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Le journaliste star du magazine « 60 minutes » affirme dans un communiqué que son licenciement émane d’une volonté de satisfaire le président Trump.

CBS Photo Archive / CBS via Getty Images
Scott Pelley ici en 2016, a été licencié de CBS
L’hécatombe continue chez CBS. Après les licenciements de trois figures de l’émission 60 Minutes la semaine dernière, Scott Pelley n’avait pas hésité à pointer du doigt la nouvelle direction de la chaîne lors d’une réunion. Il vient d’être à son tour remercié, et n’a pas manqué d’évoquer dans un communiqué que son éviction avait pour but, d’après lui, de satisfaire les attentes de Donald Trump.
Retour quelques jours plus tôt. Le jeudi 28 mai, la direction de CBS a annoncé se séparer de Tanya Simon, productrice exécutive de l’émission dominicale 60 Minutes, ainsi que des journalistes Sharyn Alfonsi et Cecilia Vega. Cette annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Alors au cours d’un point qui s’est déroulé le lundi 1er juin et dont le New York Times s’est procuré un enregistrement, les esprits se sont échauffés.
Lors de cette réunion tenue au milieu de la rédaction, le nouveau producteur exécutif de 60 minutes est venu se présenter : Nick Bilton, un journaliste spécialisé dans la tech et réalisateur. Scott Pelley a pris la parole pour l’interpeller, mentionnant notamment « ses maigres qualifications » pour prendre les rênes d’un programme comme 60 Minutes. Il a également pointé du doigt Bari Weiss, qui a pris la tête de l’information de la chaîne en octobre : « Elle est en train d’assassiner 60 Minutes. Elle n’aime pas cet endroit. Elle a été posée là pour le détruire et c’est exactement ce qu’elle fait. »
Licenciements à la chaîne
Les conséquences de cette prise de parole ne se sont pas fait attendre puisque Scott Pelley a été licencié le mardi 2 juin dans la foulée pour « manifestation claire d’hostilité ». Dans un communiqué transmis à People, le journaliste de 68 ans qui a commencé sa carrière chez CBS revient sur son départ précipité et les vraies raisons qui selon lui l’expliquent. « Le nouveau propriétaire de notre chaîne veut mettre de côté cette émission légendaire, pour s’attirer les faveurs de l’administration Trump. Ce gâchis me brise le cœur », a-t-il dénoncé.
Scott Pelley pointe du doigt sont David Ellison, milliardaire de la tech qui a racheté l’an dernier Paramount, maison mère de CBS, et Bari Weiss, journaliste anti-woke et proches du camp républicain. Dans son message, le journaliste revient également sur les changements opérés au sein du programme : « Des gens bien ont été contraints au silence et licenciés parce qu’ils défendaient les téléspectateurs. Ils se battaient pour maintenir une objectivité, refuser les biais politiques, et voulaient défendre leur déontologie et leur professionnalisme. »
Il précise ainsi avoir reçu récemment plusieurs « ordres » de la direction lui intimant d’ajouter dans certains reportages sensibles politiquement de fausses informations ou des informations non vérifiées pour les orienter. Ce qu’il a toujours refusé.
L’ingérence de Trump chez CBS
Les changements de ligne très brutaux opérés au sein de l’émission 60 Minutes et plus largement de CBS s’intensifient depuis plusieurs mois. Pour rappel, c’est sur cette chaîne qu’était présent chaque soir Stephen Colbert, dont l’émission a pris fin il y a quelques jours.
Ce dernier avait évoqué à l’antenne que Paramount avait offert un « pot-de-vin » à Trump en lui versant 16 millions après une plainte du président. Ce dernier avait pointé du doigt une interview de Kamala Harris diffusée durant la campagne présidentielle 2024, qu’il jugeait partisane et orientée. Peu après, Stephen Colbert apprenait la fin de son talk-show mythique « pour des raisons financières », tandis que Donald Trump se réjouissait ouvertement sur les réseaux sociaux.
Les liens entre Trump et CBS sont également brumeux dans une autre affaire qui a fait couler beaucoup d’encre l’an dernier. Un reportage prévu pour être diffusé dans 60 Minutes, et concernant la prison CECOT du Salvador, où atterrissent des migrants expulsés des États-Unis, avait été supprimé du conducteur quelques heures avant la diffusion le 22 décembre. La journaliste Sharyn Alfonsi (licenciée jeudi dernier) avait dénoncé une censure politique, tandis que la direction de CBS évoquait un désaccord éditorial. Le reportage avait finalement été diffusé un mois plus tard. Non sans que soit enregistré un nouveau segment d’ouverture et de clôture de l’émission « afin d’y intégrer les ajouts souhaités par Bari Weiss » comme le précisait alors CNN.
Les craintes d’ingérences venues de la Maison Blanche dans les affaires de CBS se multiplient et ne sont pas près, avec le départ de Scott Pelley, de s’apaiser.


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