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Impossible de manquer la marée d’oiseaux blancs sur le réservoir Beaudet à Victoriaville. Chaque année, ce sont des dizaines de milliers d’oies des neiges qui viennent se reposer sur le plan d’eau avant de poursuivre leur route vers le sud des États-Unis.
La municipalité de Baie-du-Febvre est renommée pour leur présence. Des colonies importantes s’observent chaque année sur le lac Saint-Pierre, près de Trois-Rivières. Selon le photographe spécialisé en oiseaux, Alain Daigle, la présence de ces oies dans les Bois-Francs n’était pas commune avant les années 90.
À la recherche de nourriture, quelques-unes d’entre elles ont décidé d’aller vers le sud et ont découvert ce lac artificiel en plein cœur de Victoriaville.

Les oies des neiges tentent de fuir un danger.
Photo : Radio-Canada / Alex Delcourt
Un jour le gouvernement a décidé de mettre de l’éthanol dans l’essence. Ça prend du maïs [pour le fabriquer]. Ici, dans la région, on s’est mis à produire passablement de maïs, raconte Alain Daigle. Cet aliment étant le favori de cet oiseau, leur retour a été nombreux année après année.
Bien qu’elles se nourrissent généralement de restes de maïs qui jonchent le sol, il arrive que les oiseaux mangent aussi les racines. Selon M. Daigle, la situation peut rapidement devenir problématique pour les agriculteurs.

Alain Daigle vient au réservoir Beaudet tous les jours pour observer l'oie de neiges.
Photo : Radio-Canada / Alex Delcourt
L’absence, ou presque, de prédateur naturel sur le territoire du réservoir offrirait une paix d’esprit à ces oiseaux migrateurs en quête de repos.
L’apogée du nombre d’oies blanches à Victoriaville devrait être un peu avant la mi-novembre. Ces oiseaux demeurent ici jusqu’à la glaciation.
Une chute drastique du nombre d’oies des neiges
Lors des dernières années, la population de cet oiseau blanc aurait diminué de 400%, selon l’ancien enseignant en français au secondaire. Maintenant à la retraite, il s’occupe du décompte de ces oiseaux sur le réservoir Beaudet pour l’organisme Tourisme Victoriaville et ses environs.
On en a déjà eu 200 000, mais c’est révolu. On ne voyait pas du tout l’eau [du réservoir]. C’est impressionnant, se remémore Alain Daigle. Cette année, on en attend entre 50 000 et 60 000.

L'arrivée de l'oie des neiges à Victoriaville amène des visiteurs d'un peu partout.
Photo : Radio-Canada / Alex Delcourt
Selon l’observateur, la grippe aviaire et la chasse humaine expliquent la diminution du nombre d’individus. La chasse n’était pas trop intensive, précise-t-il. Le troupeau était trop gros à 2 millions [d’oies des neiges]. On voulait maintenir le troupeau autour d’un million, donc ils ont ouvert deux chasses par année, explique-t-il.
Les quelque 500 000 oiseaux à l’heure actuelle ne sont plus assez nombreux, selon lui. Il faut diminuer le quota de chasse, estime-t-il. On se croise les doigts sur le taux de reproduction, lance Alain Daigle.


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