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La décision d’Ottawa de couper court les négociations commerciales avec les États-Unis semble bien passer au Canada : 76 % des répondants à un sondage Angus Reid pensent que ce choix était le bon.
De toutes les régions sondées, c’est au Québec que l’on retrouve le sommet d’appui le plus important, avec 85 % des répondants qui ont indiqué croire que le Canada avait fait « la bonne chose » dans le contexte. C’est en Saskatchewan (65 %) et en Alberta (67 %) que la quantité de répondants qui y voient une bonne décision est la plus faible.
Le coup de sonde révèle aussi des craintes de la part des Canadiens. Deux répondants sur cinq (38 %) ont indiqué craindre que l’échec des négociations vienne impacter leur sécurité d’emploi.
Parmi les groupes sondés, ce sont particulièrement les hommes âgés de 35 à 54 ans (45 %) et les femmes âgées de 35 à 54 ans (43 %) qui se disent préoccupés.
Au rang des préoccupations, 89 % des répondants anticipent l’impact de la guerre commerciale canado-états-unienne sur le prix des biens et services. Vient ensuite la crainte d’un impact sur l’économie canadienne en général (87 %), sur l’économie de la province de chaque répondant (78 %), sur les investissements et économies des répondants (63 %) et sur les emplois dans la communauté des répondants (62 %).
Le sondage trace ainsi une corrélation entre ceux qui craignent pour l’économie de leur province et ceux qui estiment que le Canada a eu tort de se retirer des négociations. « Les Canadiens qui se disent “très préoccupés” par les répercussions de la guerre commerciale sur leur province sont deux fois plus susceptibles que les autres de considérer l’arrêt des négociations comme une « mauvaise » décision », écrit l’institut Angus Reid.
« Toutefois, une majorité (60 %) estime que c’était la bonne décision à l’heure actuelle, même s’ils sont “très” préoccupés par ses conséquences pour leur province. »
« Force » de Carney et réponse adéquate ?
Le sondage révèle aussi que la majorité des répondants (69 %) — un peu moins de 1500 personnes — estiment que le premier ministre Mark Carney a « montré de la force » en mettant fin aux négociations avec nos voisins du sud. Ceux ayant voté pour le Parti libéral du Canada aux élections fédérales de 2025 y voient à 95 % un signe de force, tandis que 75 % de ceux qui ont voté pour le Nouveau Parti démocratique ont répondu de manière semblable.
Les électeurs du Parti conservateur du Canada sont pour leur part déchirés : 43 % d’entre eux ont dit y voir de la force et un autre 43 % d’entre eux estiment que M. Carney a « a fait preuve d’un mauvais jugement en laissant les négociations échouer ». Le 15 % restant est indécis.
Une majorité (62 %) des répondants croit que la réponse canadienne de « dollars pour dollars » est la bonne en fonction des conséquences. Cette majorité est fluctuante selon la province, mais ne descend pas en dessous du seuil de 50 %.
Le pourcentage d’appui le plus bas envers la réponse canadienne est en Saskatchewan, avec 53 %. On y retrouve aussi le plus haut pourcentage (19 %) de personnes qui croient que la réponse est trop forte. C’est dans les provinces de l’Atlantique (71 %) que l’appui à la riposte canadienne est le plus constant.
Au Québec, 57 % des répondants ont jugé la réponse comme étant bonne, mais 24 % l’estiment trop faible. C’est le plus haut pourcentage recensé pour cette réponse. La moyenne de tous les répondants est de 16 %.
Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1468 adultes canadiens situés aux quatre coins du Canada. « L’échantillon a été pondéré pour être représentatif de la population adulte à l’échelle nationale selon la région, le sexe, l’âge, le revenu du ménage et le niveau de scolarité, en se fondant sur le recensement canadien », précise Angus Reid.


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