipes prévoient un chantier express d’une seule journée. Mais à l’échelle régionale, la tâche est colossale : le programme prévoit 100 heures de remise en état sur l’ensemble de l’unité Oise Ouest, ce qui représente des interventions sur cinq massifs forestiers différents. Un effort indispensable pour effacer les traces de l’hiver et garantir, dès l’automne, des balades confortables et sécurisées.
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