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Même si le binge-watching a fait le succès de Netflix, il pourrait peut-être aussi devenir son problème. Selon un article publié par Bloomberg le 6 juillet 2026, de nombreuses séries de la plateforme perdent une large part de leur audience dès leur saison 2. Un signe que les abonnés consomment vite… puis passent déjà à autre chose.
Cette pratique rencontre-t-elle ses limites ? Depuis des années, le binge-watching s’est imposé dans nos usages, largement porté par les plateformes comme Netflix, qui mettent souvent une saison entière en ligne d’un seul coup. Le principe est simple : regarder plusieurs épisodes d’affilée, parfois une saison complète en un week-end, plutôt que d’attendre le prochain rendez-vous hebdomadaire.
Sauf que cette habitude pourrait bien commencer à s’essouffler. D’après des données publiées par Bloomberg le 6 juillet 2026, Netflix ferait face à une forme de « malédiction de la saison 2 ».
Plusieurs de ses séries perdraient entre 30 et 70 % de leur audience dès leur deuxième saison, y compris des titres censés devenir de gros moteurs pour la plateforme. On pense notamment à Avatar : le Dernier Maître de l’Air qui aurait perdu 59 % de son audience entre sa première et sa deuxième saison.

La fin du binge-watching ?
Pour Bloomberg, ces chutes ne relèvent pas seulement de quelques accidents de parcours. Elles pourraient révéler les limites d’un modèle qui ne tient plus totalement ses promesses.
Les séries qui cartonnent en saison 1 — celles que Netflix met en avant dans ses tops, son interface et ses campagnes marketing — peinent de plus en plus à transformer ce premier pic de curiosité en relation durable avec le public. One Piece (-30 % sur la S2, malgré son énorme succès), Beef (-70 %) ou The Night Agent (-50 %) afficheraient ainsi des baisses de 30 à 70 % dès leur retour. On clique, on binge, puis on passe rapidement à autre chose.
Historiquement, la télévision linéaire construisait ses succès dans la durée. Une première saison installait un univers — les suivantes profitaient du bouche-à-oreille, des discussions à la machine à café et de la couverture médiatique pour atteindre leur véritable pic de popularité plus tard.
Avec Netflix, la courbe semble s’être inversée : toute l’attention se concentre sur la première saison, souvent pendant les quelques jours qui suivent la mise en ligne de tous les épisodes. Ensuite, l’audience se délite, parfois très violemment.

Et cette « malédiction de la saison 2 » raconte peut-être une fatigue plus profonde. Le binge-watching est très efficace pour créer un événement immédiat, mais il ne garantit pas forcément un attachement durable. Une fois que toute la saison a été consommée, il n’y a pas d’attente hebdomadaire qui permettrait d’alimenter un engouement durable — même si, à l’inverse, le fait de sortir des épisodes au compte-gouttes frustre aussi une grande partie des spectateurs.
De plus, lorsqu’une série a de grandes chances d’être abandonnée par la plateforme ou par le public après une seule saison, il devient assez rationnel de ne pas trop s’y investir.
Le problème ne serait donc pas seulement narratif, ni lié à un casting ou à une campagne marketing ratée. Vu de l’extérieur, il ressemble surtout à un problème d’engagement. Bloomberg souligne que, malgré l’arrivée constante de nouveaux contenus et la fin de mastodontes comme Squid Game ou Stranger Things, le temps total passé sur Netflix n’aurait augmenté que de moins de 2 % sur la dernière année.
Les investisseurs commencent à s’inquiéter
Les données de Bloomberg montrent aussi que le problème dépasse le cas de quelques séries. Netflix ne dépend pas d’un seul programme : toute sa mécanique repose sur sa capacité à sortir en permanence de nouvelles séries à binge-watcher, avec l’espoir de faire émerger plusieurs gros succès chaque trimestre.
Or, sur les cinq premiers mois de 2026, deux seuls deux titres ressortiraient vraiment : His & Hers et la saison 4 de Bridgerton, l’une des rares à avoir résisté à la baisse d’audience. Ensuite, Netflix aurait enchaîné près de quatre mois sans véritable carton, au point que sa semaine la plus regardée du printemps aurait été portée par… un roast de Kevin Hart.
Cette tendance arrive au pire moment. L’action Netflix a reculé après l’annonce de la tentative de rachat de Warner Bros., une opération interprétée par une partie des investisseurs comme un aveu de panne d’idées. Le champion du streaming ne se contenterait plus de bâtir son propre catalogue : il chercherait désormais à acheter des studios pour se renouveler.

Quand Ted Sarandos et Greg Peters ont finalement renoncé au deal (jugé trop cher), le titre a brièvement rebondi. Mais les résultats suivants, jugés décevants, ont relancé les doutes. La croissance ralentit, notamment aux États-Unis, et le temps passé devant Netflix ne décolle pas vraiment.
Officiellement, Netflix veut continuer à appliquer sa stratégie historique : produire beaucoup, dans tous les genres, pour capter les spectateurs qui désertent le câble et la télévision linéaire. Mais cette recette suppose que les abonnés passent toujours plus de temps à binge-watcher ses séries. Or, les chiffres ne semblent plus le confirmer.
Netflix gagne bien des utilisateurs — notamment grâce à sa stratégie sur le partage de comptes — mais sans réussir à faire bondir l’engagement moyen. Pour une plateforme fondée sur des saisons lâchées d’un bloc et consommées en quelques jours, le signal est assez clair : le binge-watching ne suffit peut-être plus à retenir le public, ni à rassurer les investisseurs.
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